"Les paroles s' envolent, les écrits demeurent."   
AVOCAT DU CABINET

Michel Taoahere ETILAGE

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PRESENTATION

Juriste de l'administration territoriale de la Polynésie française de 1981 à 1987

Responsable du service juridique de la Banque SOCREDO de 1988 à 1994

Avocat inscrit depuis 1994

THEMES 1

Fermer Affaires foncières

Fermer CARPAP (Caisse de réglements pécuniaires des avocats de Papeete)

Fermer Code de procédure civile de la Polynésie française

Fermer Déontologie

Fermer Honoraires

Fermer Responsabilité professionnelle

Fermer Ventes aux enchères Papeete Tahiti Polynesie

Fermer Vous êtes mis en examen

Fermer Vous êtes mis en garde à vue

THEMES 2

Fermer Application des lois et réglements en Polynésie française

Fermer Droits du citoyen

Fermer Droits du contribuable et de l' électeur

Fermer Statuts de la Polynésie française

Statuts de la Polynésie française - Statuts de 2004 (Loi organique)
(Version consolidée à jour)
 
LOI organique n° 2004-192 du 27 février 2004
Portant statut d’autonomie de la Polynésie française.
 
(AP n°119 DRCL du 3 mars 2004 ; JOPF du 12 mars 2004, n° 2 NS, page 102)
 
Modifiée par :
 
-         Loi organique n° 2007-223 du 21 février 2007 ; JOPF du 21 mars 2007, n° 11 NS, p. 202 (art. 8, 16-III)
-         Loi organique n° 2007-1719 du 7 décembre 2007, JORF du 8 décembre 2007, non publié au JOPF
 
L’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté,
 
Le Conseil constitutionnel a déclaré conforme à la Constitution,
 
Le Président de la République promulgue la loi dont la teneur suit :
 
TITRE Ier
De l’autonomie
 
Article 1er- La Polynésie française comprend les îles du Vent, les îles Sous-le-Vent, les îles Tuamotu, les îles Gambier, les îles Marquises et les îles Australes, ainsi que les espaces maritimes adjacents.
 
Pays d’outre-mer au sein de la République, la Polynésie française constitue une collectivité d’outre-mer dont l’autonomie est régie par l’article 74 de la Constitution.
 
La Polynésie française se gouverne librement et démocratiquement, par ses représentants élus et par la voie du référendum local, dans les conditions prévues par la présente loi organique.
 
La République garantit l’autonomie de la Polynésie française ; elle favorise l’évolution de cette autonomie, de manière à conduire durablement la Polynésie française au développement économique, social et culturel, dans le respect de ses intérêts propres, de ses spécificités géographiques et de l’identité de sa population.
 
La Polynésie française détermine librement les signes distinctifs permettant de marquer sa personnalité dans les manifestations publiques officielles aux côtés de l’emblème national et des signes de la République. Elle peut créer un ordre spécifique reconnaissant les mérites de ses habitants et de ses hôtes.
 
Art. 2- L’Etat et la Polynésie française veillent au développement de ce pays d’outre-mer. Ils apportent leur concours aux communes pour l’exercice des compétences qui leur sont dévolues.
 
Art. 3- Le haut-commissaire de la République, représentant de l’Etat, représentant de chacun des membres du gouvernement, est dépositaire des pouvoirs de la République. Il a la charge des intérêts nationaux, du respect des lois et des engagements internationaux, de l’ordre public et du contrôle administratif.
 
Art. 4- La Polynésie française est représentée au Parlement et au Conseil économique et social dans les conditions définies par les lois organiques.
 
Art. 5- Les institutions de la Polynésie française comprennent le Président, le gouvernement, l’assemblée et le conseil économique, social et culturel.
 
Art. 6- Les communes de la Polynésie française, collectivités territoriales de la République, s’administrent librement dans les conditions prévues par la Constitution, la présente loi organique et les dispositions législatives qui leur sont applicables.
 
TITRE II
L’application des lois et rEglements en PolynEsie française
 
Art. 7- Dans les matières qui relèvent de la compétence de l’Etat, sont applicables en Polynésie française les dispositions législatives et réglementaires qui comportent une mention expresse à cette fin.
 
Par dérogation au premier alinéa, sont applicables de plein droit en Polynésie française, sans préjudice de dispositions les adaptant à son organisation particulière, les dispositions législatives et réglementaires qui sont relatives :
 
1° A la composition, l’organisation, le fonctionnement et les attributions des pouvoirs publics constitutionnels de la République, du Conseil d’Etat, de la Cour de cassation, de la Cour des comptes, du tribunal des conflits et de toute juridiction nationale souveraine, ainsi que du médiateur de la République et du « Défenseur des enfants, de la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’ égalité, de la Commission nationale de l’ informatique et des libertés et du Contrôleur général des lieux de privation de liberté. »(Modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.8-1°) ;
 
2° A la défense nationale ;
 
3° Au domaine public de l’Etat ;
 
4° A la nationalité, à l’état et la capacité des personnes ;
 
5° Aux statuts des agents publics de l’Etat.
 
(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.8-2°) « 6° A la procédure administrative contentieuse ;
 
« 7o Aux droits des citoyens dans leurs relations avec les administrations de l’Etat et de ses établissements publics ou avec celles des communes et de leurs établissements publics;
 
« 8o A la lutte contre la circulation illicite et au blanchiment des capitaux, à la lutte contre le financement du terrorisme, aux pouvoirs de recherche et de constatation des infractions et aux procédures contentieuses en matière douanière, au régime des investissements étrangers dans une activité qui participe à l’exercice de l’autorité publique ou relevant d’activités de nature à porter atteinte à l’ordre public, à la sécurité publique, aux intérêts de la défense nationale ou relevant d’activités de recherche, de production ou de commercialisation d’armes, de munitions, de poudres ou de substances explosives. » ;
 
Sont également applicables de plein droit en Polynésie française les lois qui portent autorisation de ratifier ou d’approuver les engagements internationaux et les décrets qui décident de leur publication (modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.8-3°) « ainsi que toute autre disposition législative ou réglementaire qui, en raison de son objet, est nécessairement destinée à régir l’ensemble du territoire de la République ».
 
Art. 8 (remplacé, LO n° 2007-223 du 21/02/2007, art. 16-III)- I. - Les lois et, lorsqu'ils sont publiés au Journal officiel de la République française, les actes administratifs entrent en vigueur en Polynésie française à la date qu'ils fixent ou, à défaut, le dixième jour qui suit leur publication. Toutefois, l'entrée en vigueur de celles de leurs dispositions dont l'exécution nécessite des mesures d'application est reportée à la date d'entrée en vigueur de ces mesures.« En cas d'urgence, entrent en vigueur dès leur publication les lois dont le décret de promulgation le prescrit et les actes administratifs pour lesquels le Gouvernement l'ordonne par une disposition spéciale.
 
Le présent I n'est pas applicable aux actes individuels.
 
II. - La publication des lois, des ordonnances, des décrets et, lorsqu'une loi, une ordonnance ou un décret le prévoit, des autres actes administratifs est assurée, le même jour, dans des conditions de nature à garantir leur authenticité, sur papier et sous forme électronique. Le Journal officiel de la République française est mis à la disposition du public sous forme électronique de manière permanente et gratuite.
 
III. - Sont applicables de plein droit en Polynésie française les dispositions réglementaires qui définissent les actes individuels ne devant pas faire l'objet d'une publication sous forme électronique et celles qui définissent les catégories d'actes administratifs dont la publication au Journal officiel de la République française sous forme électronique suffit à assurer l'entrée en vigueur.
 
IV. - En Polynésie française, la publication des actes et documents administratifs au bulletin officiel d'un ministère diffusé sous forme électronique dans des conditions garantissant sa fiabilité produit les mêmes effets de droit que leur publication sous forme imprimée.
 
V. - Les dispositions législatives et réglementaires applicables en Polynésie française sont publiées, pour information, au Journal officiel de la Polynésie française.
 
Art. 9- L’assemblée de la Polynésie française est consultée :
 
1° Sur les projets de loi et propositions de loi et les projets d’ordonnance qui introduisent, modifient ou suppriment des dispositions particulières à la Polynésie française ;
 
2° Sur les projets d’ordonnance pris sur le fondement de l’article 74-1 de la Constitution ;
 
3° Sur les projets de loi autorisant la ratification ou l’approbation des engagements internationaux qui interviennent dans les domaines de compétence de la Polynésie française.
 
L’assemblée dispose d’un délai d’un mois pour rendre son avis. Ce délai est réduit à quinze jours, en cas d’urgence, à la demande du haut-commissaire de la République. Le délai expiré, l’avis est réputé avoir été donné.
 
(Modifié) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.9) « Sauf lorsqu’ est en cause la définition du statut de la Polynésie française prévue par l’article 74 de la Constitution, l’avis peut être émis par la commission permanente si elle y a été habilitée par l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Les consultations mentionnées aux alinéas précédents doivent intervenir, au plus tard, avant l’adoption du projet de loi ou de la proposition de loi en première lecture par la première assemblée saisie. Les avis portant sur les projets de loi qui, dès l’origine, comportent des dispositions relatives à l’organisation particulière de la Polynésie française sont rendus de façon implicite ou expresse avant l’avis du Conseil d’Etat.
 
« Les avis émis au titre du présent article sont publiés au Journal officiel de la Polynésie française.
 
« Lorsque l’assemblée de la Polynésie française fait usage de la faculté qui lui est ouverte par l’article 133, les résolutions par lesquelles elle présente des propositions de modification des dispositions législatives et réglementaires applicables en Polynésie française ont valeur d’avis au sens du présent article lorsque le Parlement ou le Gouvernement décident de suivre, en tout ou partie, ces propositions.
 
« A la demande du président de l’Assemblée nationale ou du président du Sénat, le haut-commissaire est tenu de consulter l’assemblée de la Polynésie française sur les propositions de loi mentionnées au présent article. »
 
(Nouvel article) (Loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.10) Art. 9-1. − « Au plus tard le lendemain de l’adoption d’un avis par l’assemblée de la Polynésie française émis en application de l’article 9, les groupes constitués au sein de l’assemblée de la Polynésie française peuvent remettre au président de celle-ci un avis dit “avis minoritaire” sur le projet de texte ayant fait l’objet dudit avis.
 
« L’avis minoritaire est annexé à l’avis de l’assemblée de la Polynésie française. »
 
Art. 10- Le gouvernement de la Polynésie française est consulté sur les projets de décret à caractère réglementaire introduisant, modifiant ou supprimant des dispositions particulières à la Polynésie française.
 
Il est également consulté, préalablement à leur ratification ou à leur approbation, sur les traités ou accords qui ne sont pas au nombre de ceux mentionnés au premier alinéa de l’article 53 de la Constitution et qui interviennent dans les domaines de compétence de la Polynésie française.
 
Le gouvernement dispose d’un délai d’un mois pour émettre son avis. Ce délai est réduit à quinze jours, en cas d’urgence, à la demande du haut-commissaire de la République. Le délai expiré, l’avis est réputé avoir été donné.
 
Les avis émis au titre du présent article sont publiés au Journal officiel de la Polynésie française.
 
Art. 11- Les lois, ordonnances et décrets intervenus avant l’entrée en vigueur de la présente loi organique dans des matières qui relèvent désormais de la compétence des autorités de la Polynésie française peuvent être modifiés ou abrogés, en tant qu’ils s’appliquent à la Polynésie française, par les autorités de la Polynésie française selon les procédures prévues par la présente loi organique.
 
Art. 12-  I.- Lorsque le Conseil constitutionnel a constaté qu’une loi promulguée postérieurement à l’entrée en vigueur de la présente loi organique est intervenue dans les matières ressortissant à la compétence de la Polynésie française, en tant qu’elle s’applique à cette dernière, cette loi peut être modifiée ou abrogée par l’assemblée de la Polynésie française.
 
II. - Le Conseil constitutionnel est saisi par le Président de la Polynésie française après délibération du conseil des ministres, par le président de l’assemblée de la Polynésie française en exécution d’une délibération de cette assemblée, par le Premier ministre, le président de l’Assemblée nationale ou le président du Sénat. Il informe de sa saisine, qui doit être motivée, les autres autorités titulaires du pouvoir de le saisir ; celles-ci peuvent présenter des observations dans le délai de quinze jours.
 
Le Conseil constitutionnel statue dans un délai de trois mois.
 
TITRE III
Les competences
 
Chapitre Ier
La répartition des compétences entre l’Etat, la Polynésie française et les communes
 
Art. 13- (Modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.11-I) « Les autorités de la Polynésie française sont compétentes dans toutes les matières qui ne sont pas dévolues à l’Etat par l’article 14 et celles qui ne sont pas dévolues aux communes en vertu des lois et règlements applicables en Polynésie française.
 
« La Polynésie française et les communes de Polynésie française ont vocation, pour la répartition de leurs compétences respectives et sous réserve des dispositions de la présente loi organique, à prendre les décisions pour l’ensemble des compétences qui peuvent le mieux être mises en oeuvre à leur échelon.
 
« Les autorités de la Polynésie française ne peuvent, par les décisions prises dans l’exercice de leurs compétences, exercer une tutelle sur les communes de Polynésie française
 
La Polynésie française et les communes exercent leurs compétences respectives jusqu’à la limite extérieure des eaux territoriales.
Section 1
Les compétences de l’Etat
 
Art. 14- Les autorités de l’Etat sont compétentes dans les seules matières suivantes :
 
      Nationalité ; droits civiques ; droit électoral ; droits civils, état et capacité des personnes, notamment actes de l’état civil, absence, mariage, divorce, filiation ; autorité parentale ; régimes matrimoniaux, successions et libéralités ;
      Garantie des libertés publiques ; justice : organisation judiciaire, aide juridictionnelle, organisation de la profession d’avocat, à l’exclusion de toute autre profession juridique ou judiciaire, droit pénal, procédure pénale, commissions d’office, service public pénitentiaire, services et établissements d’accueil des mineurs délinquants sur décision judiciaire, procédure administrative contentieuse, frais de justice pénale et administrative, attributions du médiateur de la République et du défenseur des enfants dans les relations entre les citoyens, les collectivités publiques et les services publics;
      Politique étrangère ;
      Défense ; importation, commerce et exportation de matériel militaire, d’armes et de munitions de toutes catégories ; matières premières stratégiques telles qu’elles sont définies pour l’ensemble du territoire de la République, à l’exception des hydrocarbures liquides et gazeux ; liaisons et communications gouvernementales de défense ou de sécurité en matière de postes et télécommunications ;
      Entrée et séjour des étrangers, à l’exception de l’accès au travail des étrangers ;
      Sécurité et ordre publics, notamment maintien de l’ordre; prohibitions à l’importation et à l’exportation qui relèvent de l’ordre public et des engagements internationaux ratifiés par la France ; réglementation des fréquences radioélectriques ; préparation des mesures de sauvegarde, élaboration et mise en œuvre des plans opérationnels et des moyens de secours nécessaires pour faire face aux risques majeurs et aux catastrophes ; coordination et réquisition des moyens concourant à la sécurité civile ;
      Monnaie ; crédit ; change ; trésor ; marchés financiers ; obligations relatives à la lutte contre la circulation illicite et le blanchiment des capitaux ;
      Autorisation d’exploitation des liaisons aériennes entre la Polynésie française et tout autre point situé sur le territoire de la République, à l’exception de la partie de ces liaisons située entre la Polynésie française et tout point d’escale situé en dehors du territoire national, sans préjudice des dispositions du 6° du I de l’article 21 de la loi organique n° 99-209 du 19 mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie ; approbation des programmes d’exploitation et des tarifs correspondants ; police et sécurité concernant l’aviation civile;
      Police et sécurité de la circulation maritime ; surveillance de la pêche maritime ; sécurité de la navigation et coordination des moyens de secours en mer ; francisation des navires ; sécurité des navires de plus de 160 tonneaux de jauge brute et de tous les navires destinés au transport des passagers ; mise en œuvre des ouvrages et installations aéroportuaires d’intérêt national ;
10°    Règles relatives à l’administration, à l’organisation et aux compétences des communes, de leurs groupements et de leurs établissements publics ; coopération inter-communale ; contrôle des actes des communes, de leurs groupements et de leurs établissements publics ; régime comptable et financier et contrôle budgétaire de ces collectivités ; fonction publique communale ; domaine public communal ; dénombrement de la population ;
11°    Fonction publique civile et militaire de l’Etat ; statut des autres agents publics de l’Etat ; domaine public de l’Etat; marchés publics et délégations de service public de l’Etat et de ses établissements publics ;
12°    Communication audiovisuelle ;
13°    Enseignement universitaire ; recherche ; collation et délivrance des grades, titres et diplômes nationaux ; règles applicables aux personnels habilités des établissements d’enseignement privés liés par contrat à des collectivités publiques pour l’accomplissement de missions d’enseignement en ce qu’elles procèdent à l’extension à ces personnels des dispositions concernant les enseignants titulaires de l’enseignement public, y compris celles relatives aux conditions de service et de cessation d’activité, aux mesures sociales, aux possibilités de formation et aux mesures de promotion et d’avancement.
 
Les compétences de l’Etat définies au présent article s’exercent sous réserve des pouvoirs conférés aux institutions de la Polynésie française par les dispositions de la section 2 du présent chapitre et du titre IV, et de la participation de la Polynésie française aux compétences de l’Etat en application des dispositions de la section 3 du présent chapitre.
 
Section 2
Les compétences particulières de la Polynésie française
 
Art. 15- La Polynésie française peut disposer de représentations auprès de tout Etat ainsi que l’une de ses entités territoriales ou territoire reconnu par la République française ou de tout organisme international dont cette dernière est membre ou tout organisme international du Pacifique. Le Président de la Polynésie française négocie l’ouverture de ces représentations et nomme les représentants. Les autorités de la République et l’assemblée de la Polynésie française en sont tenues informées.
 
Art. 16- Suivant les modalités définies à l’article 39, le Président de la Polynésie française négocie, dans le respect et pour l’application des engagements internationaux de la République, des arrangements administratifs avec les administrations de tout Etat ou territoire du Pacifique, en vue de favoriser le développement économique, social et culturel de la Polynésie française.
 
Ces arrangements administratifs sont signés par le Président de la Polynésie française et approuvés par le conseil des ministres de la Polynésie française. Ils entrent en vigueur dès leur transmission au haut-commissaire de la République dans les conditions fixées à l’article 171.
 
Art. 17- Dans le respect des engagements internationaux de la République, le Président de la Polynésie française négocie et signe, dans les matières relevant de la compétence de la Polynésie française, des conventions de coopération décentralisée avec des collectivités territoriales françaises ou étrangères, leurs groupements ou établissements publics « , sous réserve d’ y avoir été préalablement habilité par une délibération de l’ assemblée de la Polynésie française lorsque la convention porte sur une matière relevant de la compétence de celle-ci. »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.12-I-1°)
 
Ces conventions sont soumises après leur conclusion à l’approbation du conseil des ministres de la Polynésie française « et lorsqu’elles portent sur une matière relevant de sa compétence, de l’assemblée de la Polynésie française. »(complété par la loi organique n° 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.12-I-2°). Elles entrent en vigueur dès leur transmission au haut-commissaire de la République dans les conditions fixées à l’article 171.
 
Art. 18- La Polynésie française peut prendre des mesures favorisant l’accès aux emplois salariés du secteur privé au bénéfice des personnes justifiant d’une durée suffisante de résidence sur son territoire ou des personnes justifiant d’une durée suffisante de mariage, de concubinage ou de pacte civil de solidarité avec ces dernières.
 
A égalité de mérites, de telles mesures sont appliquées dans les mêmes conditions pour l’accès aux emplois de la fonction publique de la Polynésie française et des communes.
 
La Polynésie française peut également adopter, dans les conditions prévues au premier alinéa, des mesures favorisant l’accès à l’exercice d’une activité professionnelle non salariée, notamment d’une profession libérale.
 
Les mesures prises en application du présent article doivent, pour chaque type d’activité professionnelle et chaque secteur d’activité, être justifiées par des critères objectifs en relation directe avec les nécessités du soutien ou de la promotion de l’emploi local. En outre, ces mesures ne peuvent porter atteinte aux droits individuels et collectifs dont bénéficient, à la date de leur publication, les personnes physiques ou morales autres que celles mentionnées au premier alinéa et qui exerçaient leur activité dans des conditions conformes aux lois et règlements en vigueur à cette date.
 
Les conditions d’application du présent article sont prévues par des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”. Ils peuvent notamment prévoir les cas dans lesquels les périodes passées en dehors de la Polynésie française pour accomplir le service national, pour suivre des études ou une formation ou pour des raisons familiales, professionnelles ou médicales ne sont pas, pour les personnes qui y étaient antérieurement domiciliées, une cause d’interruption ou de suspension du délai pris en considération pour apprécier les conditions de résidence exigées par les alinéas précédents.
 
Art. 19- La Polynésie française peut subordonner à déclaration les transferts entre vifs de propriétés foncières situées sur son territoire ou de droits sociaux y afférents, à l’exception des donations en ligne directe ou collatérale jusqu’au quatrième degré.
 
Dans le but de préserver l’appartenance de la propriété foncière au patrimoine culturel de la population de la Polynésie française et l’identité de celle-ci, et de sauvegarder ou de mettre en valeur les espaces naturels, la Polynésie française peut exercer dans le délai de deux mois son droit de préemption sur les propriétés foncières ou les droits sociaux y afférents faisant l’objet de la déclaration de transfert, à charge de verser aux ayants droit le montant de la valeur desdits propriétés foncières ou droits sociaux. A défaut d’accord, cette valeur est fixée comme en matière d’expropriation.
 
Les dispositions des deux premiers alinéas ne sont pas applicables aux transferts réalisés au profit des personnes :
 
-      [Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel n° 2004-490 DC du 12 février 2004]
-      justifiant d’une durée suffisante de résidence en Polynésie française, ou
-      [Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel n° 2004-490 DC du 12 février 2004]
-      [Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel n° 2004-490 DC du 12 février 2004]
-      justifiant d’une durée suffisante de mariage, de concubinage ou de pacte civil de solidarité avec une personne ayant l’une des qualités ci-dessus.
 
Elles ne sont pas non plus applicables aux personnes morales ayant leur siège social en Polynésie française et contrôlées, directement ou indirectement, par les personnes mentionnées à l’alinéa précédent.
 
Les modalités d’application du présent article sont déterminées par les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”. Ils peuvent notamment prévoir les cas dans lesquels les périodes passées en dehors de la Polynésie française pour accomplir le service national, pour suivre des études ou une formation ou pour des raisons familiales, professionnelles ou médicales ne sont pas, pour les personnes qui y étaient antérieurement domiciliées, une cause d’interruption ou de suspension de la durée à prendre en considération pour apprécier les conditions de résidence exigées au cinquième alinéa.
 
Art. 20- La Polynésie française peut assortir les infractions aux actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” ou aux délibérations de l’assemblée de la Polynésie française de peines d’amende, y compris des amendes forfaitaires dans le cadre défini par le code de procédure pénale, respectant la classification des contraventions et délits et n’excédant pas le maximum prévu pour les infractions de même nature par les lois et règlements applicables en matière pénale. Elle peut assortir ces infractions de peines complémentaires prévues pour les infractions de même nature par les lois et règlements applicables en matière pénale.
 
La Polynésie française peut également instituer des sanctions administratives, notamment en matière fiscale, douanière ou économique.
 
Le produit de ces amendes est versé au budget de la Polynésie française.
 
Art. 21- La Polynésie française peut assortir les infractions aux actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” de peines d’emprisonnement n’excédant pas la peine maximum prévue par les lois nationales pour les infractions de même nature, sous réserve d’une homologation préalable de sa délibération par la loi. Jusqu’à l’entrée en vigueur de la loi d’homologation, seules les peines d’amende et les peines complémentaires éventuellement prévues par la délibération sont applicables.
 
Art. 22- La Polynésie française peut édicter des contraventions de grande voirie pour réprimer les atteintes au domaine public qui lui est affecté. Ces contraventions ne peuvent excéder le maximum prévu pour les infractions de même nature par les lois et règlements applicables en matière de grande voirie.
 
Le produit des condamnations est versé au budget de la Polynésie française.
 
Art. 23- Le droit de transaction peut être réglementé par la Polynésie française en toutes matières administrative, fiscale, douanière ou économique relevant de sa compétence. Lorsque la transaction porte sur des faits constitutifs d’infraction et a pour effet d’éteindre l’action publique, elle ne peut intervenir qu’après accord du procureur de la République.
Art. 24- L’assemblée de la Polynésie française détermine les règles applicables aux casinos et cercles de jeux, aux loteries, tombolas et paris, dans le respect des règles de contrôle et des pénalités définies par l’Etat.
 
Art. 25- I. - La Polynésie française peut créer des entreprises de production et de diffusion d’émissions audiovisuelles.
 
II. - Une convention conclue entre le Conseil supérieur de l’audiovisuel et le gouvernement de la Polynésie française associe la Polynésie française à la politique de communication audiovisuelle. (complété par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.13) « Cette convention doit être soumise à l’avis de l’assemblée de la Polynésie française. »
 
III. - Le gouvernement de la Polynésie française est consulté en matière de communication audiovisuelle :
 
    Par le haut-commissaire de la République, sur toute décision relevant du Gouvernement de la République et propre à la Polynésie française ;
    Par le Conseil supérieur de l’audiovisuel, sur toute décision réglementaire ou individuelle relevant de sa compétence ou concernant la société nationale de programme chargée de la conception et de la programmation d’émissions de télévision et de radiodiffusion sonore destinées à être diffusées outre-mer, lorsque ces décisions intéressent la Polynésie française.
 
L’avis est réputé donné s’il n’est pas intervenu dans un délai d’un mois, qui peut être réduit, en cas d’urgence, à la demande du haut-commissaire de la République ou du Conseil supérieur de l’audiovisuel selon le cas, sans pouvoir être inférieur à quarante-huit heures.
 
Art. 26- La Polynésie française organise ses propres filières de formation et ses propres services de recherche.
 
Art. 27- La Polynésie française exerce ses compétences dans le respect des sujétions imposées par la défense nationale.
 
A cet égard, la répartition des compétences prévue par la présente loi organique ne fait pas obstacle à ce que l’Etat :
 
    Prenne, à l’égard de la Polynésie française et de ses établissements publics, les mesures nécessaires à l’exercice de ses attributions en matière de défense, telles qu’elles résultent des dispositions législatives applicables à l’organisation générale de la Nation en temps de guerre et aux réquisitions de biens et de services ;
    Fixe les règles relatives au droit du travail applicables aux salariés exerçant leur activité dans les établissements de l’Etat intéressant la défense nationale ;
    Fixe les règles relatives au transport, au stockage et à la livraison des produits pétroliers nécessaires à l’exercice des missions de sécurité et de défense.
 
Pour l’application du présent article, l’Etat dispose en tant que de besoin des services de la Polynésie française et de ses établissements publics.
 
Art. 28-  Lorsque les fonctionnaires des corps de l’Etat pour l’administration de la Polynésie française sont affectés dans l’administration du pays, les décisions relatives à leur situation particulière, à l’exception des décisions d’avancement de grade, ainsi que celles qui se rattachent au pouvoir disciplinaire en ce qui concerne les sanctions des premier et deuxième groupes sont, pendant la durée de leur affectation, prises par l’autorité de la Polynésie française dont ils relèvent, qui décide notamment de leur affectation dans les emplois desdits services et établissements publics.
 
Art.28-1- (nouvel article) (Loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.15-I)     « La Polynésie française fixe les règles applicables à la commande publique de la Polynésie française et de ses établissements publics dans le respect des principes de liberté d’accès, d’égalité de traitement des candidats, de transparence des procédures, d’efficacité de la commande publique et de bon emploi des deniers publics. »
 
Art. 29- La Polynésie française peut créer des sociétés d’économie mixte qui l’associent, elle-même ou ses établissements publics, à une ou plusieurs personnes privées et, éventuellement, à d’autres personnes publiques, dans les conditions prévues par la législation applicable en Polynésie française à ces dernières. Les statuts types de ces sociétés sont fixés par délibération de l’assemblée de la Polynésie française.
 
La Polynésie française, ses établissements publics ou les autres personnes morales de droit public ont droit, en tant qu’actionnaire, à au moins un représentant au conseil d’administration ou au conseil de surveillance désigné respectivement par le conseil des ministres de la Polynésie française, le conseil d’administration de l’établissement public actionnaire ou l’assemblée délibérante de la personne morale actionnaire.
 
(Nouvel alinéa) (Loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.14) « Dans un but d’intérêt général lié au développement de la Polynésie française, la Polynésie française ou ses établissements publics peuvent accorder des aides financières aux sociétés d’économie mixte ou garantir leurs emprunts. Une convention conclue entre la Polynésie française et les sociétés d’économie mixte fixe les obligations contractées par celles-ci en contrepartie de ces aides financières ou garanties d’emprunt.»
 
Art. 30- La Polynésie française peut participer au capital des sociétés privées gérant un service public ou d’intérêt général ; elle peut aussi, pour des motifs d’intérêt général, participer au capital de sociétés commerciales.
 
Ces participations feront l’objet d’un rapport annuel annexé au compte administratif de la Polynésie française examiné annuellement.
 
Section 3
La participation de la Polynésie française à l’exercice des compétences de l’Etat
 
Art. 31- Les institutions de la Polynésie française sont habilitées, dans le respect des garanties accordées sur l’ensemble du territoire national pour l’exercice des libertés publiques, sous le contrôle de l’Etat, à participer à l’exercice des compétences qu’il conserve dans le domaine législatif et réglementaire en application de l’article 14 :
 
    Etat et capacité des personnes, autorité parentale, régimes matrimoniaux, successions et libéralités ;
    Recherche et constatation des infractions ; dispositions de droit pénal en matière de jeux de hasard ;
    Entrée et séjour des étrangers, à l’exception de l’exercice du droit d’asile, de l’éloignement des étrangers et de la circulation des citoyens de l’Union européenne ;
    Communication audiovisuelle ;
    Services financiers des établissements postaux.
 
Art. 32-  I. - Les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” intervenant dans le champ d’application de l’article 31 sont adoptés dans les conditions suivantes, sans préjudice des dispositions de la section 5 du chapitre II du titre IV et du chapitre II du titre VI.
 
Le projet ou la proposition d’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” est transmis par le Président de la Polynésie française ou par le président de l’assemblée de la Polynésie française au ministre chargé de l’outre-mer qui en accuse réception sans délai ; à compter de cette réception, ce ministre et, le cas échéant, les autres ministres intéressés proposent au Premier ministre, dans le délai de deux mois, un projet de décret tendant soit à l’approbation totale ou partielle du texte, soit au refus d’approbation.
 
Le décret qui porte refus d’approbation est motivé ; il est notifié, selon le cas, au Président de la Polynésie française ou à l’assemblée de la Polynésie française.
 
Le décret portant approbation est transmis, selon le cas, au Président de la Polynésie française ou à l’assemblée de la Polynésie française. Le projet ou la proposition d’acte ne peut être adopté par l’assemblée de la Polynésie française que dans les mêmes termes.
 
(Modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.12-II) « Lorsqu’ ils portent sur un acte prévu à l’ article 140, dénommé « loi du pays », intervenant dans le domaine de la loi, les décrets prévus au deuxième alinéa du présent I ne peuvent entre en vigueur avant leur ratification par la loi. »
 
II. - Les arrêtés du conseil des ministres de la Polynésie française intervenant pour l’application des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” prévus au I du présent article, et les arrêtés du conseil des ministres intervenant dans le domaine du règlement dans l’une des matières visées à l’article précédent, sont adoptés dans les conditions suivantes.
 
Le projet d’arrêté est transmis par le Président de la Polynésie française au ministre chargé de l’outre-mer qui en accuse réception sans délai ; à compter de cette réception, ce ministre et, le cas échéant, les autres ministres intéressés proposent au Premier ministre, dans le délai de deux mois, un projet de décret tendant soit à l’approbation totale ou partielle du texte, soit au refus d’approbation.
 
Le décret qui porte refus d’approbation est motivé ; il est notifié au Président de la Polynésie française.
 
Le décret portant approbation est transmis au Président de la Polynésie française. L’arrêté ne peut entrer en vigueur qu’après avoir été délibéré par le conseil des ministres dans les mêmes termes et sans modification.
 
III. - Les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et les arrêtés en conseil des ministres mentionnés au I et au II du présent article peuvent être respectivement modifiés par une loi ou une ordonnance ou par un décret qui comporte une mention expresse d’application en Polynésie française.
 
IV. - Sans préjudice de l’article 33 et du troisième alinéa de l’article 36, les décisions individuelles prises en application des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et des arrêtés mentionnés au présent article sont soumises au contrôle hiérarchique du haut-commissaire de la République. Leur entrée en vigueur est subordonnée à leur réception par le haut-commissaire de la République.
 
Art. 33- Dans le cadre de la réglementation édictée par la Polynésie française en application de l’article 32, le haut-commissaire de la République peut s’opposer à la délivrance de titres de séjour des étrangers par le gouvernement de la Polynésie française dans les conditions et délais fixés par décret.
 
Art. 34- I. - La Polynésie française peut participer à l’exercice des missions de police incombant à l’Etat en matière de surveillance et d’occupation du domaine public de la Polynésie française, de police de la circulation routière, de police de la circulation maritime dans les eaux intérieures et des missions de sécurité publique ou civile.
 
A ces fins, des fonctionnaires titulaires des cadres territoriaux sont nommés par le Président de la Polynésie française après agrément par le haut-commissaire de la République et par le procureur de la République et après prestation de serment devant le tribunal de première instance.
 
L’agrément peut être suspendu par le haut-commissaire de la République ou par le procureur de la République après information du Président de la Polynésie française. Il peut être retiré par les mêmes autorités après consultation du Président de la Polynésie française qui dispose d’un délai de cinq jours pour donner son avis ; ce délai expiré, l’avis est réputé donné.
 
II. - Les fonctionnaires mentionnés au deuxième alinéa du I peuvent constater par procès-verbal les contraventions aux règlements relatifs à la surveillance et à l’occupation du domaine public de la Polynésie française, à la circulation routière et à la circulation maritime dans les eaux intérieures figurant sur une liste établie dans les conditions prévues au II de l’article 32.
 
III. - Sur la demande du haut-commissaire de la République, les fonctionnaires mentionnés au deuxième alinéa du I peuvent, après accord du Président de la Polynésie française, être associés à des missions de sécurité publique ou de sécurité civile dont la durée, l’objet et les lieux d’intervention sont fixés dans la demande du haut-commissaire.
 
Ils sont, pour ce faire, placés sous l’autorité opérationnelle directe du commandant de la gendarmerie ou du directeur de la sécurité publique, qui déterminent les modalités de leur intervention.
 
Art. 35- Les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” peuvent comporter, dans les mêmes limites et conditions que celles fixées par la loi, des dispositions permettant aux fonctionnaires et agents assermentés des administrations et services publics de la Polynésie française, autres que ceux mentionnés à l’article 34, de rechercher et de constater les infractions aux actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, aux délibérations de l’assemblée de la Polynésie française et aux arrêtés réglementaires du conseil des ministres dont ces administrations et services publics sont spécialement chargés de contrôler la mise en œuvre.
 
Ces agents constatent ces infractions par procès-verbal. Au titre de la recherche de ces infractions, ils peuvent demander aux contrevenants de justifier de leur identité, procéder à des consignations, des prélèvements d’échantillons, des saisies conservatoires, des retraits de la consommation, édicter des interdictions ou des prescriptions, conduire les contrevenants devant un officier de police judiciaire.
 
Ils peuvent également être habilités à effectuer des visites en présence d’un officier de police judiciaire requis à cet effet.
 
Ces agents sont commissionnés par le Président de la Polynésie française après avoir été agréés par le procureur de la République. Ils prêtent serment devant le tribunal de première instance. L’agrément peut être retiré ou suspendu après information du Président de la Polynésie française.
 
Les agents assermentés des ports autonomes chargés de la police portuaire peuvent effectuer tout constat et rechercher les infractions aux règlements que ces établissements sont chargés d’appliquer.
 
Les agents assermentés de contrôle de la Caisse de prévoyance sociale peuvent effectuer tout constat et rechercher les infractions aux règlements que cette caisse est chargée d’appliquer.
 
Art. 36- La réglementation édictée par la Polynésie française en application du 4° de l’article 31 et de l’article 32 respecte les principes définis par la législation relative à la liberté de la communication.
 
Préalablement à leur transmission au ministre chargé de l’outre-mer dans les conditions prévues à l’article 32, le Conseil supérieur de l’audiovisuel est consulté, par l’assemblée de la Polynésie française ou par le conseil des ministres de la Polynésie française, respectivement, sur les projets et propositions d’actes prévus à l’article 140 dénommés “loi du pays” et sur les projets d’arrêtés en conseil des ministres. L’avis est réputé donné s’il n’est pas intervenu dans un délai de trente jours. L’avis est publié au Journal officiel de la République française et au Journal officiel de la Polynésie française.
 
Les décisions individuelles prises par les autorités de la Polynésie française en application de la réglementation mentionnée au premier alinéa et qui relèvent normalement de la compétence du Conseil supérieur de l’audiovisuel peuvent être annulées ou réformées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel à la demande du haut-commissaire de la République ou de toute personne justifiant d’un intérêt pour agir.
 
Art. 37- I. - Le gouvernement de la Polynésie française est associé à l’élaboration des contrats d’établissement entre l’Etat et les établissements universitaires intervenant en Polynésie française. Il est consulté sur les projets de contrat entre l’Etat et les organismes de recherche établis en Polynésie française. Il peut conclure des conventions d’objectifs et d’orientation avec ces établissements ou organismes.
 
II. - La Polynésie française détermine avec l’Etat la carte de l’enseignement universitaire et de la recherche dans les conditions prévues aux alinéas suivants.
 
L’assemblée de la Polynésie française délibère sur les propositions de création de filières de formation et de programmes de recherche qui lui sont faites par le Président de la Polynésie française ou par le haut-commissaire de la République.
 
La carte de l’enseignement universitaire et de la recherche, qui prévoit notamment la localisation des établissements d’enseignement universitaire ainsi que leur capacité d’accueil, fait l’objet d’une convention entre l’Etat et la Polynésie française.
 
En l’absence de convention, la carte de l’enseignement universitaire et de la recherche est arrêtée par l’Etat.
 
Art. 38- Dans les domaines de compétence de l’Etat, les autorités de la République peuvent confier au Président de la Polynésie française les pouvoirs lui permettant de négocier et signer des accords avec un ou plusieurs Etats, territoires ou organismes régionaux du Pacifique et avec les organismes régionaux dépendant des institutions spécialisées des Nations unies.
 
Dans le cas où il n’est pas fait application des dispositions du premier alinéa, le Président de la Polynésie française ou son représentant peut être associé ou participer au sein de la délégation française aux négociations et à la signature d’accords avec un ou plusieurs Etats, territoires ou organismes régionaux du Pacifique et avec les organismes régionaux dépendant des institutions spécialisées des Nations unies.
 
Les accords définis au premier alinéa sont soumis à ratification ou à approbation dans les conditions prévues aux articles 52 et 53 de la Constitution.
 
Le Président de la Polynésie française peut être autorisé par les autorités de la République à représenter cette dernière dans les organismes internationaux.
 
Art. 39- Dans les domaines de compétence de la Polynésie française, le Président de la Polynésie française peut, après délibération du conseil des ministres, négocier, dans le respect des engagements internationaux de la République, des accords avec tout Etat, territoire ou organisme international.
 
Les autorités de la République compétentes en matière de politique étrangère sont informées de l’intention du Président de la Polynésie française de négocier et, à leur demande, représentées à la négociation au sein de la délégation de la Polynésie française. Elles disposent d’un délai d’un mois à compter de la notification de l’intention de négocier pour s’opposer à la négociation des accords.
 
Les autorités compétentes de la République peuvent confier au Président de la Polynésie française les pouvoirs lui permettant de signer les accords au nom de la République.
 
Ces accords sont ensuite soumis à la délibération de l’assemblée de la Polynésie française puis soumis à ratification ou à approbation dans les conditions prévues aux articles 52 et 53 de la Constitution.
 
Art. 40- Lorsque l’Etat prend l’initiative de négocier des accords entrant dans le domaine des compétences de la Polynésie française, le Président de la Polynésie française ou son représentant est associé et participe au sein de la délégation française à ces négociations.
 
Art. 41- Le Président de la Polynésie française ou son représentant participe, au sein de la délégation française, aux négociations relatives aux relations entre la Communauté européenne et la Polynésie française.
 
Art. 42- La Polynésie française peut, avec l’accord des autorités de la République, être membre ou membre associé d’organisations internationales du Pacifique ou observateur auprès de celles-ci.
 
En outre, le Président de la Polynésie française ou son représentant peut être associé, avec l’accord des autorités de la République, aux travaux des organismes régionaux du Pacifique dans les domaines relevant de la compétence de la Polynésie française.
 
Elle y est représentée par le Président de la Polynésie française ou son représentant.
 
Section 4
Les compétences des communes de la Polynésie française
 
Art. 43- I. - Dans le cadre des règles édictées par l’Etat et par la Polynésie française conformément à leurs compétences respectives, et sans préjudice des attributions qui leur sont réservées à la date d’entrée en vigueur de la présente loi organique, par les lois et règlements en vigueur, les communes de la Polynésie française sont compétentes dans les matières suivantes :
 
    Police municipale ;
    Voirie communale ;
    Cimetières ;
    Transports communaux ;
    Constructions, entretien et fonctionnement des écoles de l’enseignement du premier degré;
    Distribution d’eau potable, sans préjudice pour la Polynésie française de satisfaire ses propres besoins ;
    Collecte et traitement des ordures ménagères ;
    Collecte et traitement des déchets végétaux ;
    Collecte et traitement des eaux usées.
 
II. - Dans les conditions définies par les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et la réglementation édictée par la Polynésie française, sous réserve du transfert des moyens nécessaires à l’exercice de ces compétences, les communes peuvent intervenir dans les matières suivantes :
 
    Aides et interventions économiques ;
    Aide sociale ;
    Urbanisme ;
    Culture et patrimoine local.
 
Art. 44- Dans les communes où n’existe pas de service d’assainissement assuré par la Polynésie française, les communes ou les établissements publics de coopération intercommunale peuvent être autorisés par la Polynésie française à prescrire ou peuvent être tenus d’admettre le raccordement des effluents privés qui ne satisfont pas aux caractéristiques du cours d’eau récepteur, aux réseaux d’assainissement ou aux installations d’épuration qu’ils construisent ou exploitent.
 
Art. 45- La Polynésie française peut, sur demande des conseils municipaux, autoriser les communes à produire et distribuer l’électricité dans les limites de leur circonscription. Cette autorisation n’est pas nécessaire pour les communes qui, à la date de promulgation présente loi organique, produisent et distribuent l’électricité, dans les limites de leur circonscription.
 
Section 5
La domanialité
 
Art. 46- L’Etat, la Polynésie française et les communes exercent, chacun en ce qui le concerne, leur droit de propriété sur leur domaine public et leur domaine privé.
 
Art. 47- Le domaine de la Polynésie française comprend notamment les biens vacants et sans maître, y compris les valeurs, actions et dépôts en numéraire atteints par la prescription dans les délais prévus par la législation applicable au domaine de l’Etat, ceux des personnes qui décèdent sans héritier ou dont les successions ont été abandonnées, la zone dite des cinquante pas géométriques des îles Marquises et l’ensemble des cours d’eau, lacs, eaux souterraines et sources.
 
Le domaine public maritime de la Polynésie française comprend, sous réserve des droits de l’Etat et des tiers, les rivages de la mer, le sol et le sous-sol des eaux intérieures, en particulier les rades et les lagons, ainsi que le sol et le sous-sol des eaux territoriales.
 
Les dispositions de l’alinéa précédent s’appliquent sous réserve des emprises nécessaires, à la date de publication de la présente loi organique, à l’exercice par l’Etat de ses compétences et tant que cette nécessité sera justifiée.
 
La Polynésie française réglemente et exerce le droit d’exploration et le droit d’exploitation des ressources naturelles biologiques et non biologiques des eaux intérieures, en particulier les rades et les lagons, du sol, du sous-sol et des eaux sur-jacentes de la mer territoriale et de la zone économique exclusive dans le respect des engagements internationaux.
 
Section 6
Les relations entre collectivités publiques
 
Art. 48- Les autorités de la Polynésie française peuvent déléguer aux maires les compétences pour prendre les mesures individuelles d’application des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et des réglementations édictées par ces autorités.
 
La délégation de compétences ne peut intervenir qu’avec l’accord du conseil municipal de la commune intéressée et s’accompagne du transfert des moyens nécessaires à l’exercice des pouvoirs qui font l’objet de la délégation.
 
Art. 49- (modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.15-II) «La Polynésie française fixe les règles relatives à la commande publique des communes, de leurs groupements et de leurs établissements publics dans le respect des principes de liberté d’accès, d’égalité de traitement des candidats, de transparence des procédures, d’efficacité de la commande publique et de bon emploi des deniers publics. »
 
Art. 50- Dans les communes dotées d’un document d’urbanisme opposable aux tiers, le gouvernement de la Polynésie française peut donner, par arrêté pris sur la demande ou après accord du conseil municipal, compétence au maire, agissant au nom de la commune, soit pour l’instruction et la délivrance des autorisations individuelles d’occupation du sol et des certificats d’urbanisme, soit pour la seule délivrance de ces autorisations et certificats, dans les conditions prévues par la réglementation applicable en Polynésie française.
 
Art. 51- Les programmes de logements sociaux construits, acquis ou améliorés avec le concours financier de l’Etat font l’objet de conventions passées entre l’Etat et la Polynésie française. Ces conventions prévoient également l’information du maire de la commune intéressée sur les principes régissant les attributions de ces logements et les décisions d’attribution.
 
En contrepartie d’un apport de terrain, d’un financement ou d’une garantie financière des communes à la réalisation des programmes de logements sociaux, les communes signent des conventions particulières avec l’Etat et la Polynésie française. Ces conventions prévoient notamment les modalités de réservation de ces logements.
 
Art. 52- Un fonds intercommunal de péréquation reçoit une quote-part des impôts, droits et taxes perçus au profit du budget général de la Polynésie française.
 
Cette quote-part, qui ne peut être inférieure à 15 % desdites ressources, est fixée par décret, après consultation de l’assemblée de la Polynésie française et du conseil des ministres de la Polynésie française, en tenant compte des charges respectives de la Polynésie française et des communes. Lorsque le compte administratif de la Polynésie française fait apparaître que le produit des impôts, droits et taxes effectivement perçus est inférieur au produit prévu au budget primitif, le montant de la différence est inscrit en déduction de l’assiette du fonds intercommunal de péréquation de l’année suivant celle de l’adoption du compte administratif.
 
Le fonds intercommunal de péréquation peut recevoir également des subventions de l’Etat destinées à l’ensemble des communes.
 
Le fonds intercommunal de péréquation est géré par un comité des finances locales de la Polynésie française, présidé conjointement par le haut-commissaire de la République et le Président de la Polynésie française et comprenant des représentants des communes, du gouvernement de la Polynésie française, de l’assemblée de la Polynésie française et de l’Etat. Les représentants des collectivités territoriales constituent la majorité des membres du comité.
 
Ce comité répartit les ressources du fonds entre les communes, pour une part au prorata du nombre de leurs habitants, pour une autre part compte tenu de leurs charges. Il peut décider d’attribuer une dotation affectée à des groupements de communes pour la réalisation d’opérations d’investissement ou la prise en charge de dépenses de fonctionnement présentant un intérêt intercommunal.
 
Un décret en Conseil d’Etat détermine les modalités d’application du présent article et notamment les conditions d’élection des représentants des communes et de l’assemblée de la Polynésie française au comité des finances locales. Il fixe également les modalités selon lesquelles le fonds assure à chaque commune un minimum de ressources.
 
Art. 53- La Polynésie française institue des impôts ou taxes spécifiques aux communes, y compris sur les services rendus.
 
Le taux de ces impôts et taxes ainsi que les modalités de leur perception sont décidés par délibération du conseil municipal dans le respect de la réglementation instituée par la Polynésie française.
 
Les communes peuvent, en outre, dans le cadre des règles fixées en application du 10° de l’article 14, instituer des redevances pour services rendus.
 
Art. 54- En vue de favoriser leur développement, la Polynésie française peut apporter son concours financier et technique aux communes ou à leurs groupements.(complété par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.11-II) « Les conditions dans lesquelles les communes peuvent bénéficier du concours financier de la Polynésie française sont définies par un acte prévu à l’ article 140 et dénommé « loi du pays ».
 
La Polynésie française peut participer au fonctionnement des services municipaux par la mise à disposition de tout personnel de ses services, cabinets ministériels ou établissements publics dans le cadre de conventions passées entre le Président de la Polynésie française et les communes.
 
Art. 55- Lorsque la Polynésie française confie par convention aux communes ou aux établissements communaux ou de coopération intercommunale, au vu d’une demande ou d’un accord de leurs organes délibérants, la réalisation d’équipements collectifs ou la gestion de services publics relevant de sa compétence, la convention prévoit le concours financier de la Polynésie française.
 
Les communes ou leurs groupements peuvent confier par convention à la Polynésie française la réalisation de projets d’équipements collectifs ou la gestion de services publics relevant de leur compétence. Dans ce cas, les travaux sont réalisés selon les règles applicables à la Polynésie française. La convention prévoit la participation financière des communes.
 
Art. 56- Le domaine initial des communes de la Polynésie française est déterminé, après avis conforme de l’assemblée de la Polynésie française, par des décrets qui affectent à chacune d’entre elles une partie du domaine de la Polynésie française.
 
Le domaine ainsi constitué peut être étendu par des délibérations de l’assemblée de la Polynésie française, après avis conforme du conseil municipal intéressé.
 
Section 7
L’identité culturelle
 
Art. 57- Le français est la langue officielle de la Polynésie française. Son usage s’impose aux personnes morales de droit public et aux personnes de droit privé dans l’exercice d’une mission de service public ainsi qu’aux usagers dans leurs relations avec les administrations et services publics.
 
La langue tahitienne est un élément fondamental de l’identité culturelle : ciment de cohésion sociale, moyen de communication quotidien, elle est reconnue et doit être préservée, de même que les autres langues polynésiennes, aux côtés de la langue de la République, afin de garantir la diversité culturelle qui fait la richesse de la Polynésie française.
 
Le français, le tahitien, le marquisien, le paumotu et le mangarevien sont les langues de la Polynésie française. Les personnes physiques et morales de droit privé en usent librement dans leurs actes et conventions ; ceux-ci n’encourent aucune nullité au motif qu’ils ne sont pas rédigés dans la langue officielle.
 
La langue tahitienne est une matière enseignée dans le cadre de l’horaire normal des écoles maternelles et primaires, dans les établissements du second degré et dans les établissements d’enseignement supérieur.
 
Sur décision de l’assemblée de la Polynésie française, la langue tahitienne peut être remplacée dans certaines écoles ou établissements par l’une des autres langues polynésiennes.
 
L’étude et la pédagogie de la langue et de la culture tahitiennes sont enseignées dans les établissements de formation des personnels enseignants.
 
Art. 58- Il est institué un collège d’experts composé de personnalités ayant acquis une compétence particulière en matière foncière.
 
Sa composition, son organisation et son fonctionnement sont fixés par délibération de l’assemblée de la Polynésie française. Les membres du collège d’experts sont nommés par cette assemblée.
 
Ce collège peut être consulté par le Président de la Polynésie française, le président de l’assemblée de la Polynésie française ou le haut-commissaire de la République sur toute question relative à la propriété foncière en Polynésie française.
 
Il propose à l’assemblée générale des magistrats de la cour d’appel des personnes qualifiées en matière de propriété foncière pour y être agréées comme assesseurs aux tribunaux statuant en matière foncière ou comme experts judiciaires.
 
Chapitre II
Les modalités des transferts de compétences
 
Art. 59- L’Etat compense les charges correspondant à l’exercice des compétences nouvelles que la Polynésie française reçoit de la présente loi organique.
 
Tout accroissement net de charges résultant pour la Polynésie française des compétences transférées est accompagné du versement concomitant par l’Etat d’une compensation financière permettant l’exercice normal de ces compétences. Le montant de cette compensation est déterminé par référence à celui des dépenses annuelles effectuées par l’Etat, à la date du transfert, au titre de ces compétences ; cette compensation évolue chaque année comme la dotation globale de fonctionnement allouée aux communes.
Les charges correspondant à l’exercice des compétences transférées font l’objet d’une évaluation préalable au transfert desdites compétences. Les modalités de cette évaluation sont fixées par décret. Ces charges sont compensées par l’attribution d’une dotation globale de compensation inscrite au budget de l’Etat. La loi de finances précise chaque année le montant de la dotation globale de compensation.
 
Il est créé en Polynésie française une commission consultative d’évaluation des charges. Présidée par un magistrat de la chambre territoriale des comptes de la Polynésie française, elle est composée de représentants de l’Etat, du gouvernement de la Polynésie française et de l’assemblée de la Polynésie française. Elle est consultée sur l’évaluation des charges correspondant aux compétences transférées.
 
Art. 60- Les biens meubles et immeubles appartenant à l’Etat et affectés à l’exercice de compétences de l’Etat transférées à la Polynésie française sont eux-mêmes transférés à la Polynésie française à titre gratuit.
 
Sont également transférés gratuitement à la Polynésie française les biens meubles et immeubles appartenant à l’Etat et mis à la disposition de la Polynésie française en application des conventions passées au titre des lois antérieures comportant des transferts de compétences.
 
Les contrats de bail relatifs aux immeubles pris en location par l’Etat et affectés à l’exercice de compétences de l’Etat transférées à la Polynésie française sont transmis à titre gratuit à la Polynésie française, que le transfert résulte de la présente loi organique ou de conventions passées au titre des lois antérieures comportant des transferts de compétences.
 
Ces transferts ne donnent lieu à aucune indemnité, droit, taxe, salaire ou honoraire.
 
La Polynésie française est substituée à l’Etat dans ses droits et obligations résultant des contrats et marchés que celui-ci a conclus pour l’aménagement, l’entretien et la conservation des biens précités ainsi que pour le fonctionnement des services.
 
L’Etat constate ces substitutions et les notifie à ses cocontractants.
 
Art. 61- Les services ou parties de services de l’Etat chargés exclusivement de la mise en œuvre d’une compétence attribuée à la Polynésie française en vertu de la présente loi organique sont transférés à celle-ci. Les modalités et la date des transferts sont fixées par décret.
 
Pour chaque service ou partie de service, une convention passée entre le haut-commissaire et le président de la Polynésie française détermine les conditions de la mise en œuvre de ces transferts.
 
Art. 62- I. - Les agents de l’Etat exerçant leurs fonctions dans un service ou une partie de service transféré à la Polynésie française en application des dispositions du présent chapitre et qui ne sont pas déjà liés à celle-ci par des dispositions statutaires ou contractuelles sont de plein droit mis à la disposition de la Polynésie française. Les fonctionnaires de l’Etat précités sont mis à disposition de la Polynésie française, par dérogation aux articles 41 et 42 de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’Etat. Ils demeurent régis par les dispositions légales et réglementaires qui leur sont applicables.
 
II. - Toutefois, les fonctionnaires de l’Etat qui exercent leurs fonctions dans les services ou parties de services transférés peuvent, lorsqu’ils ne sont pas assujettis à une règle de limitation de la durée de séjour en Polynésie française, opter dans un délai de deux ans, à compter de la date d’entrée en vigueur du transfert, pour le maintien de leur statut de fonctionnaire de l’Etat ou pour le statut de fonctionnaire de la Polynésie française.
 
Dans le cas où le fonctionnaire opte pour le statut de fonctionnaire de la Polynésie française, il est fait droit à sa demande dans un délai maximal de deux ans à compter de la date de réception de celle-ci, selon les conditions fixées par le statut général des fonctionnaires territoriaux.
 
Si le fonctionnaire opte pour le maintien de son statut de fonctionnaire de l’Etat, il peut, dans le délai prévu au premier alinéa du présent II :
 
     Soit demander à être placé en position de détachement de longue durée dans un emploi de la Polynésie française auprès duquel il exerce ses fonctions ; dans ce cas, il a priorité pour y être détaché.
S’il est mis fin au détachement, à la demande de l’autorité auprès de laquelle le fonctionnaire a été détaché et pour une cause autre que l’insuffisance professionnelle ou un motif disciplinaire, l’intéressé est réintégré dans un emploi de l’Etat dans la limite des emplois vacants. En l’absence d’emploi vacant, il continue à être rémunéré par la collectivité ayant mis fin au détachement, au plus tard jusqu’à la date à laquelle le détachement devait prendre fin ;
    Soit demander à être affecté dans un emploi de l’Etat ; il est fait droit à sa demande dans un délai maximal de deux ans à compter de la date de réception de celle-ci et dans la limite des emplois vacants. Le président « de la Polynésie »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.1er-IV) peut être consulté pour avis. Lorsque aucun emploi n’est vacant, le fonctionnaire demeure mis à disposition de la Polynésie française. L’intéressé dispose d’un délai de six mois pour confirmer ou modifier son option initiale. Passé ce délai, il est réputé confirmer cette option. Si le fonctionnaire modifie son option initiale, il est fait droit à sa demande dans l’année qui suit cette nouvelle option.
 
III. - Les fonctionnaires qui n’ont pas fait usage de leur droit d’option dans les délais prévus au II sont réputés avoir choisi le maintien de leur statut de fonctionnaire de l’Etat et avoir sollicité leur détachement dans les conditions décrites au 1° du II.
 
Les fonctionnaires qui ont choisi, dans les délais prévus au II, le maintien de leur statut de fonctionnaire de l’Etat sans toutefois avoir fait usage du droit d’option prévu au II sont réputés, à l’issue des délais prévus, avoir sollicité leur détachement dans les conditions décrites au 1° du II.
 
TITRE IV
LES INSTITUTIONS
 
Chapitre Ier
Le Président et le gouvernement de la Polynésie française
 
Section 1
Attributions et missions du Président et du gouvernement
 
Art. 63- Le gouvernement de la Polynésie française est l’exécutif de la Polynésie française dont il conduit la politique.
 
Il dispose de l’administration de la Polynésie française.
 
Il est responsable devant l’assemblée de la Polynésie française dans les conditions et suivant les procédures prévues à l’article 156.
 
Art. 64- Le Président de la Polynésie française représente la Polynésie française. Il dirige l’action du gouvernement.
 
Il promulgue les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”.
 
Il signe les actes délibérés en conseil des ministres.
 
Il est chargé de l’exécution des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et des délibérations de l’assemblée de la Polynésie française et de sa commission permanente. Il exerce le pouvoir réglementaire pour l’application des actes du conseil des ministres.
 
Il dirige l’administration de la Polynésie française. Sous réserve des dispositions de l’article 93, il nomme à tous les emplois publics de la Polynésie française, à l’exception de ceux qui relèvent de la compétence du président de l’assemblée de la Polynésie française.
 
(Modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.16-I) « Sous réserve des dispositions de l’article 90, de l’article 91, des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et des délibérations de l’assemblée de la Polynésie française qui en attribuent la compétence aux ministres, il prend les actes à caractère non réglementaire nécessaires à l’application des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, des délibérations de l’assemblée de la Polynésie française et des règlements. »
 
(Nouvel alinéa) (Loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17-I) « Il signe tous contrats. »
 
Il est l’ordonnateur du budget de la Polynésie française.
 
Il peut déléguer le pouvoir d’ordonnateur. Il peut adresser un ordre de réquisition au comptable de la Polynésie française dans les conditions fixées à l’article LO 274-5 du code des juridictions financières, mais ne peut pas déléguer ce pouvoir.
 
Art. 65- Le Président de la Polynésie française assure la publication au Journal officiel de la Polynésie française des actes ressortissant à la compétence des institutions de la Polynésie française.
 
Art. 66- Les actes du Président de la Polynésie française autres que ceux qui sont mentionnés aux articles 39, 65, 73 et 81 sont contresignés par les ministres chargés de leur exécution.
Art. 67- Le Président de la Polynésie française peut déléguer certains de ses pouvoirs au vice-président et aux ministres.
 
Art. 68- Le Président de la Polynésie française est informé par le haut-commissaire de la République des mesures prises en matière de maintien de l’ordre et de sécurité intérieure.
 
Il est également associé à la préparation et à la mise en œuvre des mesures prises par le haut-commissaire en matière de coordination et de réquisition des moyens concourant à la sécurité civile.
 
Section 2
Election du président
 
Art. 69- (remplacé) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.1) « Le président de la Polynésie française est élu par l’assemblée de la Polynésie française parmi ses membres, au scrutin secret.
 
« L’assemblée de la Polynésie française ne peut valablement procéder à l’élection que si les trois cinquièmes des représentants sont présents. Si cette condition n’est pas remplie, la réunion se tient de plein droit trois jours plus tard, dimanche et jours fériés non compris, quel que soit le nombre des représentants présents.
 
« Le vote est personnel.
 
« Si, après deux tours de scrutin, aucun candidat n’obtient la majorité absolue des membres composant l’assemblée, il est procédé à un troisième tour et l’élection a lieu à la majorité absolue des suffrages exprimés.
 
Seuls peuvent se présenter au troisième tour les deux candidats qui, le cas échéant après retrait de candidats plus favorisés, ont recueilli le plus grand nombre de suffrages exprimés au deuxième tour.
 
 En cas d’égalité des voix, la présentation au troisième tour est acquise au bénéfice de l’âge.
 
« En cas d’égalité des voix, l’élection est acquise au bénéfice de l’âge.
 
« Pour le premier tour de scrutin, les candidatures sont remises au président de l’assemblée de la Polynésie française au plus tard la veille du jour fixé pour le scrutin. Des candidatures nouvelles peuvent être présentées au deuxième tour de scrutin. Les candidatures sont remises au président de l’assemblée de la Polynésie française au plus tard trois heures avant l’ouverture du deuxième tour de scrutin.
 
« Chaque candidat expose son programme devant l’assemblée avant l’ouverture de chaque tour de scrutin. » 
 
Art. 70- Le président de l’assemblée de la Polynésie française proclame les résultats de l’élection du Président de la Polynésie française et les transmet immédiatement au haut-commissaire.
 
Les résultats de l’élection du Président de la Polynésie française peuvent être contestés par tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française, par tout candidat à l’élection ou par le haut-commissaire, devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux dans le délai de cinq jours à compter de cette proclamation.
 
Art. 71- L’élection du Président de la Polynésie française a lieu dans les quinze jours qui suivent l’ouverture de la première session de l’assemblée de la Polynésie française réunie conformément aux dispositions de l’article 118.
 
En cas de vacance (modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.5-IV), l’assemblée de la Polynésie française élit le Président de la Polynésie française dans les quinze jours qui suivent la constatation de la vacance (modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.1er-IV). Si l’assemblée n’est pas en session, elle se réunit de plein droit en session extraordinaire.
 
Jusqu’à l’élection du nouveau Président de la Polynésie française, le gouvernement assure l’expédition des affaires courantes.
 
Art. 72- Le Président de la Polynésie française reste en fonction jusqu’à l’expiration du mandat de l’assemblée qui l’a élu, sous réserve des dispositions du deuxième alinéa de l’article 74 et des articles 75, 77, 80 et « 156 et 156-1 »(modifié) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.5-III.
 
Art.72-1 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.1) « En cas d’absence ou d’empêchement du président de la Polynésie française, son intérim est assuré par le vice-président nommé dans les conditions prévues à l’article 73 ou, si celui-ci est lui-même absent ou empêché, par un ministre dans l’ordre de nomination des ministres. »
 
Section 3
Composition et formation du gouvernement
 
Art. 73- Dans le délai de cinq jours suivant son élection, le Président de la Polynésie française notifie au haut-commissaire et au président de l’assemblée de la Polynésie française l’arrêté par lequel il nomme un vice-président, chargé d’assurer son intérim en cas d’absence ou d’empêchement, et les ministres, avec indication pour chacun d’eux des fonctions dont ils sont chargés. Cet arrêté est immédiatement porté à la connaissance des représentants à l’assemblée de la Polynésie française par son président.
 
(Nouvel alinéa)(loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.1er-III) « Le gouvernement comprend au plus quinze ministres. »
 
A défaut de la notification prévue au premier alinéa dans le délai précité, le Président de la Polynésie française est considéré comme démissionnaire. Il est donné acte de cette démission par le président de l’assemblée de la Polynésie française.
 
La nomination du vice-président et des ministres prend effet dès la notification de l’arrêté prévue au premier alinéa.
 
Les attributions « du vice-président et »(Modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.1-III) de chacun des ministres sont définies par arrêté du Président de la Polynésie française, transmis au haut-commissaire et au président de l’assemblée de la Polynésie française.
 
Art. 74- Le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement doivent satisfaire aux conditions requises pour l’élection des représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 
Le Président de la Polynésie française ou tout autre membre du gouvernement qui se trouverait dans une situation contraire aux dispositions du premier alinéa ou serait frappé de l’une des incapacités qui font perdre la qualité d’électeur ou d’éligible est déclaré démissionnaire par arrêté du haut-commissaire. (modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-I)
 
Art. 75- Le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement sont soumis aux règles d’incompatibilité applicables aux représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Le délai mentionné au troisième alinéa du II de l’ article 112 commence à courir à compter, selon le cas, de l’ élection du président de la Polynésie française ou de la nomination des membres du gouvernement. » (Nouveau, loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-II)
 
« La procédure prévue au III du même article 112 est applicable au président de la Polynésie française ou au membre du gouvernement qui a méconnu les dispositions de l’avant-dernier alinéa de l’ article 76. »(Nouveau, (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-II)
 
« Art. 76. .(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-III)− Les fonctions de président de la Polynésie française ou de membre du gouvernement sont incompatibles avec les activités de direction dans :
 
« 1o Les sociétés, entreprises ou établissements jouissant, sous forme de garanties d’intérêts, de subventions ou, sous forme équivalente, d’avantages assurés par la Polynésie française ou ses établissements publics, sauf dans le cas où ces avantages découlent nécessairement de l’application d’une législation ou d’une réglementation de portée générale en vigueur en Polynésie française ;
 
« 2o Les sociétés ayant exclusivement un objet financier et faisant publiquement appel à l’épargne, ainsi que les sociétés civiles autorisées à faire publiquement appel à l’épargne ;
 
« 3o Les sociétés ou entreprises dont l’activité consiste principalement dans l’exécution de travaux, la prestation de fournitures ou de services pour le compte ou sous le contrôle de la Polynésie française ou de ses établissements publics ;
 
« 4o Les sociétés ou entreprises à but lucratif dont l’objet est l’achat ou la vente de terrains destinés à des constructions, quelle que soit leur nature, ou qui exercent une activité de promotion immobilière ou, à titre habituel, de construction d’immeubles en vue de leur vente;
 
« 5o Les sociétés dont plus de la moitié du capital est constituée par des participations de sociétés, entreprises ou établissements visés aux 1o à 4o.
« Pour l’application du présent article, est considérée comme exerçant une activité de direction dans une entreprise, outre le chef d’entreprise, le président de conseil d’administration, le président et le membre de directoire, le président de conseil de surveillance, l’administrateur délégué, le directeur général, le directeur général adjoint ou le gérant, toute personne qui, directement ou par personne interposée, exerce en fait la direction de l’entreprise.
 
« Il est interdit au président de la Polynésie française ou à tout membre du gouvernement en exercice d’accepter une fonction de membre du conseil d’administration ou de surveillance ou toute fonction de conseil dans l’un des établissements, sociétés ou entreprises mentionnés au présent article. Cette interdiction ne s’applique pas aux fonctions non rémunérées exercées en qualité de représentant de la Polynésie française ou d’un établissement public de la Polynésie française.
 
« Il est interdit au président de la Polynésie française ou à tout membre du gouvernement de prendre une part active aux actes relatifs à une affaire à laquelle il est intéressé, soit en son nom personnel, soit comme mandataire.
 
« Il est interdit au président de la Polynésie française et à tout membre du gouvernement de la Polynésie française de faire ou de laisser figurer son nom suivi de l’indication de sa qualité dans toute publicité relative à une entreprise financière, industrielle ou commerciale.»
 
Art. 77- Le Président de la Polynésie française, au moment de son élection, le vice-président et les ministres, au moment de leur désignation, doivent, lorsqu’ils se trouvent dans l’un des cas d’incompatibilité prévus aux articles 75 et 76, déclarer leur option au haut-commissaire dans le délai d’un mois suivant leur entrée en fonction.
 
Si la cause de l’incompatibilité est postérieure, selon le cas, à l’élection ou à la désignation, le droit d’option prévu à l’alinéa précédent est ouvert pendant le mois suivant la survenance de la cause de l’incompatibilité.
 
A défaut d’avoir exercé son option dans les délais, le Président de la Polynésie française, le vice-président ou le ministre est réputé avoir renoncé à ses fonctions de président ou de membre du gouvernement de la Polynésie française.
 
L’option exercée ou le défaut d’option est constaté par un arrêté du haut-commissaire. Cet arrêté est notifié au Président de la Polynésie française, au président de l’assemblée de la Polynésie française et, le cas échéant, au membre du gouvernement intéressé.
 
Art. 78- Lorsqu’un membre de l’assemblée qui, après avoir renoncé à son mandat de représentant à l’assemblée de la Polynésie française par suite de son élection en qualité de Président de la Polynésie française ou par suite de sa désignation en qualité de vice-président du gouvernement ou de ministre, quitte ses fonctions au sein du gouvernement de la Polynésie française, il retrouve « à compter du premier jour du troisième mois qui suit la fin desdites fonctions » (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.2-I) son mandat à l’assemblée de la Polynésie française aux lieu et place du dernier représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui avait été élu sur la même liste et appelé à siéger à sa suite.
 
(Nouvel alinéa) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.2-I) « Toutefois, lorsque la fin desdites fonctions du gouvernement intervient dans les cas prévus aux articles 80,156 et 156-1, le représentant reprend l’ exercice de son mandat dès la fin de ses fonctions gouvernementales. »
 
Art. 79- I. - Le Président de la Polynésie française ou le membre du gouvernement qui a la qualité d’agent public à la date de son élection ou de sa nomination est placé en dehors du cadre de l’administration ou du corps auquel il appartient dans les conditions prévues par le statut qui le régit. Sous réserve des dispositions de l’article 78, il est, à l’expiration de son mandat, réintégré à sa demande, selon le cas, dans le cadre ou le corps auquel il appartenait avant son entrée au gouvernement de la Polynésie française, éventuellement en surnombre, ou dans l’entreprise du secteur public qui l’employait sous un régime de droit public ou de droit privé.
 
II. - Le Président de la Polynésie française ou le membre du gouvernement de la Polynésie française qui a la qualité de salarié à la date de sa nomination peut bénéficier d’une suspension de son contrat de travail. Cette suspension est de plein droit lorsque le salarié justifie d’une ancienneté minimale d’une année chez l’employeur, à la date de sa nomination.
 
Art. 80- La démission du gouvernement de la Polynésie française est présentée par son président au président de l’assemblée de la Polynésie française. Celui-ci en donne acte et en informe sans délai le haut-commissaire.
 
(Loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.1er-IV) « L’empêchement provisoire du président de la Polynésie française est constaté par le conseil des ministres, d’office ou à la demande de l’intéressé.
 
« En cas de décès, de démission, de démission d’office ou d’empêchement définitif du président de la Polynésie française, ou lorsque son empêchement excède une période de trois mois à partir de l’exercice de l’intérim par le vice-président, le gouvernement de la Polynésie française est démissionnaire de plein droit et il est pourvu à son remplacement dans les conditions prévues aux sections 2 et 3 du présent chapitre.
 
L’empêchement définitif du président de la Polynésie française est constaté par le Conseil d’Etat statuant au contentieux, saisi par le conseil des ministres de la Polynésie française, par le président de l’assemblée de la Polynésie française ou par le haut-commissaire. »
 
Art. 81- La démission d’un ministre est présentée au Président de la Polynésie française, lequel en donne acte et en informe le président de l’assemblée de la Polynésie française et le haut-commissaire.
 
Toute modification dans la composition du gouvernement et dans la répartition des fonctions au sein du gouvernement est décidée par arrêté du Président de la Polynésie française. Cet arrêté est notifié au haut-commissaire et au président de l’assemblée de la Polynésie française. La nomination de nouveaux ministres et l’affectation des ministres à de nouvelles fonctions ne prennent effet qu’à compter de cette notification. Si la composition du gouvernement n’est pas conforme aux dispositions de l’article 73, le Président de la Polynésie française dispose d’un délai de quinze jours à compter de la notification pour se conformer à ces dispositions et notifier son arrêté au haut-commissaire et au président de l’assemblée de la Polynésie française. A défaut, le gouvernement est considéré comme démissionnaire et il est fait application des dispositions de l’article 74.
Art. 82- Les recours contre les arrêtés mentionnés aux articles 73, 74, 77 et 81 sont portés devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux. Ils sont suspensifs, sauf dans les cas mentionnés aux articles 73 et 81 ou lorsque le Président de la Polynésie française ou tout autre membre du gouvernement de la Polynésie française est déclaré démissionnaire d’office à la suite d’une condamnation pénale devenue définitive prononcée à son encontre et entraînant de ce fait la perte de ses droits civiques, civils et de famille.
 
Section 4
Règles de fonctionnement
 
Art. 83- Le gouvernement de la Polynésie française se réunit en conseil des ministres au chef-lieu de la Polynésie française. Il est convoqué par son président. Le conseil des ministres peut fixer pour certaines séances un autre lieu de réunion.
 
Les séances du conseil des ministres sont présidées par le Président de la Polynésie française ou par le vice-président, ou, en l’absence de ce dernier, par un ministre désigné à cet effet par le Président de la Polynésie française.
 
Le conseil des ministres ne peut valablement délibérer que sur les questions inscrites à l’ordre du jour.
 
Art. 84- Le Président de la Polynésie française arrête l’ordre du jour du conseil des ministres. Il en adresse copie au haut-commissaire avant la séance. Sauf urgence, cette copie doit être parvenue au haut-commissaire vingt-quatre heures au moins avant la séance.
 
Lorsque l’avis du gouvernement de la Polynésie française est demandé par le ministre chargé de l’outre-mer ou par le haut-commissaire, les questions qui lui sont soumises sont inscrites à l’ordre du jour du premier conseil des ministres qui suit la réception de la demande.
 
Le haut-commissaire est entendu par le conseil des ministres, sur demande du ministre chargé de l’outre-mer, lorsque le conseil des ministres est saisi de questions mentionnées à l’alinéa précédent.
 
Dans tous les autres cas, en accord avec le Président de la Polynésie française, le haut-commissaire est entendu par le conseil des ministres.
 
Art. 85-  Les réunions du conseil des ministres ne sont pas publiques. Elles font l’objet d’un communiqué.
 
Art. 86- Le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement de la Polynésie française sont, au même titre que les fonctionnaires ou agents publics et les personnes qui les assistent, tenus de garder le secret sur les faits dont ils ont eu connaissance en raison de leurs fonctions.
 
Art. 87- Le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement perçoivent mensuellement une indemnité dont le montant est fixé par l’assemblée de la Polynésie française par référence au traitement des agents publics servant en Polynésie française. Le conseil des ministres fixe les conditions de remboursement des frais de transport et de mission du Président de la Polynésie française et des autres membres du gouvernement, le montant d’une indemnité forfaitaire annuelle pour frais de représentation et le régime de protection sociale.
 
Le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement de la Polynésie française perçoivent leur indemnité pendant « trois »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.2-II) mois après la cessation de leurs fonctions, sauf s’il leur a été fait application des dispositions de l’article 78 ou s’ils ont repris auparavant une activité rémunérée.
 
Art. 88- L’assemblée de la Polynésie française vote les crédits nécessaires au fonctionnement du gouvernement de la Polynésie française. Ces crédits constituent une dépense obligatoire.
 
Section 5
Attributions du conseil des ministres et des ministres
 
Art. 89- Le conseil des ministres est chargé collégialement et solidairement des affaires de la compétence du gouvernement définies en application de la présente section.
 
Il arrête les projets d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, après avis du haut conseil de la Polynésie française, ainsi que les autres projets de délibérations à soumettre à l’assemblée de la Polynésie française ou à sa commission permanente.
 
Il prend les règlements nécessaires à la mise en œuvre des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” ainsi que des autres délibérations de l’assemblée de la Polynésie française ou de sa commission permanente.
 
Il prend également, les arrêtés intervenant dans le cadre de la participation de la Polynésie française à l’exercice des compétences de l’Etat prévue à l’article 31.
 
Art. 90- Sous réserve du domaine des actes prévus par l’article 140 dénommés “lois du pays”, le conseil des ministres fixe les règles applicables aux matières suivantes :
 
    Création et organisation des services, des établissements publics et des groupements d’intérêt public de la Polynésie française ;
    Enseignement dans les établissements relevant de la compétence de la Polynésie française;
    Enseignement des langues locales dans tous les établissements d’enseignement ;
    Bourses, primes ou prix à l’occasion de concours ou de compétition, secours et allocations d’enseignement alloués sur les fonds du budget de la Polynésie française ;(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17-II)
    Organisation générale des foires et marchés ;
    Prix, tarifs et commerce intérieur ;
    Tarifs et règles d’assiette et de recouvrement des redevances pour services rendus ;
    Restrictions quantitatives à l’importation ;
    Conditions d’agrément des aérodromes privés ;
10° Ouverture, organisation et programmes des concours d’accès aux emplois publics de la Polynésie française et de ses établissements publics ; modalités d’application de la rémunération des agents de la fonction publique de la Polynésie française ; régime de rémunération des personnels des cabinets ministériels ;
11° Sécurité de la circulation et de la navigation dans les eaux intérieures [Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel n° 2004-490 DC du 12 février 2004] ; pilotage des navires;
12° Conduite des navires, immatriculation des navires, activités nautiques ;
13° [Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel n° 2004-490 DC du 12 février 2004]
14° Fixation de l’heure légale et de l’heure légale saisonnière;
15° Circulation routière ;
16° Codification des réglementations de la Polynésie française et mise à jour des codes ;
17° Plafonds de rémunérations soumises à cotisation et taux de cotisation pour le financement des régimes de protection sociale ;
18° Montants des prestations au titre des différents régimes de protection sociale.
 
Art. 91-  Dans la limite des compétences de la Polynésie française, le conseil des ministres :
 
   Crée, réglemente et fixe les tarifs des organismes assurant en Polynésie française la représentation des intérêts économiques et culturels ;
    Crée, réglemente et fixe les tarifs des organismes chargés des intérêts des auteurs, compositeurs et éditeurs ;
    Autorise la conclusion des conventions à passer avec les délégataires de service public et arrête les cahiers des charges y afférents ;
    Détermine la nature et les tarifs des prestations des services publics en régie directe et des cessions de matières, matériels et matériaux ;
    Approuve les tarifs des taxes et redevances appliquées en matière de postes et télécommunications relevant de la Polynésie française ;
    Assigne les fréquences radioélectriques relevant de la compétence de la Polynésie française ;
    Fixe les redevances de gestion des fréquences radioélectriques relevant de la compétence de la Polynésie française ;
    Arrête les programmes d’études et de traitement de données statistiques ;
    Délivre les licences de transporteur aérien des entreprises établies en Polynésie française, délivre les autorisations d’exploitation des vols internationaux autres que ceux mentionnés au 8° de l’article 14 et approuve les programmes d’exploitation correspondants et les tarifs aériens internationaux s’y rapportant, dans le respect des engagements internationaux de la République ;
10° Autorise les investissements étrangers ;
11° Autorise les concessions du droit d’exploration et d’exploitation des ressources maritimes naturelles ;
12° Détermine les servitudes administratives au profit du domaine et des ouvrages publics de la Polynésie française dans les conditions et limites fixées par l’assemblée de la Polynésie française;
13° Approuve l’ouverture des aérodromes territoriaux à la circulation aérienne publique ;
14° Approuve les contrats constitutifs des groupements d’intérêt public auxquels participent la Polynésie française ou ses établissements publics ;
15° Fixe les conditions d’approvisionnement, de stockage et de livraison ainsi que les tarifs des hydrocarbures liquides et gazeux ;
16° Détermine l’objet et les modalités d’exécution ou d’exploitation des ouvrages publics et des travaux publics ;
17° Fixe l’ordre dans lequel seront exécutés les travaux prévus au budget de la Polynésie française ;
18° Prend les arrêtés de déclaration d’utilité publique et de cessibilité lorsque l’expropriation est poursuivie pour le compte de la Polynésie française ;
19° Prend tous les actes d’administration et de disposition des intérêts patrimoniaux et domaniaux de la Polynésie française « , notamment les transactions foncières »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17-III-1°) dans les conditions et limites fixées par l’assemblée de la Polynésie française ;
20° Exerce le droit de préemption prévu à l’article 19 ;
21° Accepte ou refuse les dons et legs au profit de la Polynésie française ;
22° Dans la limite des plafonds d’engagement fixés par les délibérations budgétaires de l’assemblée de la Polynésie française, habilite le Président de la Polynésie française ou un ministre spécialement désigné à cet effet à négocier et conclure les conventions d’emprunts, y compris les emprunts obligataires, ou de garanties d’emprunts ;
23° Assure le placement des fonds libres de la Polynésie française et autorise le placement des fonds libres de ses établissements publics, en valeurs d’Etat ou en valeurs garanties par l’Etat ;
24° Autorise, dans la limite des dotations budgétaires votées par l’assemblée de la Polynésie française, la participation de la Polynésie française au capital des sociétés mentionnées à l’article 30 et au capital des sociétés d’économie mixte, y compris les établissements de crédit régis par le code monétaire et financier ; autorise les conventions de prêts ou d’avances en compte courant à ces mêmes sociétés ;
25° Décide d’intenter les actions ou de défendre devant les juridictions au nom de la Polynésie française, y compris en ce qui concerne les actions contre les délibérations de l’assemblée de la Polynésie française ou de sa commission permanente ; transige sur les litiges sous réserve des dispositions de l’article 23 ;
26° Crée les charges et nomme les officiers publics et les officiers ministériels ;
27° Délivre les permis de travail et les cartes professionnelles d’étranger ;
28° Autorise l’ouverture des cercles et des casinos dans les conditions fixées à l’article 24 ;
29° Constate l’état de catastrophe naturelle.
30° « Approuve les conventions conclues avec des personnes morales en application d’ actes prévus à l’ article 140 dénommés « lois du pays » ou de délibérations de l’ assemblée de la Polynésie française ; »(Nouveau, loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17-III-2°)
31° « Approuve, au vu de demandes motivées, dans les conditions d’ aides financières ou l’ octroi de garanties d’ emprunt aux personnes morales. »(Nouveau, loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17-III-2°)
 
Art. 92- Le conseil des ministres peut déléguer à son président ou au ministre détenant les attributions correspondantes le pouvoir de prendre des décisions dans les domaines suivants :
 
    Administration des intérêts patrimoniaux et domaniaux de la Polynésie française ;
    Acceptation ou refus des dons et legs au profit de la Polynésie française ;
    Actions à intenter ou à soutenir au nom de la Polynésie française et transactions sur les litiges ;
    Agrément des aérodromes privés ;
    Codification des réglementations de la Polynésie française et mise à jour annuelle des codes ;
    Délivrance des permis de travail et des cartes professionnelles pour les étrangers ;
    Ordre d’exécution des travaux prévus au budget de la Polynésie française ;
    Licences de pêche ;
    Création des charges et nomination des officiers publics et des officiers ministériels ;
10° Placement des fonds libres mentionnés au 23° de l’article 91 ;
11° Assignation des fréquences radioélectriques.
 
Art. 93- Le secrétaire général du gouvernement, les secrétaires généraux adjoints, chefs de services, directeurs d’offices ou d’établissements publics de la Polynésie française, les commissaires du gouvernement de la Polynésie française auprès desdits offices et établissements publics et auprès des groupements d’intérêt public sont nommés en conseil des ministres. Il est mis fin à leur fonction dans les mêmes conditions. Ces emplois sont laissés à la décision du gouvernement de la Polynésie française.
 
Sont également nommés en conseil des ministres, dans le cadre des statuts de ces établissements, le ou les représentants de la Polynésie française au conseil de surveillance de l’Institut d’émission d’outre-mer, le directeur et l’agent comptable de la Caisse de prévoyance sociale ainsi que les receveurs particuliers et les comptables des services et des établissements publics de la Polynésie française, à l’exception du comptable public, agent de l’Etat, chargé de la paierie de la Polynésie française.
 
Art. 94- Le conseil des ministres peut assortir les infractions aux réglementations qu’il édicte dans les matières relevant de sa compétence de sanctions administratives ainsi que d’amendes forfaitaires, dans le cadre défini par le code de procédure pénale, et de peines contraventionnelles n’excédant pas le maximum prévu pour des infractions de même nature par les lois et règlements applicables en matière pénale. Le produit des amendes est versé au budget de la Polynésie française.
 
Art. 95- (modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.16-II) « Sans préjudice des attributions qui leur sont confiées par les actes prévus à l’article 140 dénommés « lois du pays » et par les délibérations de l’ assemblée de la Polynésie française, les attributions individuelles » des ministres s’exercent par délégation du Président de la Polynésie française et dans le cadre des décisions prises par le conseil des ministres. Chaque ministre est responsable devant le conseil des ministres de la gestion des affaires et, le cas échéant, du fonctionnement des services relevant du secteur administratif dont il est chargé. Il tient le conseil des ministres régulièrement informé.
 
Art. 96- Le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement adressent directement aux chefs des services de la Polynésie française et, en application des conventions mentionnées à l’article 169, aux chefs des services de l’Etat toutes instructions nécessaires pour l’exécution des tâches qu’ils confient auxdits services. Ils contrôlent l’exécution de ces tâches.
 
Ils peuvent, sous leur surveillance et leur responsabilité, donner délégation de signature aux responsables des services de la Polynésie française, à ceux des services de l’Etat ainsi qu’aux membres de leur cabinet.
 
Art. 97- Le conseil des ministres est consulté par le ministre chargé de l’outre-mer ou par le haut-commissaire sur les questions et dans les matières suivantes :
 
     Préparation des plans opérationnels de secours nécessaires pour faire face aux risques majeurs et aux catastrophes et coordination et réquisition des moyens concourant à la sécurité civile ;
    Desserte aérienne relevant de la compétence de l’Etat ;
    Réglementation du contrôle de l’entrée et du séjour des étrangers et délivrance du titre de séjour ;
    Création et suppression des communes et de leurs groupements, modifications des limites territoriales des communes, des communes associées et des groupements de communes ; transfert du chef-lieu des communes et des communes associées ;
    Nomination du comptable public, agent de l’Etat, chargé de la paierie de la Polynésie française.
 
Le conseil des ministres dispose d’un délai d’un mois pour émettre son avis. Ce délai est de quinze jours en cas d’urgence, à la demande du haut-commissaire.
 
Les dispositions du présent article ne sont applicables ni aux projets et propositions de loi relatifs aux questions et matières mentionnées ci-dessus, ni aux projets d’ordonnance relatifs à ces questions et matières.
 
Art. 98- Le conseil des ministres peut émettre des vœux sur les questions relevant de la compétence de l’Etat. Ces vœux sont publiés au Journal officiel de la Polynésie française.
 
Art. 99- Le conseil des ministres est informé des projets d’engagements internationaux qui interviennent dans les domaines de compétence de la Polynésie française ou qui sont relatifs à la circulation des personnes entre la Polynésie française et les Etats étrangers.
 
Art. 100- Le conseil des ministres est informé des décisions prises par les autorités de la République en matière monétaire.
 
Il reçoit communication du budget, accompagné de ses annexes, de chacune des communes de la Polynésie française, après adoption par le conseil municipal.
 
Art. 101- Il est créé, auprès du conseil des ministres, un comité consultatif du crédit.
 
Ce comité est composé à parts égales de :
 
    Représentants de l’Etat ;
    Représentants du gouvernement de la Polynésie française ;
    Représentants des établissements bancaires et financiers exerçant une activité en Polynésie française ;
    Représentants des organisations professionnelles et syndicales intéressées.
 
Un décret détermine les règles d’organisation et de fonctionnement du comité.
 
Chapitre II
L’assemblée de la Polynésie française
 
Art. 102- L’assemblée de la Polynésie française règle par ses délibérations les affaires de la Polynésie française. Les compétences de la collectivité relevant du domaine de la loi sont exercées par l’assemblée de la Polynésie française.
Toutes les matières qui sont de la compétence de la Polynésie française relèvent de l’assemblée de la Polynésie française, à l’exception de celles qui sont attribuées par la présente loi organique au conseil des ministres ou au Président de la Polynésie française.
 
L’assemblée vote le budget et les comptes de la Polynésie française.
 
Elle contrôle l’action du président et du gouvernement de la Polynésie française.
 
Section 1
Composition et formation
 
Art. 103- L’assemblée de la Polynésie française est élue au suffrage universel direct.
 
Art. 104- L’assemblée de la Polynésie française est composée de cinquante-sept membres élus pour cinq ans et rééligibles. Elle se renouvelle intégralement.
 
Les pouvoirs de l’assemblée de la Polynésie française expirent lors de la première réunion de l’assemblée nouvellement élue en application des dispositions du premier alinéa du I de l’article 107. Cette disposition n’est pas applicable en cas de dissolution.
 
La Polynésie française est divisée en circonscriptions électorales. Chaque circonscription dispose d’un minimum de représentation. Ce minimum est fixé à trois sièges. Les sièges sont répartis de la manière suivante dans les circonscriptions ci-après désignées :
 
    La circonscription des îles du Vent comprend les communes de : Arue, Faaa, Hitiaa O Te Ra, Mahina, Moorea-Maiao, Paea, Papara, Papeete, Pirae, Punaauia, Taiarapu-Est, Taiarapu-Ouest et Teva I Uta. Elle élit trente-sept représentants ;
    La circonscription des îles Sous-le-Vent comprend les communes de : Bora Bora, Huahine, Maupiti, Tahaa, Taputapuatea, Tumaraa et Uturoa. Elle élit huit représentants ;
    La circonscription des îles Tuamotu de l’Ouest comprend les communes de : Arutua, Fakarava, Manihi, Rangiroa et Takaroa. Elle élit trois représentants ;
    La circonscription des îles Gambier et Tuamotu de l’Est comprend les communes de : Anaa, Fangatau, Gambier, Hao, Hikueru, Makemo, Napuka, Nukutavake, Pukapuka, Reao, Tatakoto et Tureia. Elle élit trois représentants ;
    La circonscription des îles Marquises comprend les communes de : Fatu Hiva, Hiva Oa, Nuku Hiva, Tahuata, Ua Huka et Ua Pou. Elle élit trois représentants ;
    La circonscription des îles Australes comprend les communes de : Raivavae, Rapa, Rimatara, Rurutu et Tubuai. Elle élit trois représentants.
 
Les limites des communes auxquelles se réfèrent les dispositions précédentes sont celles qui résultent des dispositions en vigueur à la date de promulgation de la présente loi organique.
 
Art. 105- (remplacé) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.3)
 « I. – L’élection des représentants à l’assemblée de la Polynésie française a lieu, dans chacune des circonscriptions définies à l’article 104, au scrutin de liste à un ou deux tours sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de l’ordre de présentation.
« II. – Si une liste a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour de scrutin, les sièges sont répartis à la représentation proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne, entre les listes qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés.
« Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l’attribution du dernier siège, celui-ci revient à la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages dans l’ensemble de la circonscription. En cas d’égalité de suffrages, le siège est attribué au plus âgé des candidats susceptibles d’être proclamés élus.
« Les sièges sont attribués aux candidats dans l’ordre de présentation.
« III. – Si aucune liste n’a recueilli la majorité absolue des suffrages exprimés au premier tour, il est procédé à un second tour, le deuxième dimanche qui suit le premier tour.
« Seules peuvent se présenter au second tour les listes ayant obtenu au premier tour un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % des suffrages exprimés ; si une seule liste obtient ce nombre de suffrages, la liste arrivée en deuxième au premier tour peut se présenter au second tour ; si aucune liste n’obtient un tel nombre de suffrages, peuvent se présenter au second tour les deux listes arrivées en tête au premier tour.
« Ces listes peuvent être modifiées dans leur composition pour comprendre des candidats ayant figuré au premier tour sur d’autres listes, sous réserve que celles-ci ne se présentent pas au second tour et qu’elles aient obtenu au premier tour au moins 5 % des suffrages exprimés. En cas de modification de la composition d’une liste, l’ordre de présentation des candidats peut également être modifié.
« Les candidats ayant figuré sur une même liste au premier tour ne peuvent figurer au second tour que sur une même liste. Le choix de la liste sur laquelle ils sont candidats au second tour est notifié aux services du haut-commissaire par le candidat placé en tête de la liste sur laquelle ils figuraient au premier tour.
« Les sièges sont répartis à la représentation proportionnelle, suivant la règle de la plus forte moyenne, entre les listes qui ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés au second tour.
« Sont applicables à cette répartition les deuxième et troisième alinéas du II. »
 
Art. 106- Chaque liste est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe.
 
Chaque liste comporte un nombre de candidats égal au nombre de sièges à pourvoir, augmenté du même nombre que le nombre de sièges à pourvoir, dans la limite de dix.
 
Nul ne peut être candidat sur plus d’une liste.
 
Art. 107- I. - Les élections pour le renouvellement intégral de l’assemblée de la Polynésie française sont organisées dans les deux mois qui précèdent l’expiration du mandat des membres sortants.
 
(Nouvel alinéa) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.3-II) « L’annulation des opérations électorales dans une circonscription entraîne l’organisation d’une nouvelle élection dans cette circonscription dans les trois mois suivant la lecture de l’arrêt du Conseil d’Etat. Les électeurs sont convoqués selon les modalités fixées au troisième alinéa. Le mandat des nouveaux membres expire en même temps que celui des autres membres de l’assemblée de la Polynésie française. »
 
Elles sont organisées dans les trois mois qui suivent l’annulation globale des opérations électorales, la démission de tous les membres de l’assemblée ou la dissolution de l’assemblée. Ce délai commence à courir soit à compter de la lecture de l’arrêt du Conseil d’Etat, soit à compter de la réception des démissions par le président de l’assemblée, soit à compter de la publication au Journal officiel de la République française du décret de dissolution.
 
Les électeurs sont convoqués par décret. Le décret est publié au Journal officiel de la Polynésie française quatre semaines au moins avant la date du scrutin.
 
II. - Lorsqu’un siège de représentant à l’assemblée de la Polynésie française devient vacant pour quelque cause que ce soit, il est pourvu par le candidat venant immédiatement après le dernier élu sur la liste dont le membre sortant est issu.
 
(Modifié) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.3-III) « Lorsque l’application de cette règle ne permet pas de combler une vacance, il est procédé dans les trois mois à une élection partielle.
 
« Lorsque la vacance porte sur un seul siège, l’élection a lieu au scrutin uninominal majoritaire à deux tours.
 
La déclaration de candidature comporte l’indication de la personne appelée à remplacer le candidat élu en cas de vacance du siège. Celle-ci doit remplir les conditions d’éligibilité exigées des candidats. Nul ne peut figurer en qualité de remplaçant sur plusieurs déclarations de candidature. Nul ne peut être à la fois candidat et remplaçant d’un autre candidat.
 
« Lorsque la vacance porte sur deux sièges, l’élection a lieu au scrutin de liste majoritaire à deux tours, avec dépôt de listes comportant autant de candidats que de sièges à pourvoir, augmentés de un sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de l’ordre de présentation.
 
« Dans les cas prévus aux troisième et quatrième alinéas du présent II, est élu au premier tour le candidat ou la liste qui a obtenu la majorité absolue des suffrages exprimés. Au second tour de scrutin, est élu le candidat ou la liste qui a obtenu le plus de voix. Seuls peuvent se présenter au second tour les candidats ou listes ayant obtenu au premier tour un nombre de suffrages au moins égal à 12,5 % du total des suffrages exprimés ; si un seul candidat ou une seule liste obtient ce nombre de suffrages, le candidat ou la liste arrivé en deuxième au premier tour peut se présenter au second tour ; si aucun candidat ou aucune liste n’obtient un tel nombre de suffrages, les deux candidats ou listes arrivés en tête au premier tour peuvent se maintenir au second tour.. .
 
« Lorsque la vacance porte sur trois sièges ou plus, l’élection a lieu dans les conditions fixées à l’article 105.
 
« Les nouveaux représentants sont élus pour la durée du mandat restant à courir. »
 
Toutefois, aucune élection partielle ne peut avoir lieu dans les six mois qui précèdent l’expiration normale du mandat des représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 
Les électeurs sont convoqués par arrêté du haut-commissaire après consultation du Président de la Polynésie française. L’arrêté est publié au Journal officiel de la Polynésie française quatre semaines au moins avant la date du scrutin.
 
Art. 108- Sont éligibles à l’assemblée de la Polynésie française les personnes âgées de dix-huit ans révolus, jouissant de leurs droits civils et politiques, n’étant dans aucun cas d’incapacité prévu par la loi et inscrites sur une liste électorale en Polynésie française ou justifiant qu’elles remplissent les conditions pour y être inscrites au jour de l’élection.
Art. 109- I. - Sont inéligibles à l’assemblée de la Polynésie française :
 
    Pendant un an à compter de la décision juridictionnelle constatant l’inéligibilité, le président et les membres de l’assemblée, le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement de la Polynésie française qui n’ont pas déposé l’une des déclarations prévues par le titre Ier de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique ;
    Les personnes privées, par décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, de leur droit d’éligibilité en application des lois qui autorisent cette privation ;
    Les hauts-commissaires de la République, les secrétaires généraux, secrétaires généraux adjoints du haut-commissariat, les directeurs du cabinet du haut-commissaire et les chefs de subdivisions administratives en exercice ou qui ont exercé leurs fonctions en Polynésie française depuis moins de trois ans ;
    Les personnes déclarées inéligibles en application de l’article L. 118-3 du code électoral ;
    Le médiateur de la République et le défenseur des enfants, sauf s’ils exerçaient le même mandat antérieurement à leur nomination.
 
II. - En outre, ne peuvent être élus membres de l’assemblée de la Polynésie française s’ils exercent leurs fonctions en Polynésie française ou s’ils les ont exercées depuis moins de six mois :
 
    Les magistrats des juridictions administratives et des juridictions judiciaires ;
    Les membres des corps d’inspection et de contrôle de l’Etat ;
    Les directeurs et chefs de service de l’Etat ;
    Le secrétaire général du gouvernement de la Polynésie française et les secrétaires généraux des institutions, les directeurs généraux, inspecteurs généraux, inspecteurs, directeurs, directeurs adjoints de la Polynésie française ou de l’un de ses établissements publics et le directeur du cabinet du Président de la Polynésie française.
 
III. - Ne peuvent pas non plus être élus membres de l’assemblée de la Polynésie française, exclusivement dans la circonscription où ils exercent ou ont exercé depuis moins de six mois leurs fonctions :
 
    Les officiers des armées de terre, de mer et de l’air et les personnels de la gendarmerie en activité en Polynésie française ;
    Les fonctionnaires des corps actifs de police en activité en Polynésie française ;
    Les chefs de circonscription administrative de la Polynésie française ;
    Les agents et comptables de la Polynésie française agissant en qualité de fonctionnaire employés à l’assiette, à la perception et au recouvrement des contributions directes ou indirectes et au paiement des dépenses publiques de toute nature.
 
Art. 110- Les employeurs sont tenus de laisser à leurs salariés candidats à l’assemblée de la Polynésie française le temps nécessaire pour participer à la campagne électorale dans la limite de dix jours ouvrables.
 
Sur demande de l’intéressé, la durée de ses absences est imputée sur celle du congé payé annuel dans la limite des droits qu’il a acquis à ce titre à la date du scrutin. Lorsqu’elles ne sont pas imputées sur le congé payé annuel, les absences ne sont pas rémunérées ; elles donnent alors lieu à récupération en accord avec l’employeur.
 
La durée de ces absences est assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des droits à congés payés ainsi que des droits liés à l’ancienneté.
 
Art. 111-  I. - Le mandat de représentant à l’assemblée de la Polynésie française est incompatible:
 
    Avec la qualité de Président de la Polynésie française ou de membre du gouvernement ou du conseil économique, social et culturel ;
    Avec la qualité de membre d’une assemblée ou d’un exécutif d’une collectivité à statut particulier régie par le premier alinéa de l’article 72 de la Constitution, d’une collectivité mentionnée au dernier alinéa de l’article 73 de la Constitution, d’une autre collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution ou de la collectivité régie par le titre XIII de la Constitution, ainsi qu’avec celle de conseiller général, de conseiller régional, de conseiller de Paris ou de membre de l’assemblée de Corse ;
    « Avec les fonctions de militaires en activité ; » (modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-IV-1°)
    Avec les fonctions de magistrat des juridictions administratives ou des juridictions judiciaires et avec les fonctions publiques non électives ;
    Avec les fonctions de directeur ou de président d’établissement public, lorsqu’elles sont rémunérées.
« 6o Avec les fonctions de dirigeant ou de membre de l’organe délibérant d’une des sociétés mentionnées aux articles 29 et 30, lorsqu’elles sont rémunérées ;
« 7o Avec les fonctions de président ou de membre de l’organe délibérant, ainsi que de directeur général ou de directeur général adjoint, exercées dans les entreprises nationales et établissements publics nationaux ayant une activité en Polynésie française, ou avec toute fonction exercée de façon permanente en qualité de conseil auprès de ces entreprises ou établissements ;
« 8o Avec les fonctions de chef d’entreprise, de président du conseil d’administration, de président ou de membre du directoire, de président du conseil de surveillance, d’administrateur délégué, de directeur général, directeur général adjoint ou gérant exercées dans :
« a) Les sociétés, entreprises ou établissements jouissant, sous forme de garanties d’intérêts, de subventions ou, sous forme équivalente, d’avantages assurés par la Polynésie française ou ses établissements publics, sauf dans le cas où ces avantages découlent nécessairement de l’application d’une législation ou d’une réglementation de portée générale en vigueur en Polynésie française ;
« b) Les sociétés ou entreprises dont l’activité consiste principalement dans l’exécution de travaux, la prestation de fournitures ou de services pour le compte ou sous le contrôle de la Polynésie française ou de l’un de ses établissements publics ;
« c) Les sociétés dont plus de la moitié du capital est constituée par des participations de sociétés, entreprises ou établissements visés aux a et b ;
« 9o Avec l’exercice des fonctions conférées par un Etat étranger ou une organisation internationale et rémunérées sur leurs fonds.
« L’incompatibilité définie au 7o ne s’applique pas au représentant désigné, soit en cette qualité, soit du fait d’un mandat électoral local, comme président ou comme membre de l’organe délibérant d’une entreprise nationale ou d’un établissement public en application des textes organisant cette entreprise ou cet établissement.
« Le 8o est applicable à toute personne qui, directement ou par personne interposée, exerce en fait la direction de l’établissement, de la société ou de l’entreprise en cause. » ; (complété par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-IV-2°)
 
II. - Un représentant à l’assemblée de la Polynésie française ne peut cumuler son mandat avec plus d’un des mandats suivants : conseiller municipal, député ou sénateur, représentant au Parlement européen.
 
Si le candidat appelé à remplacer un représentant à l’assemblée de la Polynésie française se trouve dans l’un des cas d’incompatibilité mentionnés au présent II, il dispose d’un délai de trente jours à compter de la vacance pour faire cesser l’incompatibilité en démissionnant de la fonction ou du mandat de son choix. A défaut d’option dans le délai imparti, le haut-commissaire constate l’incompatibilité et le remplacement est assuré par le candidat suivant dans l’ordre de la liste.
 
III. - Un représentant à l’assemblée de la Polynésie française élu dans une autre circonscription de la Polynésie française cesse, de ce fait même, de représenter la première des deux circonscriptions dans laquelle il a été élu. Toutefois, en cas de contestation de la nouvelle élection, la vacance du siège n’est proclamée qu’à compter de la décision du Conseil d’Etat statuant sur le recours ; jusqu’à l’intervention de cette décision, l’élu peut participer aux travaux de l’assemblée au titre de son seul nouveau mandat.
 
« IV. – Il est interdit à tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française d’accepter, en cours de mandat, une fonction de membre du conseil d’administration ou de surveillance dans l’un des établissements, sociétés ou entreprises visés au I.
 
« V. – Il est interdit à tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française de commencer à exercer une fonction de conseil qui n’était pas la sienne avant le début de son mandat.
« Cette interdiction n’est pas applicable aux membres des professions libérales soumises à un statut législatif ou réglementaire ou dont le titre est protégé.
 
« VI. – Nonobstant les dispositions du I, les représentants à l’assemblée de la Polynésie française peuvent être désignés par cette assemblée pour représenter la Polynésie française dans des organismes d’intérêt local, à la condition que ces organismes n’aient pas pour objet propre de faire ni de distribuer des bénéfices et que les intéressés n’y occupent pas de fonctions rémunérées.
 
« En outre, les représentants à l’assemblée de la Polynésie française peuvent exercer les fonctions de président du conseil d’administration, d’administrateur délégué ou de membre du conseil d’administration des sociétés d’économie mixte d’équipement local ou des sociétés ayant un objet exclusivement social lorsque ces fonctions ne sont pas rémunérées.
 
« VII. – Il est interdit à tout avocat inscrit à un barreau, lorsqu’il est investi du mandat de représentant à l’assemblée de la Polynésie française, d’accomplir directement ou indirectement, par l’intermédiaire d’un associé, d’un collaborateur ou d’un secrétaire, aucun acte de sa profession dans les affaires à l’occasion desquelles des poursuites pénales sont engagées devant les juridictions répressives pour crimes et délits contre la Nation, l’Etat et la paix publique ou en matière de presse ou d’atteinte au crédit ou à l’épargne ; il lui est interdit, dans les mêmes conditions, de plaider ou de consulter pour le compte de l’une des sociétés, entreprises ou établissements visés au I dont il n’était pas habituellement le conseil avant son élection, ou de plaider contre l’Etat ou ses établissements publics, les sociétés nationales, la Polynésie française ou ses établissements publics, les communes de Polynésie française ou leurs établissements publics.
« VIII. – Il est interdit à tout représentant de faire ou de laisser figurer son nom suivi de l’indication de sa qualité dans toute publicité relative à une entreprise financière, industrielle ou commerciale.
 
« IX. – Il est interdit à tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française de prendre une part active aux actes relatifs à une affaire à laquelle il est intéressé soit en son nom personnel, soit comme mandataire. » (complété par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-IV-3°)
 
Art. 112- I. - Tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française dont l’inéligibilité se révélera après l’expiration du délai pendant lequel son élection peut être contestée ou qui, pendant la durée de son mandat, se trouvera frappé de l’une des incapacités qui fait perdre la qualité d’électeur est déclaré démissionnaire par arrêté du haut-commissaire soit d’office, soit sur la réclamation de tout électeur.
 
(Modifié)(loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-V) « II. – Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui, lors de son élection, se trouve dans l’un des cas d’incompatibilité prévus au présent titre doit, dans les trente jours qui suivent son entrée en fonction ou, en cas de contestation de l’élection, la décision du Conseil d’Etat, démissionner de son mandat de représentant ou mettre fin à la situation incompatible avec l’exercice de celui-ci. Si la cause d’incompatibilité survient postérieurement à l’élection, le droit d’option est ouvert dans les mêmes conditions.
 
« A l’expiration du délai prévu au premier alinéa, le représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui se trouve dans un des cas d’incompatibilité prévus au présent titre est déclaré démissionnaire d’office par le Conseil d’Etat, statuant au contentieux, à la requête du haut-commissaire de la République ou de tout représentant.
 
« Dans le délai prévu au premier alinéa, tout représentant est tenu d’adresser au haut-commissaire de la République une déclaration certifiée sur l’honneur exacte et sincère comportant la liste des activités professionnelles ou d’intérêt général, même non rémunérées, qu’il envisage de conserver ou attestant qu’il n’en exerce aucune. En cours de mandat, il doit déclarer dans les mêmes formes tout élément de nature à modifier sa déclaration initiale. Ces déclarations sont publiées au Journal officiel de la Polynésie française.
 
« Le haut-commissaire de la République examine si les activités ainsi déclarées sont compatibles avec le mandat de représentant à l’assemblée de la Polynésie française. S’il y a doute sur la compatibilité des fonctions ou activités exercées ou en cas de contestation à ce sujet, le haut-commissaire, le représentant lui-même ou tout autre représentant saisit le Conseil d’Etat, statuant au contentieux, qui apprécie si le représentant intéressé se trouve dans un cas d’incompatibilité.
 
« Si une incompatibilité est constatée, le représentant à l’assemblée de la Polynésie française doit régulariser sa situation dans un délai de trente jours à compter de la notification qui lui est faite de la décision du Conseil d’Etat. A défaut, le Conseil d’Etat le déclare démissionnaire d’office de son mandat.
 
« Le représentant qui n’a pas procédé à la déclaration prévue au troisième alinéa est déclaré démissionnaire d’office sans délai par le Conseil d’Etat à la requête du haut-commissaire ou de tout représentant.
 
« La démission d’office est aussitôt notifiée au haut-commissaire, au président de l’assemblée de la Polynésie française et à l’intéressé. Elle n’entraîne pas d’inéligibilité.
 
(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-V) « III. – Par dérogation au II, le représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui a méconnu l’une des interdictions édictées aux VII à IX de l’article 111 est déclaré démissionnaire d’office, sans délai, par le Conseil d’Etat, à la requête du haut-commissaire de la République ou de tout représentant. La démission d’office n’entraîne pas d’inéligibilité.
 
(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.18-V) « IV. – Un décret en Conseil d’Etat fixe, en tant que de besoin, les modalités d’application du présent article. »
 
Art. 113- I. - Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui a la qualité d’agent public au moment de son élection est placé en dehors du cadre de l’administration ou du corps auquel il appartient dans les conditions prévues par le statut ou le contrat qui le régit. Il est, à l’expiration de son mandat, réintégré à sa demande, selon le cas, dans le cadre ou le corps auquel il appartenait avant son élection à l’assemblée de la Polynésie française, éventuellement en surnombre, ou dans l’entreprise du secteur public qui l’employait sous un régime de droit public ou de droit privé.
 
II. - Lorsque le représentant à l’assemblée de la Polynésie française a la qualité de salarié à la date de son élection, il peut bénéficier, à sa demande, d’une suspension de son contrat de travail. Cette demande est satisfaite de plein droit dès lors que le salarié justifie, à la date de l’élection, d’une ancienneté minimale d’une année dans l’entreprise.
 
Art. 114- La démission d’un représentant à l’assemblée de la Polynésie française est adressée au président de l’assemblée, qui en informe immédiatement le haut-commissaire et le Président de la Polynésie française. Cette démission prend effet dès sa réception par le président de l’assemblée.
 
Art. 115- Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui manque à une session ordinaire sans excuse légitime admise par l’assemblée de la Polynésie française est déclaré démissionnaire d’office par l’assemblée lors de la dernière séance de la session.
 
Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française présumé absent au sens de l’article 112 du code civil est provisoirement remplacé à l’assemblée, dès l’intervention du jugement constatant la présomption d’absence, par le candidat venant immédiatement après le dernier élu sur la liste dont le présumé absent est issu.
 
Art. 116- Les élections à l’assemblée de la Polynésie française peuvent être contestées dans les quinze jours suivant la proclamation des résultats, par tout candidat ou tout électeur de la circonscription, devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux.
 
Le même droit est ouvert au haut-commissaire s’il estime que les conditions et les formes légalement prescrites n’ont pas été respectées.
 
La proclamation du candidat devenu représentant à l’assemblée de la Polynésie française par application du premier alinéa du II de l’article 107 peut être contestée dans le délai de quinze jours à compter de la date à laquelle ce candidat a remplacé le représentant à l’assemblée de la Polynésie française dont le siège est devenu vacant.
 
La constatation par le Conseil d’Etat de l’inéligibilité d’un ou de plusieurs candidats n’entraîne l’annulation de l’élection que du ou des élus déclarés inéligibles. Le Conseil d’Etat proclame en conséquence l’élection du ou des suivants de liste.
 
Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française dont l’élection est contestée reste en fonction jusqu’à ce qu’il ait été définitivement statué sur la réclamation.
 
(Nouvel alinéa) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.3-IV) « Saisi dans les conditions fixées au troisième alinéa de l’article L. 52-15 du code électoral, le Conseil d’Etat peut déclarer inéligible pendant un an le candidat dont le compte de campagne, le cas échéant après réformation, fait apparaître un dépassement du plafond des dépenses électorales. Dans les autres cas, le Conseil d’Etat peut ne pas prononcer l’inéligibilité du candidat dont la bonne foi est établie. Si le Conseil d’Etat a déclaré inéligible un candidat proclamé élu, il annule son élection ou, si l’élection n’a pas été contestée, le déclare démissionnaire d’office. »
 
Art. 117- Les recours contre les arrêtés mentionnés à l’article 112 et contre les délibérations mentionnées à l’article 115 sont portés devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux. Ils sont suspensifs. Toutefois, le recours n’est pas suspensif lorsqu’un représentant à l’assemblée de la Polynésie française est déclaré démissionnaire d’office à la suite d’une condamnation pénale devenue définitive prononcée à son encontre et entraînant de ce fait la perte de ses droits civiques, civils et de famille.
 
Section 2
Règles de fonctionnement
 
Art. 118- L’assemblée de la Polynésie française siège au chef-lieu de la Polynésie française. Elle peut, pour certaines séances, fixer un autre lieu de réunion.
 
Elle se réunit de plein droit le deuxième jeudi qui suit l’élection de ses membres, sous la présidence de son doyen d’âge.
 
Art. 119- L’assemblée de la Polynésie française tient chaque année deux sessions ordinaires qui s’ouvrent de plein droit à des dates et pour des durées fixées « par son règlement intérieur. »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.19)
 
Les sessions sont ouvertes et closes dans les conditions prévues par le règlement intérieur de l’assemblée de la Polynésie française. Au cas où l’assemblée ne s’est pas réunie conformément aux dispositions précédentes, le haut-commissaire met en demeure son président de procéder à la convocation de celle-ci dans les quarante-huit heures. A défaut, le haut-commissaire convoque l’assemblée en session ordinaire.
 
Art. 120- L’assemblée de la Polynésie française se réunit en session extraordinaire sur convocation de son président à la suite de la demande qui lui est présentée par écrit soit par le Président de la Polynésie française, soit par la majorité absolue de ses membres, soit par le haut-commissaire en cas de circonstances exceptionnelles.
 
La demande comporte la date d’ouverture et l’ordre du jour de la session. La demande présentée par le Président de la Polynésie française ou par la majorité des représentants à l’assemblée de la Polynésie française est notifiée au haut-commissaire.
 
Au cas où l’assemblée de la Polynésie française ne s’est pas réunie au jour fixé par la demande, le haut-commissaire met en demeure le président de l’assemblée de procéder à la convocation de celle-ci dans les quarante-huit heures. Si l’assemblée ne s’est pas réunie dans ce délai, le haut-commissaire convoque l’assemblée en session extraordinaire sans délai.
 
La durée de chaque session extraordinaire ne peut excéder un mois.
 
La durée cumulée des sessions extraordinaires tenues entre deux sessions ordinaires ne peut excéder deux mois.
 
Les dispositions des deux alinéas précédents ne sont pas applicables aux sessions extraordinaires tenues à la demande du haut-commissaire.
 
Art. 121- (Modifié) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.4)− L’assemblée de la Polynésie française élit son président pour la durée du mandat de ses membres. Elle élit chaque année les autres membres de son bureau à la représentation proportionnelle des groupes politiques et dans les conditions fixées par son règlement intérieur.
 
« En cas de vacance des fonctions de président de l’assemblée de la Polynésie française, il est procédé au renouvellement intégral du bureau.
 
« Lors du renouvellement annuel des membres du bureau ou lors de la première réunion suivant le renouvellement d’une partie des membres de l’assemblée de la Polynésie française, celle-ci peut décider, à la majorité absolue de ses membres, de procéder au renouvellement intégral du bureau. »
 
Art. 122- L’assemblée de la Polynésie française ne peut délibérer que si plus de la moitié de ses membres en exercice sont présents à l’ouverture de la séance.
 
Si le quorum n’est pas atteint à l’ouverture de la séance, celle-ci est renvoyée au lendemain, dimanche et jours fériés non compris ; elle peut alors être tenue quel que soit le nombre des présents.
 
Dans les cas prévus aux deux précédents alinéas, les noms des absents sont inscrits au procès-verbal.
 
Le vote par procuration est autorisé dans la limite d’une procuration par représentant à l’assemblée de la Polynésie française. Il est toutefois interdit pour l’élection du Président de la Polynésie française, du président et du bureau de l’assemblée de la Polynésie française et pour le vote d’une « motion de défiance ou de renvoi. »(modifié par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.5-IV-2°.)
 
Art. 123- L’assemblée de la Polynésie française établit son règlement intérieur. Ce règlement fixe les modalités de son fonctionnement qui ne sont pas prévues au présent titre. Il est publié au Journal officiel de la Polynésie française. Il peut être déféré au Conseil d’Etat statuant au contentieux.
 
« Il est adopté à la majorité absolue des membres de l’ assemblée. »(complété par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.20)
 
Art. 124- (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.21) « Le fonctionnement des groupes d’élus à l’assemblée de la Polynésie française peut faire l’objet de délibérations sans que puissent être modifiées, à cette occasion, les décisions relatives au régime indemnitaire des élus prévu à l’article 126.
 
« Les groupes politiques à l’assemblée de la Polynésie française se constituent par la remise au président de l’assemblée d’une déclaration, signée de leurs membres, accompagnée de la liste de ceux-ci et du nom de leur représentant.
 
« Dans les conditions qu’elle définit, l’assemblée de la Polynésie française peut affecter aux groupes d’élus, pour leur usage propre ou pour un usage commun, un local administratif, du matériel de bureau et prendre en charge leurs frais de documentation, de courrier et de télécommunications.
 
Lorsque des élus n’appartenant pas à la majorité de l’assemblée de la Polynésie française forment un groupe, ils disposent sans frais, à leur demande, du prêt d’un local commun et de matériel de bureau.
 
« Le président de l’assemblée de la Polynésie française peut, dans les conditions fixées par l’assemblée de la Polynésie française et sur proposition des représentants de chaque groupe, affecter aux groupes d’élus une ou plusieurs personnes. L’assemblée de la Polynésie française ouvre dans son budget, sur un chapitre spécialement créé à cet effet, les crédits nécessaires à ces dépenses sans que les dépenses de personnel puissent excéder 30 % du montant total des indemnités versées chaque année aux membres de l’assemblée.
 
« Le président de l’assemblée de la Polynésie française est l’ordonnateur des dépenses susmentionnées. L’élu responsable de chaque groupe d’élus décide des conditions et modalités d’exécution du service confié que ces collaborateurs accomplissent auprès de ces groupes au sein de l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Lorsque la collectivité diffuse, sous quelque forme que ce soit, un bulletin d’information générale sur les réalisations et la gestion de l’assemblée de la Polynésie française, un espace est réservé à l’expression des groupes d’élus. Les modalités d’application de cette disposition sont définies par le règlement intérieur.
 
« Les autres conditions de fonctionnement des groupes politiques sont déterminées par le règlement intérieur. »
 
Art. 125- L’assemblée de la Polynésie française fixe l’ordre du jour de ses séances, sous réserve des dispositions de l’article 153, et établit un procès-verbal de chacune de ses séances.
 
Art. 126- Les représentants à l’assemblée de la Polynésie française perçoivent mensuellement une indemnité dont le montant est fixé par l’assemblée par référence au traitement des agents publics de la Polynésie française. Cette indemnité est versée jusqu’à la première réunion de l’assemblée prévue au deuxième alinéa de l’article 118.
 
Cette indemnité peut se cumuler avec celle de membre du Parlement dans le respect des conditions fixées par l’article 4 de l’ordonnance n° 58-1210 du 13 décembre 1958 portant loi organique relative à l’indemnité des membres du Parlement.
 
« L’assemblée de la Polynésie française détermine les garanties accordées aux membres qui la composent en ce qui concerne les autorisations d’absence ou le crédit d’heures, la formation et la protection sociale, ainsi que celles accordées dans l’exercice d’une activité professionnelle ou à l’issue du mandat. Ces garanties sont au moins équivalentes à celles prévues par le droit commun applicable aux autres collectivités territoriales de la République. » (Modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.22-I)
 
L’assemblée de la Polynésie française prévoit, par son règlement intérieur, les conditions dans lesquelles tout ou partie de l’indemnité mentionnée au premier alinéa sera retenue lorsqu’un représentant à l’assemblée de la Polynésie française aura été absent sans excuses valables à un nombre déterminé de séances de l’assemblée ou de ses commissions.
 
Art. 127- I. - L’assemblée de la Polynésie française élit chaque année en son sein la commission permanente, à la représentation proportionnelle des groupes selon le système de la plus forte moyenne.
 
La commission permanente élit son président, son vice-président et son secrétaire. Ce vote est personnel.
 
La commission permanente fixe son ordre du jour, sous réserve des dispositions de l’ article 153.
 
II. - Entre les sessions, la commission permanente :
 
    Règle par ses délibérations les affaires qui lui ont été renvoyées par l’assemblée de la Polynésie française ou qui lui sont adressées directement par le gouvernement de la Polynésie française, lorsque celui-ci en a déclaré l’urgence;
    Emet des avis sur les textes pour lesquels la consultation de l’assemblée de la Polynésie française par l’Etat est prévue ;
    Adopte les résolutions mentionnées à l’article 133 et à l’article 135.
 
Elle n’a pas compétence pour adopter les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, le budget annuel et le compte administratif de la Polynésie française, pour se prononcer sur la « motion de défiance ou de renvoi »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.5-IV-3°) ni pour décider de recourir au référendum local.
 
Elle ne peut procéder à des virements de crédits d’un chapitre à l’autre que si ces virements interviennent à l’intérieur d’une même section du budget et s’ils sont maintenus dans la limite du quart de la dotation de chacun des chapitres intéressés. Elle peut néanmoins ouvrir des crédits correspondant à des ressources affectées au-delà de cette limite.
 
III. - Le règlement intérieur de l’assemblée détermine les conditions de fonctionnement de la commission permanente.
 
Art. 128- Les séances de l’assemblée de la Polynésie française sont publiques, sauf si l’assemblée en décide autrement à la majorité absolue des membres présents ou représentés. Le président peut décider qu’une séance sera retransmise par des moyens de communication audiovisuelle.
 
Les séances de l’assemblée de la Polynésie française font l’objet d’un compte rendu intégral publié au Journal officiel de la Polynésie française « et rendu accessible au public sur support numérique, dans un délai de huit jours à compter de ces séances. »(complété par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.23-I)
 
Art. 129- L’assemblée de la Polynésie française dispose de l’autonomie financière. Le budget de l’assemblée de la Polynésie française est présenté et exécuté dans les mêmes formes et selon les mêmes règles que celles applicables au budget de la Polynésie française. Les modifications sont approuvées par le bureau de l’assemblée, dans les mêmes limites que celles fixées par le dernier alinéa du II de l’article 127.
 
Son président est ordonnateur du budget de l’assemblée ; il peut déléguer ses pouvoirs d’ordonnateur à un questeur. Il peut adresser un ordre de réquisition au comptable de la Polynésie française dans les conditions fixées à l’article LO 274-5 du code des juridictions financières, mais ne peut pas déléguer ce pouvoir.
 
Les crédits nécessaires au budget de l’assemblée font l’objet de propositions préparées par une commission dont les membres sont désignés par l’assemblée de la Polynésie française. Les propositions ainsi arrêtées sont transmises au Président de la Polynésie française, au plus tard le 15 octobre, et inscrites au projet de budget de la Polynésie française auquel est annexé un rapport explicatif.
 
La progression d’une année sur l’autre du budget de fonctionnement de l’assemblée ne peut à représentation constante excéder celle de l’évolution prévisible des recettes ordinaires telle qu’elle est communiquée à l’assemblée, au plus tard le 1er octobre, par le Président de la Polynésie française.
 
« Art. 129-1 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17- IV). Dans les conditions fixées par son règlement intérieur, l’assemblée de la Polynésie française fixe les attributions de la commission de contrôle budgétaire et financier, ainsi que les modalités selon lesquelles les représentants élisent ses membres à la représentation proportionnelle des groupes politiques.
 
« La Polynésie française peut conclure avec l’Etat une convention qui détermine les conditions dans lesquelles des agents de l’Etat sont, en application du deuxième alinéa de l’article 169, mis à disposition de l’assemblée de la Polynésie française pour assister sa commission de contrôle budgétaire et financier dans l’exercice de ses attributions. Cette convention est signée par le haut-commissaire de la République et le président de l’assemblée de la Polynésie française. »
 
Section 3
Attributions de l’assemblée
 
Art. 130- Tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française a le droit, dans le cadre de sa fonction, d’être informé des affaires qui font l’objet d’un projet ou d’une proposition d’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” ou d’autres délibérations.
 
A cette fin, les représentants reçoivent, douze jours au moins avant la séance pour un projet ou une proposition d’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” et quatre jours au moins avant la séance pour un projet ou une proposition d’autre délibération, un rapport sur chacune des affaires inscrites à l’ordre du jour.
 
Art. 131- « Deux séances par mois au moins sont réservées » par priorité aux questions des représentants et aux réponses du président et des membres du gouvernement.(modifié par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.24-1°)
 
« Les représentants à l’assemblée de la Polynésie française peuvent poser des questions écrites aux ministres, qui sont tenus d’ y répondre dans un délai d’ un mois. »(complété par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.24-2°)
 
Art. 132- L’assemblée de la Polynésie française peut créer des commissions d’enquête composées à la représentation proportionnelle des groupes politiques qui la composent.
 
Le régime des commissions d’enquête est défini par une délibération de l’assemblée de la Polynésie française.
 
Art. 133- Dans les matières de la compétence de l’Etat, l’assemblée de la Polynésie française ou sa commission permanente peut adopter des résolutions tendant soit à étendre des lois ou règlements en vigueur en métropole, soit à abroger, modifier ou compléter les dispositions législatives ou réglementaires applicables en Polynésie française.
 
Ces résolutions sont adressées, selon les cas, par le président de l’assemblée de la Polynésie française ou de sa commission permanente au Président de la Polynésie française et au haut-commissaire. Celui-ci les transmet au ministre chargé de l’outre-mer.
 
Ces résolutions sont publiées au Journal officiel de la Polynésie française.
 
Art. 134- L’assemblée de la Polynésie française est consultée sur les créations et suppressions de communes de la Polynésie française.
 
Elle est également consultée, en cas de désaccord du conseil des ministres de la Polynésie française ou des conseils municipaux intéressés, sur la modification des limites territoriales des communes et des communes associées et le transfert de leur chef-lieu.
 
Art. 135- Le haut-commissaire soumet à l’assemblée de la Polynésie française les propositions d’actes des Communautés européennes et de l’Union européenne qui sont relatives à l’association des pays d’outre-mer à la Communauté européenne.
 
L’assemblée de la Polynésie française peut voter des résolutions, qui sont adressées par son président au Président de la Polynésie française et au haut-commissaire.
 
Section 4
Attributions du président de l’assemblée
 
Art. 136- Le président exerce seul la police de l’assemblée dans l’enceinte de celle-ci. Il peut faire expulser de la salle des séances toute personne qui trouble l’ordre. En cas de crime ou de délit flagrant, il peut faire procéder à des arrestations ; il en dresse procès-verbal et le procureur de la République en est immédiatement saisi.
 
En cas de besoin, le président de l’assemblée de la Polynésie française peut faire appel au haut-commissaire pour s’assurer le concours de la force publique.
 
Art. 137- Le président de l’assemblée de la Polynésie française nomme les agents des services de l’assemblée. Les agents sont recrutés dans le respect des règles applicables aux agents employés par les services de la Polynésie française. Tous les actes de gestion de ce personnel sont effectués par le président de l’assemblée.
 
Le président de l’assemblée de la Polynésie française décide d’intenter les actions ou de défendre devant les juridictions au nom de l’assemblée de la Polynésie française, sans préjudice de l’application des dispositions du 25° de l’article 91.
 
Art. 138- Le président de l’assemblée de la Polynésie française peut déléguer sa signature aux vice-présidents, aux responsables des services administratifs et aux membres de son cabinet.
 
Section 5
« Lois du pays » et délibérations
 
Art. 139- L’assemblée de la Polynésie française adopte des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et des délibérations.
 
Art. 140- «Les actes de l’assemblée de la Polynésie française, dénommés “lois du pays”, sur lesquels le Conseil d’Etat exerce un contrôle juridictionnel spécifique, sont ceux qui, relevant du domaine de la loi, soit ressortissent à la compétence de la Polynésie française en application de l’article 13, soit sont pris au titre de la participation de la Polynésie française à l’exercice des compétences de l’Etat dans les conditions prévues aux articles 31 à 36. »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.25-I)
 
Les actes pris sur le fondement du présent article peuvent être applicables, lorsque l’intérêt général le justifie, aux contrats en cours.
 
Art. 141- L’initiative des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et des autres délibérations appartient concurremment au gouvernement et aux représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 
Les projets d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” sont soumis, pour avis, au haut conseil de la Polynésie française avant leur adoption par le conseil des ministres.
 
Les propositions d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” sont soumises, pour avis, au haut conseil de la Polynésie française avant leur « inscription à l’ ordre du jour » (modifié par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.25-II). Le vote de l’assemblée de la Polynésie française ne peut intervenir avant que le haut conseil ait rendu son avis. En cas d’urgence, à la demande du Président de la Polynésie française ou du président de l’assemblée, l’avis est réputé donné s’il n’est pas intervenu dans un délai d’un mois.
 
Tout projet ou proposition d’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” ou d’autre délibération est accompagné d’un exposé des motifs.
 
Art. 142- Sur chaque projet ou proposition d’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays”, « un représentant à l’ assemblée de la Polynésie française est désigné en qualité de rapporteur, dans les conditions prévues aux articles 31 à 36. » (Modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.25-III)
 
Aucun projet ou proposition d’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” ne peut être mis en discussion et aux voix s’il n’a fait au préalable l’objet d’un rapport écrit, conformément à l’article 130, déposé, imprimé et publié dans les conditions fixées par le règlement intérieur.
 
Les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” sont adoptés par l’assemblée de la Polynésie française au scrutin public, à la majorité des membres qui la composent.
 
Art. 143- Les actes de l’assemblée de la Polynésie française et de la commission permanente sont transmis, par leur président ou leur vice-président, au plus tard le deuxième jour ouvrable suivant leur adoption, au Président de la Polynésie française et au haut-commissaire. Les procès-verbaux des séances sont transmis au Président de la Polynésie française « et au haut-commissaire » dans un délai de huit jours. (Complété par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.23-II)
 
Pendant les huit jours qui suivent l’adoption d’une délibération, le conseil des ministres peut soumettre cette délibération ou certaines de ses dispositions à une nouvelle lecture de l’assemblée.
 
Pendant les huit jours qui suivent l’adoption d’un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays”, le haut-commissaire de la République et le conseil des ministres peuvent soumettre cet acte ou certaines de ses dispositions à une nouvelle lecture de l’assemblée.
 
Dans les cas prévus aux alinéas précédents, la nouvelle lecture ne peut être refusée ; elle ne peut intervenir moins de huit jours après la demande. Si elle n’est pas en session, l’assemblée est spécialement réunie à cet effet, sans que les dispositions relatives à la durée des sessions prévues à l’article 120 soient opposables.
 
Art. 144- I. – « Le budget de la Polynésie française est votée en équilibre réel, les recettes et les dépenses ayant été évaluées de façon sincère. »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.31-I)
 
Le budget de la Polynésie française est en équilibre réel lorsque la section de fonctionnement et la section d’investissement sont respectivement votées en équilibre et lorsque le prélèvement sur les recettes de la section de fonctionnement au profit de la section d’investissement, ajouté aux recettes propres de cette section, à l’exclusion du produit des emprunts, et éventuellement aux dotations des comptes d’amortissement et de provision, fournit des ressources suffisantes pour couvrir le remboursement en capital des annuités d’emprunts à échoir au cours de l’exercice.
 
Ne sont obligatoires pour la Polynésie française que les dépenses nécessaires à l’acquittement des dettes exigibles et des dépenses pour lesquelles la présente loi organique l’a expressément décidé.
 
Aucune augmentation de dépenses ou diminution de recettes ne peut être adoptée si elle ne trouve pas sa contrepartie dans les recettes prévues ou si elle n’est pas accompagnée d’une proposition de relèvement de taxe, de création de taxe ou d’économie de même importance.
 
II. - Le budget de la Polynésie française est voté selon la procédure prévue à l’article « 185-1 ». Lorsqu’il n’est pas en équilibre réel, il est fait application de la procédure prévue à l’article « 185-3 »(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-V).
 
(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17-V)  III. – « L’assemblée de la Polynésie française définit, par une délibération distincte du vote du budget ou par un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays”, les conditions et critères d’attribution des aides financières et d’octroi des garanties d’emprunt aux personnes morales.
 
« Toutefois, pour les aides financières dont l’attribution n’est pas assortie de conditions, l’assemblée de la Polynésie française peut décider :
« 1o D’individualiser au budget les crédits par bénéficiaire ;
« 2o D’établir, dans un état annexé au budget, une liste des bénéficiaires avec, pour chacun d’eux, l’objet et le montant de l’aide financière.
« L’individualisation des crédits ou la liste établie conformément au 2o vaut décision d’attribution des aides financières précitées. »
 
Si une dépense obligatoire a été omise ou si le crédit correspondant à cette dépense a été insuffisamment doté au budget de la Polynésie française, il est fait application de la procédure prévue à l’article « 185-4 ».(modifié par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-V)
 
« Art. 144-1.(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.31-II)− Dans un délai de deux mois précédant l’examen du budget primitif, un débat a lieu à l’assemblée de la Polynésie française sur les orientations budgétaires de l’exercice ainsi que sur les engagements pluriannuels envisagés.
 
« Le projet de budget de la Polynésie française est préparé et présenté par le président de la Polynésie française qui est tenu de le communiquer aux membres de l’assemblée de la Polynésie française avec les rapports correspondants, douze jours au moins avant l’ouverture de la première réunion consacrée à l’examen dudit projet.
 
« Le budget primitif, le budget supplémentaire et les décisions modificatives sont votés par l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Art. 144-2 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.31-II)− La commission de contrôle budgétaire et financier remet au président de la Polynésie française, aux autres membres du gouvernement et aux membres de l’assemblée de la Polynésie française, au plus tard le 31 mai de chaque année, un rapport dressant le bilan de son activité et comportant en annexe le compte rendu de ses débats, ainsi que les décisions qu’elle a prises, au cours de l’année précédente. Ce rapport est publié au Journal officiel de la Polynésie française dans un délai de cinq jours à compter de son dépôt.
 
Dans le mois suivant son dépôt, ce rapport fait l’objet d’un débat à l’assemblée de la Polynésie française. »
 
Art. 145- (Modifié)(loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.31-III) «Lorsque le budget de la Polynésie française a été adopté, les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, relatifs aux impôts et taxes, entrent en vigueur le 1er janvier qui suit la date de la première réunion de l’assemblée de la Polynésie française consacrée à l’examen du projet de budget alors même qu’ils n’auraient pas été publiés avant cette date.
 
« Par dérogation au premier alinéa des I et II de l’article 176 et au premier alinéa des articles 178 et 180, ils sont publiés au Journal officiel de la Polynésie française et promulgués par le président de la Polynésie française au plus tard le lendemain de leur adoption et peuvent, à compter de la publication de leur acte de promulgation, faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat au titre du contrôle juridictionnel spécifique des actes dénommés “lois du pays” prévu par la présente loi organique.
 
« S’il est saisi à ce titre, par dérogation aux deuxième et troisième alinéas de l’article 177, le Conseil d’Etat annule toute disposition contraire à la Constitution, aux lois organiques, aux engagements internationaux ou aux principes généraux du droit. »
 
Art. 146- Est nul tout acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” ou toute délibération de l’assemblée de la Polynésie française, quel qu’en soit l’objet, pris hors du temps des sessions ou hors du lieu des séances.
 
Chapitre III
Le Conseil économique, social et culturel
 
Art. 147- Le Conseil économique, social et culturel de la Polynésie française est composé de représentants des groupements professionnels, des syndicats, des organismes et des associations qui concourent à la vie économique, sociale ou culturelle de la Polynésie française.
 
Chaque catégorie d’activité est représentée, au sein du Conseil économique, social et culturel, par un nombre de conseillers correspondant à l’importance de cette activité dans la vie économique, sociale et culturelle de la Polynésie française.
 
Art. 148- Les membres du Conseil économique, social et culturel doivent être de nationalité française, âgés de dix-huit ans révolus, avoir la qualité d’électeur et exercer en Polynésie française depuis plus de deux ans l’activité qu’ils représentent. La durée de leur mandat est de quatre ans. Le conseil se renouvelle intégralement.
 
Ne peuvent faire partie du Conseil économique, social et culturel de la Polynésie française les membres du Gouvernement et du Parlement, le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement de la Polynésie française, les représentants à l’assemblée de la Polynésie française, les maires, maires délégués et leurs adjoints, les représentants au Parlement européen ainsi que les titulaires des fonctions et mandats mentionnés au 2° du I de l’article 111 et au 4° du II de l’article 109.
 
Art. 149- Des délibérations de l’assemblée de la Polynésie française fixent :
 
    Le nombre des membres du Conseil économique, social et culturel ;
    La liste des groupements, organismes et associations représentés au sein du Conseil économique, social et culturel ;
    Le mode de désignation de leurs représentants par ces groupements et associations ;
    Le nombre de sièges attribués à chacun d’eux ;
    Le montant des indemnités de vacation payées aux membres du Conseil économique, social et culturel en fonction de leur présence aux séances plénières et aux commissions ;
    Les règles d’organisation et de fonctionnement du Conseil économique, social et culturel qui ne sont pas prévues par la présente loi organique.
 
Art. 150- Le Conseil économique, social et culturel élit son président.
 
Il se réunit à l’initiative de son président, de son bureau ou de la majorité de ses membres. Ses séances sont publiques.
 
Il adopte son règlement intérieur, qui est publié au Journal officiel de la Polynésie française. Ce règlement peut être déféré au tribunal administratif.
 
Art. 151- I. - Le Conseil économique, social et culturel est saisi pour avis des projets de plan à caractère économique et social de la Polynésie française.
 
II. - Le Conseil économique, social et culturel est consulté sur les projets et propositions d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” à caractère économique ou social. A cet effet, il est saisi, pour les projets, par le Président de la Polynésie française, et, pour les propositions, par le président de l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Il peut désigner l’ un de ses membres pour exposer devant l’ assemblée de la Polynésie française l’ avis du conseil sur les projets et propositions d’ actes prévus à l’ article 140 dénommés « lois du pays » qui lui sont soumis. »(complété par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.26-I)
 
Le Conseil économique, social et culturel peut être consulté, par le gouvernement de la Polynésie française ou par l’assemblée de la Polynésie française, sur les autres projets ou propositions d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” ou sur les projets ou propositions de délibérations ainsi que sur toute question à caractère économique, social ou culturel.
 
Il dispose dans ces cas pour donner son avis d’un délai d’un mois, ramené à quinze jours en cas d’urgence déclarée selon le cas par le gouvernement ou par l’assemblée. A l’expiration de ce délai, l’avis est réputé rendu.
 
III. - A la majorité des deux tiers de ses membres, le Conseil économique, social et culturel décide de réaliser des études sur des questions relevant de ses compétences.
 
IV. - Les rapports et avis du Conseil économique, social et culturel sont rendus publics.
 
Art. 152- Le fonctionnement du Conseil économique, social et culturel est assuré par une dotation spécifique qui constitue une dépense obligatoire inscrite au budget de la Polynésie française.
 
Son président est ordonnateur du budget du Conseil économique, social et culturel ; il peut déléguer ses pouvoirs d’ordonnateur à un membre du bureau. Il peut adresser un ordre de réquisition au comptable de la Polynésie française dans les conditions fixées à l’article LO 274-5 du code des juridictions financières, mais ne peut pas déléguer ce pouvoir.
 
Le président du Conseil économique, social et culturel assure la gestion du personnel administratif affecté dans les services du conseil. Il peut déléguer sa signature au secrétaire général et aux responsables administratifs du conseil.
 
« Lorsque le mandat des membres du conseil économique, social et culturel de la Polynésie française a pris fin, il assure l’ expédition des affaires courantes jusqu’ à l’ élection du nouveau président. »(complété par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.26-II)
 
Chapitre IV
Les rapports entre les institutions
 
Art. 153- Le conseil des ministres peut faire inscrire par priorité, à l’ordre du jour de l’assemblée de la Polynésie française par dérogation aux dispositions de l’article 125, ou à l’ordre du jour de la commission permanente par dérogation aux dispositions du troisième alinéa du I de l’article 127, les projets d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” ou les projets de délibérations dont il estime la discussion urgente.
 
Par dérogation aux mêmes dispositions, le haut-commissaire peut faire inscrire par priorité à l’ordre du jour de l’assemblée de la Polynésie française ou de sa commission permanente une question sur laquelle elles doivent émettre un avis.
 
Le Président de la Polynésie française et le haut-commissaire sont informés avant les séances de l’ordre du jour des travaux de l’assemblée et de ses commissions.
 
Art. 154- En accord avec le président de l’assemblée de la Polynésie française, le haut-commissaire est entendu par l’assemblée.
 
Le haut-commissaire est également entendu par l’assemblée de la Polynésie française sur demande du ministre chargé de l’outre-mer.
 
Le Président de la Polynésie française et les ministres assistent de droit aux séances de l’assemblée de la Polynésie française ou de sa commission permanente, et de ses commissions. Ils sont entendus sur les questions inscrites à l’ordre du jour. Ils peuvent se faire assister de commissaires.
 
Art. 155- Le Président de la Polynésie française adresse chaque année à l’assemblée de la Polynésie française :
 
    Pour approbation, le projet d’arrêté des comptes de l’exercice budgétaire écoulé, avant l’ouverture de la session budgétaire ;
    Un rapport sur l’activité du gouvernement durant l’année civile écoulée, sur la situation économique et financière de la Polynésie française et sur l’état de ses différents services.
 
Art. 156- (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.5)− L’assemblée de la Polynésie française peut mettre en cause la responsabilité du président de la Polynésie française et du gouvernement de la Polynésie française par le vote d’une motion de défiance. Celle-ci n’est recevable que si elle est signée par au moins le quart des représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 
« La motion de défiance mentionne, d’une part, les motifs pour lesquels elle est présentée et, d’autre part, le nom du candidat appelé à exercer les fonctions de président de la Polynésie française en cas d’adoption de la motion de défiance.
 
« Si elle est en session, l’assemblée de la Polynésie française se réunit de plein droit trois jours francs après le dépôt de la motion de défiance. Si la motion de défiance est déposée en dehors de la période prévue pour les sessions ordinaires, une session est ouverte de droit cinq jours francs après ce dépôt. Le vote intervient au cours des deux jours suivants ; faute de quorum, il est renvoyé au lendemain. Les délais mentionnés au présent alinéa s’entendent dimanche et jours fériés non compris
.
« Seuls sont recensés les votes favorables à la motion de défiance, qui ne peut être adoptée qu’à la majorité absolue des représentants à l’assemblée de la Polynésie française. Chaque représentant à l’assemblée de la Polynésie française ne peut signer, par année civile, plus de deux motions de défiance.
 
« Le président de l’assemblée de la Polynésie française proclame les résultats du scrutin et les transmet immédiatement au haut-commissaire. Les résultats du scrutin peuvent être contestés par tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française ou par le haut-commissaire, devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux, dans le délai de cinq jours à compter de cette proclamation.
 
« Lorsque la motion de défiance est adoptée, les fonctions des membres du gouvernement de la Polynésie française cessent de plein droit. Le candidat au mandat de président de la Polynésie française est déclaré élu et entre immédiatement en fonction. Il est procédé à la désignation des autres membres du gouvernement dans les conditions prévues à l’article 73. »
 
« Art. 156-1. (Nouveau)(loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.5)− I. – Si, au 31 mars de l’exercice auquel il s’applique, l’assemblée de la Polynésie française a rejeté le budget annuel, le président de la Polynésie française lui transmet, dans un délai de dix jours à compter du vote de rejet, un nouveau projet de budget élaboré sur la base du projet initial, modifié le cas échéant par un ou plusieurs des amendements soutenus lors de la discussion devant l’assemblée. Ce projet est accompagné, le cas échéant, des projets d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, relatifs aux impôts et taxes destinés à assurer son vote en équilibre réel.
 
« Si l’assemblée de la Polynésie française n’a pas adopté ce nouveau projet de budget et, le cas échéant, les projets d’actes dénommés “lois du pays” qui l’accompagnent dans un délai de cinq jours suivant leur dépôt, le président de la Polynésie française peut engager sa responsabilité devant l’assemblée. Dans ce cas, le projet de budget et, le cas échéant, les projets d’actes dénommés “lois du pays” qui l’accompagnent sont considérés comme adoptés à moins qu’une motion de renvoi, présentée par au moins le quart des membres de l’assemblée de la Polynésie française, ne soit adoptée à la majorité absolue des membres de l’assemblée. La liste des signataires figure sur la motion de renvoi.
 
« La motion de renvoi est déposée dans un délai de cinq jours à compter de l’engagement de la responsabilité du président de la Polynésie française devant l’assemblée et comporte un projet de budget, accompagné, le cas échéant, des propositions d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, relatives aux impôts et taxes destinés à assurer son équilibre réel. Elle mentionne le nom du candidat appelé à exercer les fonctions de président de la Polynésie française en cas d’adoption de la motion de renvoi.
 
« Le jour du dépôt de la motion de renvoi, le président de l’assemblée de la Polynésie française convoque l’assemblée pour le neuvième jour qui suit ou le premier jour ouvrable suivant. La convocation adressée aux représentants est assortie de la motion de renvoi déposée et du projet de budget qu’elle comporte, accompagné, le cas échéant, des propositions d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, relatives aux impôts et taxes.
 
« Le vote sur la motion a lieu au cours de la réunion prévue au quatrième alinéa du présent I.
« Le président de l’assemblée de la Polynésie française proclame les résultats du scrutin et les transmet immédiatement au haut-commissaire. Les résultats du scrutin peuvent être contestés par tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française ou par le haut-commissaire, devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux, dans le délai de cinq jours à compter de cette proclamation.
 
« Si la motion est adoptée, le projet de budget qu’elle comporte et les propositions d’actes dénommés “lois du pays”, relatives aux impôts et taxes, qui accompagnent celui-ci sont considérés comme adoptés. Les fonctions des membres du gouvernement cessent de plein droit. Le candidat au mandat de président de la Polynésie française est déclaré élu et entre immédiatement en fonction. Il est procédé à la désignation des autres membres du gouvernement dans les conditions prévues à l’article 73.
 
« Le budget est transmis au haut-commissaire de la République au plus tard cinq jours après la date à partir de laquelle il peut être considéré comme adopté conformément au deuxième alinéa du présent I ou la date de l’adoption ou du rejet et de la motion de renvoi.
 
« Par dérogation au premier alinéa des I et II de l’article 176 et au premier alinéa des articles 178 et 180, les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, relatifs aux impôts et taxes, qui accompagnent le budget sont publiés au Journal officiel de la Polynésie française et promulgués par le président de la Polynésie française au plus tard le lendemain de leur adoption et peuvent, à compter de la publication de leur acte de promulgation, faire l’objet d’un recours devant le Conseil d’Etat au titre du contrôle juridictionnel spécifique des actes dénommés “lois du pays” prévu par la présente loi organique.
 
« S’il est saisi à ce titre, par dérogation aux deuxième et troisième alinéas de l’article 177, le Conseil d’Etat annule toute disposition contraire à la Constitution, aux lois organiques, aux engagements internationaux ou aux principes généraux du droit.
 
« II. – Le présent article est également applicable aux autres délibérations budgétaires relatives au même exercice, hormis le compte administratif, qui font l’objet d’un vote de rejet par l’assemblée de la Polynésie française. Le président de la Polynésie française peut transmettre un nouveau projet à l’assemblée de la Polynésie française dans un délai de dix jours à compter du vote de rejet, sur le fondement du projet initial modifié le cas échéant par un ou plusieurs des amendements présentés lors de la discussion. »
 
Art. 157- Lorsque le fonctionnement des institutions de la Polynésie française se révèle impossible, l’assemblée de la Polynésie française peut être dissoute par décret motivé du Président de la République délibéré en conseil des ministres, après avis du président de l’assemblée de la Polynésie française et du Président de la Polynésie française.
 
(Alinéa supprimé par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.6-I)
 
La décision de dissolution est notifiée au gouvernement de la Polynésie française et portée à la connaissance du Parlement.
 
Le décret de dissolution fixe la date des nouvelles élections.
 
Le gouvernement de la Polynésie française assure l’expédition des affaires courantes jusqu’à l’élection du nouveau Président de la Polynésie française.
 
« Art. 157-1-(Nouveau)(loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.6-II)− A la demande du gouvernement de la Polynésie française, il peut être décidé, par décret du Président de la République délibéré en conseil des ministres, de procéder au renouvellement de l’assemblée de la Polynésie française avant le terme du mandat fixé à l’article 104. Ce décret fixe la date des nouvelles élections.
 
« La demande mentionnée au premier alinéa devient caduque si le décret décidant le renouvellement de l’assemblée de la Polynésie française n’intervient pas dans les trois mois. »
 
« Art. 157-2- (Nouveau) ( (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17 VI)− Le président de la Polynésie française transmet à l’assemblée de la Polynésie française tout projet de décision relatif :
 
« 1o A l’attribution d’une aide financière ou d’une garantie d’emprunt à une personne morale ;
« 2o Aux participations de la Polynésie française au capital des sociétés mentionnées à l’article 30 et au capital des sociétés d’économie mixte ;
« 3o Aux opérations d’acquisition, de cession ou de transfert de biens immobiliers réalisées par la Polynésie française.
 
« La commission de contrôle budgétaire et financier émet un avis sur le projet de décision dans les vingt jours suivant sa transmission à l’assemblée de la Polynésie française ou, en cas d’urgence déclarée par le président de la Polynésie française, dans les dix jours. A l’issue de ce délai, un débat est organisé à l’assemblée de la Polynésie française ou, en dehors des périodes de session, au sein de sa commission permanente, à la demande d’un cinquième de leurs membres, sur le projet de décision.
 
« Sur le rapport de sa commission de contrôle budgétaire et financier, l’assemblée de la Polynésie française peut, par délibération, décider de saisir la chambre territoriale des comptes si elle estime que le projet de décision est de nature à accroître gravement la charge financière de la Polynésie française ou le risque financier qu’elle encourt. En dehors des périodes de session, cette saisine peut être décidée dans les mêmes conditions par la commission permanente de l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Le projet de décision peut être délibéré en conseil des ministres de la Polynésie française, à l’issue d’un délai d’un mois ou, en cas d’urgence déclarée par le président de la Polynésie française, de quinze jours à compter de sa transmission à l’assemblée de la Polynésie française. »
 
« Art. 157-3 (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.17 VI). Le président de la Polynésie française transmet à l’assemblée de la Polynésie française tout projet de décision relatif à la nomination des directeurs d’établissements publics de la Polynésie française, du directeur de la Caisse de prévoyance sociale et des représentants de la Polynésie française aux conseils d’administration et conseils de surveillance des sociétés d’économie mixte.
 
« La commission compétente émet un avis sur le projet de décision dans les vingt jours suivant sa transmission ou, en cas d’urgence déclarée par le président de la Polynésie française, dans les dix jours. A l’issue de ce délai, un débat est organisé à l’assemblée de la Polynésie française ou, en dehors des périodes de session, au sein de sa commission compétente, à la demande d’un cinquième de leurs membres, sur le projet de décision.
 
« Le projet de décision peut être délibéré en conseil des ministres de la Polynésie française, à l’issue d’un délai d’un mois ou, en cas d’urgence déclarée par le président de la Polynésie française, de quinze jours à compter de sa transmission à l’assemblée de la Polynésie française. »
 
Chapitre V
Participation des électeurs à la vie de la collectivité
 
Section 1
Pétition des électeurs de la Polynésie française
 
Art. 158- L’assemblée de la Polynésie française peut être saisie, par voie de pétition, de toute question relevant de sa compétence.
 
La pétition peut être présentée à titre individuel ou collectif. Elle doit être établie par écrit, sous quelque forme que ce soit, rédigée dans les mêmes termes et signée par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales en Polynésie française. Elle doit être datée et comporter le nom, le prénom, l’adresse de chaque pétitionnaire et le numéro de son inscription sur la liste électorale.
 
La pétition est adressée au président de l’assemblée de la Polynésie française. Le bureau de l’assemblée se prononce sur la recevabilité de la pétition par une décision motivée, qui peut faire l’objet d’un recours devant le tribunal administratif.
 
Lorsque la pétition est recevable, le président de l’assemblée de la Polynésie française en fait rapport à la plus prochaine session de l’assemblée.
 
Section 2
Référendum local en Polynésie française
 
Art. 159-I. - L’assemblée de la Polynésie française peut, [Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel n° 2004-490 DC du 12 février 2004] soumettre à référendum local tout projet ou proposition d’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” ou tout projet ou proposition de délibération tendant à régler une affaire de sa compétence, à l’exception, d’une part, des avis qu’elle est appelée à rendre sur les projets et propositions de loi et sur les projets d’ordonnance, d’autre part, des résolutions qu’elle peut adopter dans le cadre des articles 133 et 135.
 
Le conseil des ministres peut soumettre à référendum local, après autorisation donnée par l’assemblée de la Polynésie française, tout projet d’acte réglementaire relevant de ses attributions.
 
II. - L’assemblée de la Polynésie française ou le conseil des ministres selon le cas, par une même délibération ou un même arrêté, détermine les modalités d’organisation du référendum, fixe le jour du scrutin, qui ne peut intervenir moins de deux mois après la transmission de l’acte au haut-commissaire de la République, convoque les électeurs et précise le projet d’acte ou de délibération soumis à l’approbation des électeurs.
 
Le Président de la Polynésie française transmet au haut-commissaire de la République dans un délai maximum de huit jours la délibération ou l’arrêté pris en application de l’alinéa précédent.
 
Le haut-commissaire de la République dispose d’un délai de dix jours à compter de la réception de la délibération ou de l’arrêté pour le déférer au Conseil d’Etat s’il l’estime illégal. Il peut assortir son recours d’une demande de suspension.
 
Le juge des référés du Conseil d’Etat statue dans un délai d’un mois, en premier et dernier ressort, sur la demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l’un des moyens invoqués paraît, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’acte attaqué ou du projet de délibération ou d’acte soumis à référendum.
 
Lorsque la délibération ou l’arrêté organisant le référendum local ou le projet de délibération ou d’acte soumis à référendum est de nature à compromettre l’exercice d’une liberté publique ou individuelle, le juge des référés du Conseil d’Etat en prononce la suspension dans les quarante-huit heures.
 
[Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par décision du Conseil constitutionnel n° 2004-490 DC du 12 février 2004.]
 
III. - La délibération ou l’arrêté organisant un référendum local est notifié, dans les quinze jours suivant sa réception, par le haut-commissaire de la République aux maires des communes de la Polynésie française, sauf s’il a été fait droit à sa demande de suspension.
 
Les maires organisent le scrutin. Si un maire refuse de procéder à cette organisation, le haut-commissaire de la République, après l’en avoir requis, y procède d’office.
 
IV. - Les dépenses liées à l’organisation du référendum constituent une dépense obligatoire de la Polynésie française.
 
Les dépenses résultant des assemblées électorales tenues dans les communes pour l’organisation d’un référendum décidé par la Polynésie française leur sont remboursées par cette collectivité de manière forfaitaire, au moyen d’une dotation calculée en fonction du nombre des électeurs inscrits dans la commune et du nombre des bureaux de vote qui y sont installés. Les tarifs de cette dotation sont fixés par décret.
 
V. - La Polynésie française ne peut organiser de référendum local :
 
    A compter du premier jour du sixième mois précédant celui au cours duquel il doit être procédé au renouvellement général de son assemblée ;
    Pendant la campagne ou les jours du scrutin prévus pour:
 
-   l’élection du Président de la République ;
-   un référendum décidé par le Président de la République ;
-   une consultation organisée en Polynésie française en application de l’article 72-4 de la Constitution ;
-   le renouvellement général des députés ;
-   le renouvellement des sénateurs élus en Polynésie française ;
-   l’élection des membres du Parlement européen ;
-   le renouvellement général des conseils municipaux.
 
La délibération organisant un référendum local devient caduque dans les cas prévus au présent V ou en cas de dissolution de l’assemblée de la Polynésie française, de démission de tous ses membres ou d’annulation définitive de leur élection, de démission du gouvernement ou d’adoption d’une « motion de défiance ou de renvoi »(modifié par la (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.5-IV-4°).
 
La Polynésie française ne peut organiser plusieurs référendums locaux portant sur un même objet dans un délai inférieur à un an.
 
VI. - Le projet soumis à référendum local est adopté si la moitié au moins des électeurs inscrits a pris part au scrutin et s’il réunit la majorité des suffrages exprimés.
 
Le texte adopté par voie de référendum est soumis aux règles de publicité et de contrôle applicables aux actes de l’assemblée ou du conseil des ministres de la Polynésie française.
 
VII. - Un dossier d’information sur l’objet du référendum décidé par la Polynésie française est mis à disposition du public.
 
VIII. - La campagne en vue du référendum local est ouverte le deuxième lundi précédant le scrutin à zéro heure. Elle est close la veille du scrutin à minuit.
 
Elle est organisée par la Polynésie française dans les conditions définies au chapitre V du titre Ier du livre Ier du code électoral, à l’exception de l’article L. 52-3. Pour l’application de ces dispositions, il y a lieu de lire : “groupe, parti ou groupement habilité à participer à la campagne” au lieu de : “candidat” et de “liste de candidats”.
 
Les interdictions prévues par l’article L. 50-1, le troisième alinéa de l’article L. 51 et l’article L. 52-1 du code électoral sont applicables à toute propagande relative au référendum dès l’adoption par l’assemblée de la Polynésie française de la délibération ou de l’arrêté en conseil des ministres visé au I ou au II.
 
Les dispositions de la loi n° 77-808 du 19 juillet 1977 relative à la publication et à la diffusion de certains sondages d’opinion sont applicables aux référendums locaux.
 
IX. - Sont habilités à participer à la campagne en vue du référendum, à leur demande, par le conseil des ministres de la Polynésie française :
 
-      les groupes politiques constitués au sein de l’assemblée de la Polynésie française ;
-      les partis et groupements politiques dont les listes de candidats ont obtenu au moins 5 % des suffrages exprimés lors du dernier renouvellement de l’assemblée de la Polynésie française.
 
Chaque élu ou candidat ne peut se rattacher qu’à un seul parti ou groupement politique.
 
X. - En Polynésie française, les antennes de la société nationale chargée du service public de la communication audiovisuelle outre-mer sont mises à la disposition des partis et groupements politiques admis à participer à la campagne pour le référendum local en application du IX dans les conditions suivantes :
 
    Une durée d’émission de trois heures à la télévision et de trois heures à la radio est mise à la disposition des groupes politiques de l’assemblée de la Polynésie française ou des partis et groupements politiques auxquels ils ont déclaré se rattacher.
       Le Conseil supérieur de l’audiovisuel détermine le temps attribué à chaque groupe politique en fonction de son effectif.
       Les groupes peuvent décider d’utiliser en commun leur temps de parole.
       Chaque groupe dispose d’une durée minimale de cinq minutes à la télévision et de cinq minutes à la radio ;
    Une durée maximale d’émission de trente minutes à la télévision et de trente minutes à la radio est mise à la disposition des partis et groupements politiques qui ne sont pas représentés au sein de l’assemblée de la Polynésie française par le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Elle est répartie également entre chaque parti ou groupement politique et ne peut excéder cinq minutes à la télévision et cinq minutes à la radio ;
    Les conditions de production, de programmation et de diffusion des émissions sont fixées par le Conseil supérieur de l’audiovisuel. Celui-ci adresse des recommandations aux exploitants des autres services de communication audiovisuelle autorisés en Polynésie française.
 
XI. - Seuls peuvent participer au scrutin les électeurs de nationalité française inscrits sur les listes électorales en Polynésie française dans les conditions prévues par les articles « L. 1er à L. 14 et L.16 à L.40 » du code électoral. (modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.27-I)
 
XII. - Les opérations préparatoires au scrutin, les opérations de vote, le recensement des votes et la proclamation des résultats sont effectués dans les conditions prévues par le chapitre VI du titre Ier du livre Ier du code électoral, à l’exception des articles L. 56, L. 57, L. 58, L. 66, L. 68 (deuxième alinéa) et L. 85-1.
 
Pour l’application du troisième alinéa de l’article L. 65 du même code, il y a lieu de lire : “les réponses portées sur les bulletins sont relevées” au lieu de : “les noms portés sur les bulletins sont relevés” ; “des feuilles de pointage” au lieu de : “des listes” ; “des réponses contradictoires” au lieu de : “des listes et des noms différents” ; “la même réponse” au lieu de : “la même liste ou le même candidat”.
 
Les bulletins de vote autres que ceux fournis par la Polynésie française, les bulletins trouvés dans l’urne sans enveloppe ou dans une enveloppe non réglementaire, les bulletins ou enveloppes portant des signes intérieurs ou extérieurs de reconnaissance, les bulletins ou enveloppes portant des mentions quelconques n’entrent pas en compte dans le résultat du dépouillement. Ils sont annexés au procès-verbal ainsi que les enveloppes non réglementaires et contresignés par les membres du bureau de vote. Chacun des bulletins ou enveloppes annexés porte mention des causes de l’annexion.
 
XIII. - Sont applicables au référendum local les dispositions du chapitre VII du titre Ier du livre Ier du code électoral, à l’exception des articles L. 88-1, L. 95 et des 1° à 5° des I, II et III de l’article L. 113-1.
 
Pour l’application de ces dispositions, il y a lieu de lire : “groupe, parti ou groupement politique habilité à participer à la campagne” au lieu de : “candidat” et de “liste de candidats”.
 
XIV. - Les dispositions du code électoral mentionnées au présent article sont applicables dans les conditions fixées aux articles L. 386, L. 390, L. 391 et L. 392 dudit code.
 
XV. - La régularité du référendum local peut être contestée dans les conditions, formes et délais prescrits à l’article 116 de la présente loi organique pour les réclamations contre l’élection des membres de l’assemblée de la Polynésie française.
 
XVI. - Un décret en Conseil d’Etat fixe les conditions d’application du présent article.
 
« Section 3
Consultation des électeurs de la Polynésie française
(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.27-II)
 
« Art. 159-1. − Les électeurs de la Polynésie française peuvent être consultés sur les décisions que ses institutions envisagent de prendre pour régler les affaires relevant de leur compétence, à l’exception des avis et résolutions mentionnés au I de l’article 159. La consultation peut être limitée aux électeurs d’une partie du ressort de la Polynésie française, pour les affaires intéressant spécialement cette partie.
 
« Un dixième des électeurs peut saisir l’assemblée de la Polynésie française ou le gouvernement de la Polynésie française en vue de l’organisation d’une consultation sur toute affaire relevant de la décision de ces institutions.
 
« Dans l’année, un électeur ne peut signer qu’une seule saisine tendant à l’organisation d’une consultation.
 
« La décision d’organiser la consultation appartient à l’assemblée de la Polynésie française lorsque l’objet de la consultation relève de sa compétence ou au gouvernement, après autorisation de l’assemblée, lorsqu’il relève de la sienne.
 
« L’assemblée de la Polynésie française arrête le principe et les modalités d’organisation de cette consultation. Sa délibération indique expressément que cette consultation n’est qu’une demande d’avis. Elle fixe le jour du scrutin et convoque les électeurs. Elle est transmise deux mois au moins avant la date du scrutin au haut-commissaire de la République. Si celui-ci l’estime illégale, il dispose d’un délai de dix jours à compter de sa réception pour la déférer au tribunal administratif. Il peut assortir son recours d’une demande de suspension.
 
« Les électeurs font connaître par “oui” ou par “non” s’ils approuvent le projet de délibération ou d’acte qui leur est présenté. Après avoir pris connaissance du résultat de la consultation, l’institution compétente de la Polynésie française arrête sa décision sur l’affaire qui en a fait l’objet.
 
« Sont applicables à la consultation des électeurs les III à V et VII à XVI de l’article 159.»
 
Chapitre VI
Dispositions communes au Président
de la Polynésie française, aux membres du gouvernement
de la Polynésie française et aux représentants à l’assemblée
de la Polynésie française
 
Art. 160- Le président et les autres membres du gouvernement de la Polynésie française, les représentants à l’assemblée de la Polynésie française sont tenus de déposer, dans le délai requis, une déclaration de situation patrimoniale dans les conditions prévues par la législation relative à la transparence financière de la vie politique.
 
Art. 161- La Polynésie française est civilement responsable des accidents subis par le Président de la Polynésie française, les ministres et les représentants à l’assemblée de la Polynésie française à l’occasion de l’exercice de leurs fonctions.
 
Art. 162- La Polynésie française est tenue d’accorder sa protection au Président de la Polynésie française, aux ministres ou au président de l’assemblée de la Polynésie française, ou à toute personne ayant cessé d’exercer l’une de ces fonctions, lorsqu’ils font l’objet de poursuites pénales à l’occasion de faits qui n’ont pas le caractère de faute détachable de l’exercice de leurs fonctions.
 
Le Président de la Polynésie française, les ministres et le président de l’assemblée de la Polynésie française bénéficient également, à l’occasion de leurs fonctions, d’une protection matérielle organisée par la Polynésie française conformément aux règles fixées par le code pénal, les lois spéciales et la présente loi organique.
 
La Polynésie française est tenue de protéger le Président de la Polynésie française, les ministres et le président de l’assemblée de la Polynésie française contre les violences, menaces ou outrages dont ils pourraient être victimes à l’occasion de leurs fonctions et de réparer, le cas échéant, le préjudice qui en est résulté.
 
Chapitre VII
Le haut conseil de la Polynésie française
 
Art. 163- Il est institué un haut conseil de la Polynésie française chargé notamment de conseiller le Président de la Polynésie française et le gouvernement dans la confection des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, des délibérations et des actes réglementaires.
 
Le haut conseil de la Polynésie française est obligatoirement consulté sur les projets d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” et sur les propositions d’actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” avant leur inscription à l’ordre du jour de l’assemblée de la Polynésie française.
 
Le haut conseil donne son avis sur les projets d’arrêtés réglementaires et sur tout autre projet de texte pour lesquels son intervention est prévue par les dispositions des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” qui lui sont soumis par le gouvernement.
 
Saisi d’un projet de texte, le haut conseil de la Polynésie française donne son avis à l’autorité qui l’a saisi et propose les modifications qu’il juge nécessaires.
 
En outre, il prépare et rédige les textes qui lui sont demandés.
 
Il peut être consulté par le Président de la Polynésie française sur les difficultés qui s’élèvent en matière administrative.
 
Avec l’accord du Président de la Polynésie française, le haut-commissaire de la République peut consulter le haut conseil sur ses projets d’arrêtés réglementaires lorsque ces derniers interviennent, en application d’une disposition législative, dans une matière qui relève, par analogie avec le régime en vigueur en métropole, de décrets en Conseil d’Etat.
 
Les avis du haut conseil ne sont communiqués à autrui que sur décision de l’autorité à qui ils sont destinés.
 
Art. 164 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.28-1)− Le président du haut conseil de la Polynésie française est désigné parmi les magistrats de l’ordre administratif, en activité ou honoraires.
 
« Les autres membres du haut conseil de la Polynésie française sont désignés en considération de leur compétence en matière juridique, parmi les magistrats de l’ordre administratif ou judiciaire, les professeurs et maîtres de conférences des universités dans les disciplines juridiques, les fonctionnaires de catégorie A, les avocats inscrits au barreau et les personnes ayant exercé ces fonctions.
 
« Les magistrats de l’ordre administratif ou judiciaire mentionnés aux deux premiers alinéas ne doivent pas exercer leurs fonctions en Polynésie française ou y avoir exercé de fonctions au cours des deux années précédant leur nomination.
 
« Les fonctions de membre du haut conseil de la Polynésie française sont incompatibles avec celles de président de la Polynésie française, de membre du gouvernement de la Polynésie française, de représentant à l’assemblée de la Polynésie française et de membre du conseil économique, social et culturel de la Polynésie française. Les incompatibilités prévues à l’article 111 sont également applicables aux membres du haut conseil de la Polynésie française.
 
« Les membres du haut conseil de la Polynésie française sont nommés par arrêté délibéré en conseil des ministres de la Polynésie française, pour une durée de six ans renouvelable une fois, dans le respect des règles statutaires de leur corps le cas échéant. Ils ne peuvent être démis de leurs fonctions que pour motifs disciplinaires.
 
 « Le président de la Polynésie française transmet à l’assemblée de la Polynésie française le projet d’arrêté portant nomination. Dans le mois qui suit cette transmission, l’assemblée, sur le rapport de sa commission compétente, donne son avis sur cette nomination. Hors session, la commission permanente exerce, dans les mêmes conditions, les attributions prévues au présent alinéa.»
 
Art. 165- Un arrêté délibéré en conseil des ministres détermine les conditions d’application du présent chapitre.
 
« Cet arrêté détermine, notamment, le régime indemnitaire des membres du haut-conseil de la Polynésie française ainsi que le régime applicable aux fonctionnaires qui y sont nommés, dans le respect des règles statutaires de leurs corps d’ origine. »(complété par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.28-III)
 
TITRE V
LE HAUT-COMMISSAIRE ET L’ACTION DE L’ETAT
 
Chapitre Ier
Le haut-commissaire de la République
 
Art. 166- Le haut-commissaire veille à l’exercice régulier de leurs compétences par les autorités de la Polynésie française et à la légalité de leurs actes.
 
(Nouvel alinéa)(loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.7) « Afin d’assurer la sécurité de la population, le fonctionnement normal des services publics ou de mettre fin à une violation grave et manifeste des dispositions de la présente loi organique relatives au fonctionnement des institutions et lorsque ces autorités n’ont pas pris les décisions qui leur incombent de par la loi, le haut-commissaire de la République peut prendre, en cas d’urgence et après mise en demeure restée sans résultat, les mesures qui s’imposent. Il en informe sans délai le président de la Polynésie française. »
 
Art. 167- A défaut de publication au Journal officiel de la Polynésie française des actes ressortissant à la compétence de la Polynésie française dans un délai de quinze jours ou de promulgation des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, le haut-commissaire en assure respectivement sans délai la publication ou la promulgation.
 
Chapitre II
Coordination entre l’Etat et la Polynésie française
 
Art. 168- La coordination entre l’action des services de l’Etat et ceux de la Polynésie française est assurée conjointement par le haut-commissaire et le Président de la Polynésie française.
 
Le haut-commissaire et le Président de la Polynésie française signent, au nom, respectivement, de l’Etat et de la Polynésie française, les conventions mentionnées aux premier et deuxième alinéas de l’article 169 et à l’article 170.
 
Chapitre III
Des concours de l’Etat
 
Art. 169- A la demande de la Polynésie française et par conventions, l’Etat peut apporter, dans le cadre des lois de finances, son concours financier et technique aux investissements économiques et sociaux, notamment aux programmes de formation et de promotion.
 
Des conventions entre l’Etat et la Polynésie française fixent les modalités de mise à la disposition de la Polynésie française, en tant que de besoin, des agents et des services de l’Etat.
 
Au cas où les besoins des services publics de la Polynésie française rendent nécessaires les concours d’organismes ou d’établissements publics métropolitains, les modalités de ces concours sont fixées par des conventions passées entre eux et la Polynésie française. Ces concours sont soumis à un avis préalable du haut-commissaire qui doit être informé de leur réalisation.
 
Art. 170- Pour l’enseignement secondaire, l’Etat et la Polynésie française peuvent conclure des conventions en vue de définir leurs obligations respectives en ce qui concerne, notamment, la rémunération des personnels.
 
Art. 170-1- « Les conventions prévues aux articles 169 et 170 sont soumises à l’approbation de l’ assemblée de la Polynésie française. »(complété par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.29)
 
TITRE VI
LE CONTROLE JURIDICTIONNEL, FINANCIER ET BUDGETAIRE
 
Chapitre Ier
Le contrôle de légalité par le tribunal administratif
 
Art. 171-  I. - Les actes du Président de la Polynésie française, du conseil des ministres et des ministres sont exécutoires de plein droit dès qu’il a été procédé à leur publication au Journal officiel de la Polynésie française ou à leur notification aux intéressés ainsi que, pour les actes mentionnés au II, à leur transmission au haut-commissaire par le Président de la Polynésie française.
 
Les actes de l’assemblée de la Polynésie française, de sa commission permanente et de leurs présidents, sont exécutoires de plein droit dès qu’il a été procédé à leur publication au Journal officiel de la Polynésie française ou à leur notification aux intéressés ainsi que, pour les actes mentionnés au II, à leur transmission au haut-commissaire par le président de l’assemblée de la Polynésie française ou par le président de la commission permanente.
 
La transmission des actes mentionnés au II peut s’effectuer par tout moyen, y compris par voie électronique selon des modalités fixées par décret en Conseil d’Etat.
 
II. - Doivent être transmis au haut-commissaire en application du I les actes suivants :
 
A. - Pour le Président de la Polynésie française, le conseil des ministres et les ministres :
 
    Les actes à caractère réglementaire qui relèvent de leur compétence ;
    « Tous les actes mentionnés aux articles 16 et 17 et aux 6°, 9° à 15°, 18° à 20°, 23°, 24°, 26° à 28°, 30° et 31° de l’ article 91 ; » ;(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.32-I-1°)
    Les autorisations individuelles d’ « occupation et d’ utilisation des sols et du domaine public de la Polynésie française » ;(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.32-I-2°)
    Les décisions individuelles relatives à la nomination, à la mise à la retraite d’office, à la révocation et au licenciement d’agents de la Polynésie française ;
    Les conventions relatives aux marchés, à l’exception des marchés passés sans formalité préalable en raison de leur montant, et aux emprunts ainsi que les conventions de concession ou d’affermage de services publics à caractère industriel ou commercial ;
    Les ordres de réquisition du comptable pris par le Président de la Polynésie française ;
    Les décisions relevant de l’exercice de prérogatives de puissance publique, prises par des sociétés d’économie mixte pour le compte de la Polynésie française ;
    Les autorisations ou déclarations délivrées ou établies au titre de la réglementation relative aux installations classées pour la protection de l’environnement en raison des dangers ou inconvénients qu’elles peuvent présenter soit pour la commodité du voisinage, soit pour la santé, la sécurité, la salubrité publique, soit pour l’agriculture, soit pour la protection de la nature et de l’environnement, soit pour la conservation des sites et des monuments.
 
B. - Pour l’assemblée de la Polynésie française :
 
Ses délibérations, autres que les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, et celles prises par sa commission permanente par délégation de l’assemblée ;
Les décisions individuelles de son président relatives à la nomination, à la mise à la retraite d’office, à la révocation et au licenciement d’agents de l’assemblée ;
Les ordres de réquisition du comptable pris par son président.
 
III. - Les actes pris au nom de la Polynésie française autres que ceux qui sont mentionnés au II sont exécutoires de plein droit dès qu’il a été procédé à leur publication ou à leur notification aux intéressés.
 
IV. - Les actes pris par les institutions de la Polynésie française relevant du droit privé ne sont pas soumis aux dispositions du présent titre et demeurent régis par les dispositions qui leur sont propres.
 
V. - Les ordres de réquisition du comptable pris par le président du Conseil économique, social et culturel sont exécutoires de plein droit dès leur transmission au haut-commissaire de la République.
 
VI. - Le Président de la Polynésie française, les ministres, le président de l’assemblée de la Polynésie française, le président de la commission permanente, le président du Conseil économique, social et culturel certifient sous leur responsabilité, chacun en ce qui le concerne, le caractère exécutoire des actes qu’ils émettent.
 
La preuve de la réception des actes par le haut-commissaire peut être apportée par tout moyen. L’accusé de réception qui est immédiatement délivré peut être utilisé à cet effet, mais n’est pas une condition du caractère exécutoire des actes.
 
Art. 172- Le haut-commissaire défère au tribunal administratif les actes du Président de la Polynésie française, du conseil des ministres ou des ministres, les délibérations de l’assemblée de la Polynésie française autres que les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays”, de sa commission permanente ou de son bureau, les actes du président de l’assemblée de la Polynésie française, les actes du président du Conseil économique, social et culturel, qu’il estime contraires à la légalité, dans les deux mois de la transmission qui lui en est faite.
 
Lorsque le haut-commissaire défère un acte au tribunal administratif, il en informe sans délai son auteur et lui communique toute précision sur les illégalités invoquées. A la demande du Président de la Polynésie française, du président de l’assemblée de la Polynésie française, du président de sa commission permanente ou du président du Conseil économique, social et culturel suivant le cas, le haut-commissaire peut faire connaître son intention de ne pas déférer un acte au tribunal administratif.
 
Le haut-commissaire peut assortir son recours d’une demande de suspension. Il est fait droit à cette demande si l’un des moyens invoqués dans la requête paraît, en l’état de l’instruction, propre à créer un doute sérieux quant à la légalité de l’acte attaqué. Il est statué dans le délai d’un mois.
 
Jusqu’à ce que le tribunal ait statué, la demande de suspension en matière d’urbanisme, de marchés et de délégations de service public formée par le haut-commissaire dans les dix jours à compter de la réception de l’acte entraîne la suspension de celui-ci. Au terme d’un délai d’un mois, si le tribunal n’a pas statué, l’acte redevient exécutoire.
 
Lorsque l’acte attaqué est de nature à compromettre l’exercice d’une liberté publique ou individuelle, le président du tribunal administratif ou un magistrat du tribunal délégué à cet effet en prononce la suspension dans les quarante-huit heures. La décision relative à la suspension est susceptible d’appel devant le Conseil d’Etat dans la quinzaine de sa notification. En ce cas, le président de la section du contentieux du Conseil d’Etat ou un conseiller d’Etat délégué à cet effet statue dans un délai de quarante-huit heures.
 
L’appel des jugements du tribunal administratif ainsi que des décisions relatives aux demandes de suspension prévues aux alinéas précédents rendus sur recours du haut-commissaire est présenté par celui-ci.
 
Si le haut-commissaire estime qu’un acte pris par les institutions de la Polynésie française, soumis ou non à l’obligation de transmission, est de nature à compromettre de manière grave le fonctionnement ou l’intégrité d’une installation ou d’un ouvrage intéressant la défense nationale, il peut en demander l’annulation pour ce seul motif. Il défère l’acte en cause dans les deux mois suivant sa transmission, ou sa publication ou sa notification, au Conseil d’Etat statuant au contentieux. Il assortit, si nécessaire, son recours d’une demande de suspension. Le président de la section du contentieux du Conseil d’Etat, ou un conseiller d’Etat délégué à cet effet, statue dans un délai de quarante-huit heures.
 
[Dispositions résultant de la décision du Conseil constitutionnel no 2007-559 DC du 6 décembre 2007.]
[Dispositions déclarées non conformes à la Constitution par la décision du Conseil constitutionnel
no 2007-559 DC du 6 décembre 2007.]
 
« Art. 172-2 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.32-II). − Sont illégaux :
« 1o Les délibérations ou actes auxquels ont pris part un ou plusieurs membres du conseil des ministres ou de l’assemblée de la Polynésie française intéressés à l’affaire qui en fait l’objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataires ;
« 2o Les décisions et délibérations par lesquelles la Polynésie française renonce, soit directement, soit par une clause contractuelle, à exercer toute action en responsabilité à l’égard de toute personne physique ou morale qu’elle rémunère sous quelque forme que ce soit. »
 
Art. 173- Outre le recours direct dont elle dispose, une personne physique ou morale lésée par un acte des institutions de la Polynésie française peut, dans le délai de deux mois à compter de la date à laquelle l’acte est devenu exécutoire, demander au haut-commissaire de mettre en œuvre la procédure prévue à l’article 172.
 
Pour les actes mentionnés au II de l’article 171, cette demande ne peut avoir pour effet de prolonger le délai de recours contentieux dont dispose le haut-commissaire en application de l’article 172.
 
Lorsque la demande concerne les actes mentionnés au III de l’article 171, le haut-commissaire peut déférer l’acte en cause au tribunal administratif dans les deux mois suivant sa saisine par la personne physique ou morale lésée.
 
Art.173-1- « Les articles 172 à 173 sont applicables au contrôle de légalité des actes des établissements publics de la Polynésie française. »(ajouté par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.32-III)
 
Art. 174- Lorsque le tribunal administratif est saisi d’un recours pour excès de pouvoir ou d’un recours en appréciation de légalité dirigé contre les actes mentionnés au 1° du A et au 1° du B du II de l’article 171 et que ce recours est fondé sur un moyen sérieux invoquant l’inexacte application de la répartition des compétences entre l’Etat, la Polynésie française et les communes « ou des dispositions relatives aux attributions du gouvernement de la Polynésie française ou de l’ assemblée de la Polynésie française ou de son président » ou que ce moyen est soulevé d’office, il transmet le dossier sans délai pour avis au Conseil d’Etat, par un jugement qui n’est susceptible d’aucun recours. Le Conseil d’Etat examine la question soulevée dans un délai de trois mois et il est sursis à toute décision sur le fond jusqu’à son avis ou, à défaut, jusqu’à l’expiration de ce délai. Le tribunal administratif statue dans un délai de deux mois à compter de la publication de l’avis au Journal officiel de la Polynésie française ou de l’expiration du délai imparti au Conseil d’Etat.(modifié par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.30)
 
Art. 175- Le Président de la Polynésie française ou le président de l’assemblée de la Polynésie française peut saisir le tribunal administratif d’une demande d’avis. Lorsqu’elle porte sur la répartition des compétences entre l’Etat, la Polynésie française ou les communes « ou sur l’ application des articles 69 ,73, 78, 80, 81, 118 à 121, 15 et 156-1 », la demande d’avis est examinée par le Conseil d’Etat auquel elle est transmise sans délai.
 
Le haut-commissaire en est immédiatement informé par l’auteur de la demande.
 
Chapitre II
Le contrôle juridictionnel spécifique des “lois du pays”
 
Art. 176- I. - A l’expiration de la période de huit jours suivant l’adoption d’un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” ou au lendemain du vote intervenu à l’issue de la nouvelle lecture prévue à l’article 143, le haut-commissaire, le Président de la Polynésie française, le président de l’assemblée de la Polynésie française ou six représentants à l’assemblée de la Polynésie française peuvent déférer cet acte au Conseil d’Etat.
 
Ils disposent à cet effet d’un délai de quinze jours. Lorsqu’un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” est déféré au Conseil d’Etat à l’initiative des représentants à l’assemblée de la Polynésie française, le conseil est saisi par une ou plusieurs lettres comportant au total les signatures de six membres au moins de l’assemblée de la Polynésie française.
 
Chaque saisine contient un exposé des moyens de droit et de fait qui la motivent ; le Conseil d’Etat en informe immédiatement les autres autorités titulaires du droit de saisine ; celles-ci peuvent présenter des observations dans un délai de dix jours.
 
II. - A l’expiration de la période de huit jours suivant l’adoption d’un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” ou au lendemain du vote intervenu à l’issue de la nouvelle lecture prévue à l’article 143, l’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” est publié au Journal officiel de la Polynésie française à titre d’information pour permettre aux personnes physiques ou morales, dans le délai d’un mois à compter de cette publication, de déférer cet acte au Conseil d’Etat.
 
Le recours des personnes physiques ou morales est recevable si elles justifient d’un intérêt à agir.
 
Dès sa saisine, le greffe du Conseil d’Etat en informe le Président de la Polynésie française avant l’expiration du délai de dix jours prévu à l’article 178.
 
III. - Le Conseil d’Etat se prononce sur la conformité des actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” au regard de la Constitution, des lois organiques, des engagements internationaux et des principes généraux du droit. La procédure contentieuse applicable au contrôle juridictionnel spécifique de ces actes est celle applicable en matière de recours pour excès de pouvoir devant le Conseil d’Etat.
 
Les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” ne peuvent plus être contestés par voie d’action devant aucune autre juridiction.
 
Art. 177- Le Conseil d’Etat se prononce dans les trois mois de sa saisine. Sa décision est publiée au Journal officiel de la République française et au Journal officiel de la Polynésie française.
 
Si le Conseil d’Etat constate qu’un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” contient une disposition contraire à la Constitution, aux lois organiques, ou aux engagements internationaux ou aux principes généraux du droit, et inséparable de l’ensemble de l’acte, celle-ci ne peut être promulguée.
 
Si le Conseil d’Etat décide qu’un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” contient une disposition contraire à la Constitution, aux lois organiques ou aux engagements internationaux, ou aux principes généraux du droit, sans constater en même temps que cette disposition est inséparable de l’acte, seule cette dernière disposition ne peut être promulguée.
 
Dans le cas prévu à l’alinéa précédent, le Président de la Polynésie française peut, dans les dix jours qui suivent la publication de la décision du Conseil d’Etat au Journal officiel de la Polynésie française, soumettre la disposition concernée à une nouvelle lecture de l’assemblée de la Polynésie française, afin d’en assurer la conformité aux normes mentionnées au deuxième alinéa.
 
Art. 178- A l’expiration du délai d’un mois mentionné au II de l’article 176 pour saisir le Conseil d’Etat ou à la suite de la publication au Journal officiel de la Polynésie française de la décision de ce conseil constatant la conformité totale ou partielle de l’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” aux normes mentionnées au deuxième alinéa de l’article 177, le Président de la Polynésie française dispose d’un délai de dix jours pour le promulguer, sous les réserves énoncées aux troisième et quatrième alinéas dudit article.
 
Il transmet l’acte de promulgation au haut-commissaire. L’acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” est publié, pour information, au Journal officiel de la République française.
 
Art. 179- Lorsque, à l’occasion d’un litige devant une juridiction, une partie invoque par un moyen sérieux la contrariété d’un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” avec la Constitution, les lois organiques, les engagements internationaux, ou les principes généraux du droit, et que cette question commande l’issue du litige, la validité de la procédure ou constitue le fondement des poursuites, la juridiction transmet sans délai la question au Conseil d’Etat, par une décision qui n’est pas susceptible de recours. Le Conseil d’Etat statue dans les trois mois. Lorsqu’elle transmet la question au Conseil d’Etat, la juridiction surseoit à statuer. Elle peut toutefois en décider autrement dans les cas où la loi lui impartit, en raison de l’urgence, un délai pour statuer. Elle peut dans tous les cas prendre les mesures d’urgence ou conservatoires nécessaires. Le refus de transmettre la question au Conseil d’Etat n’est pas susceptible de recours indépendamment de la décision tranchant tout ou partie du litige.
 
Art. 180- Les actes prévus à l’article 140 dénommés “lois du pays” ne sont susceptibles d’aucun recours par voie d’action après leur promulgation.
 
Lorsque le Conseil d’Etat a déclaré qu’elles ne relèvent pas du domaine défini à l’article 140, les dispositions d’un acte prévu à l’article 140 dénommé “loi du pays” peuvent être modifiées par les autorités normalement compétentes. Le Conseil d’Etat est saisi par le Président de la Polynésie française, le président de l’assemblée de la Polynésie française ou le ministre chargé de l’outre-mer. Il informe de sa saisine les autres autorités qui sont titulaires du pouvoir de le saisir ; celles-ci peuvent présenter des observations dans le délai de quinze jours. Le Conseil d’Etat statue dans un délai de trois mois.
 
Chapitre III
Information de l’assemblée de la Polynésie française sur les décisions juridictionnelles intéressant la Polynésie française
 
Art. 181- Le président de l’assemblée de la Polynésie française porte à la connaissance des membres de celle-ci, lors de la plus proche réunion de l’assemblée qui suit la notification qui lui en est faite, les décisions des juridictions administratives ou judiciaires qui se prononcent sur la légalité des actes des institutions de la Polynésie française.
 
Chapitre IV
Dispositions relatives au contrôle budgétaire et comptable et à la chambre territoriale des comptes
 
Art. 182- Il est institué un contrôle préalable sur l’engagement des dépenses de la Polynésie française et de ses établissements publics à caractère administratif, de l’assemblée de la Polynésie française et du Conseil économique, social et culturel. Ces contrôles sont organisés par délibération de l’assemblée de la Polynésie française.
 
Art. 183- Le contrôle exercé par le comptable de la Polynésie française sur les actes de paiement s’effectue suivant les modalités définies à l’article LO 274-4 du code des juridictions financières.
 
Les autres modalités du contrôle sont fixées par délibération de l’assemblée de la Polynésie française.
 
Lorsque le comptable de la Polynésie française notifie sa décision de suspendre le paiement d’une dépense, il ne peut être procédé à sa réquisition que dans les conditions et suivant les modalités définies à l’article LO 274-5 du même code.
 
Art. 184- Devant la chambre territoriale des comptes de la Polynésie française qui statue par voie de jugement, les comptables de la Polynésie française et de ses établissements publics sont tenus de produire leurs comptes comme il est dit à l’article LO 272-32 du code des juridictions financières.
 
Art. 185- Le jugement des comptes de la Polynésie française et de ses établissements publics ainsi que l’examen de leur gestion sont soumis aux dispositions ayant valeur de loi organique du titre VII du livre II du code des juridictions financières.
 
« Art. 185-1 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− Le président de la Polynésie française dépose le projet de budget de la Polynésie française sur le bureau de l’assemblée de la Polynésie française au plus tard le 15 novembre.
 
« Si le budget n’est pas exécutoire avant le 1er janvier de l’exercice auquel il s’applique, le président de la Polynésie française peut mettre en recouvrement les recettes et engager, liquider et mandater les dépenses de la section de fonctionnement dans la limite de celles inscrites au budget de l’année précédente.
 
« Dans les mêmes conditions, il peut mandater les dépenses de remboursement de la dette publique en capital venant à échéance avant que le budget ne devienne exécutoire.
 
« Si l’assemblée de la Polynésie française n’a pas adopté ou rejeté le budget avant le 31 mars de l’exercice auquel il s’applique, le haut-commissaire de la République en Polynésie française saisit sans délai la chambre territoriale des comptes qui, dans le mois, et par un avis public, formule des propositions pour le règlement du budget. Le haut-commissaire règle le budget et le rend exécutoire. Si le haut-commissaire s’écarte des propositions de la chambre territoriale des comptes, il assortit sa décision d’une motivation explicite. A compter de la saisine de la chambre territoriale des comptes et jusqu’au règlement du budget par le haut-commissaire, l’assemblée de la Polynésie française ne peut adopter de délibération sur le budget de l’exercice en cours. Les dispositions du présent alinéa ne sont pas applicables quand le défaut d’adoption résulte de l’absence de communication avant le 15 mars, à l’assemblée de la Polynésie française, d’informations indispensables à l’établissement du budget. La liste de ces informations est fixée par décret. Dans ce cas, l’assemblée de la Polynésie française dispose de quinze jours à compter de cette communication pour arrêter le budget.
 
« Art. 185-2.(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− Le budget primitif de la Polynésie française est transmis au haut-commissaire au plus tard quinze jours après le délai limite fixé pour son adoption par les articles 185-1 et 185-5. A défaut, il est fait application de l’article 185-1.
 
« Art. 185-3. .(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− Lorsque le budget de la Polynésie française n’est pas voté en équilibre réel, la chambre territoriale des comptes, saisie par le haut-commissaire dans le délai de trente jours à compter de la notification qui lui est faite de la délibération de l’assemblée de la Polynésie française, le constate et propose à l’assemblée de la Polynésie française, dans un délai de trente jours à compter de sa saisine, les mesures nécessaires au rétablissement de l’équilibre budgétaire. La chambre territoriale des comptes demande à l’assemblée de la Polynésie française une nouvelle délibération.
 
« La nouvelle délibération rectifiant le budget initial doit intervenir dans un délai d’un mois à compter de la communication des propositions de la chambre territoriale des comptes.
 
« Si l’assemblée de la Polynésie française n’a pas délibéré dans le délai prescrit ou si la délibération prise ne comporte pas de mesures de redressement jugées suffisantes par la chambre territoriale des comptes, qui se prononce sur ce point dans un délai de quinze jours à compter de la transmission de la nouvelle délibération, le budget est réglé et rendu exécutoire par le haut-commissaire. Si celui-ci s’écarte des propositions formulées par la chambre territoriale des comptes, il assortit sa décision d’une motivation explicite.
 
« Art. 185-4.(Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II). − Si une dépense obligatoire a été omise ou si le crédit correspondant à cette dépense a été insuffisamment doté au budget de la Polynésie française, le haut-commissaire demande une seconde lecture à l’assemblée de la Polynésie française. Si, dans les quinze jours de la demande de seconde lecture, l’assemblée de la Polynésie française n’a pas rétabli les inscriptions de crédits nécessaires, le haut-commissaire saisit la chambre territoriale des comptes.
 
« Si la chambre territoriale des comptes constate, dans le mois de sa saisine, que la dépense obligatoire n’a pas été inscrite au budget de la Polynésie française ou l’a été pour une somme insuffisante, elle adresse une mise en demeure au président de l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Si, dans un délai d’un mois, cette mise en demeure n’est pas suivie d’effet, la chambre territoriale des comptes demande au haut-commissaire d’inscrire cette dépense au budget de la Polynésie française et propose, s’il y a lieu, la création de ressources ou la diminution de dépenses facultatives destinée à couvrir la dépense obligatoire. Le haut-commissaire règle et rend exécutoire le budget rectifié en conséquence. S’il s’écarte des propositions formulées par la chambre territoriale des comptes, il assortit sa décision d’une motivation explicite.
 
« A défaut de mandatement d’une dépense obligatoire par le président de la Polynésie française, dans le mois suivant la mise en demeure qui lui a été faite par le haut-commissaire, celui-ci y procède d’office.
 
« Art. 185-5 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II). − A compter de la saisine de la chambre territoriale des comptes et jusqu’au terme de la procédure prévue à l’article 185-3, l’assemblée de la Polynésie française ne peut se prononcer en matière budgétaire, sauf pour la délibération prévue au deuxième alinéa de l’article 185-3 et pour l’application de l’article 185-8.
 
« Lorsque le budget de la Polynésie française a été réglé et rendu exécutoire par le haut-commissaire, les budgets supplémentaires afférents au même exercice sont transmis par le haut-commissaire à la chambre territoriale des comptes. En outre, le vote de l’assemblée de la Polynésie française sur le compte administratif prévu à l’article 185-8 intervient avant le vote du budget primitif afférent à l’exercice suivant. Lorsque le compte administratif adopté dans les conditions ci-dessus mentionnées fait apparaître un déficit dans l’exécution du budget, ce déficit est reporté au budget primitif de l’exercice suivant. Ce budget primitif est transmis à la chambre territoriale des comptes par le haut-commissaire.
 
« S’il est fait application de la procédure définie au deuxième alinéa du présent article, la date fixée au dernier alinéa de l’article 185-1 pour l’adoption du budget primitif est reportée au 1er juin. Dans ce cas, le délai limite de la transmission du compte de gestion du comptable prévu à l’article 185-8 est ramené au 1er mai.
 
 « Art. 185-6 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− La transmission du budget de la Polynésie française à la chambre territoriale des comptes au titre des articles 185-3 et 185-10 a pour effet de suspendre l’exécution de ce budget jusqu’au terme de la procédure. Toutefois, sont applicables à compter de cette transmission les deuxième et troisième alinéas de l’article 185-1. En outre, les dépenses de la section d’investissement de ce budget ne peuvent être engagées, liquidées et mandatées que dans la limite de la moitié des crédits inscrits à ce titre.
 
« Art. 185-7 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− Sous réserve du respect des articles 185-1, 185-5 et 185-6, des modifications peuvent être apportées au budget par l’assemblée de la Polynésie française jusqu’au terme de l’exercice auquel elles s’appliquent.
 
« Dans le délai de vingt et un jours suivant la fin de l’exercice budgétaire, l’assemblée de la Polynésie
française peut en outre apporter au budget les modifications permettant d’ajuster les crédits de la section de fonctionnement pour régler les dépenses engagées avant le 31 décembre et inscrire les crédits nécessaires à la réalisation des opérations d’ordre de chacune des deux sections du budget ou entre les deux sections.
 
« Les délibérations relatives aux modifications budgétaires prévues au deuxième alinéa sont transmises au haut-commissaire au plus tard cinq jours après le délai limite fixé pour leur adoption. Les mandatements découlant des modifications budgétaires ainsi décidées doivent être achevés au plus tard le 31 janvier suivant l’exercice auquel ils se rapportent.
 
« Art. 185-8 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− L’arrêté des comptes de la collectivité est constitué par le vote de l’assemblée de la Polynésie française sur le compte administratif présenté par le président de la Polynésie française après transmission, au plus tard le 1er juin de l’année suivant l’exercice, du compte de gestion établi par le comptable de la Polynésie française. Le vote de l’assemblée de la Polynésie française arrêtant les comptes doit intervenir au plus tard le 30 juin de l’année suivant l’exercice.
 
« Le compte administratif est arrêté si une majorité des voix ne s’est pas dégagée contre son adoption.
 
« Art. 185-9 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− Le compte administratif est transmis au haut-commissaire au plus tard quinze jours après le délai limite fixé pour son adoption par les articles 185-5 et 185-8.
 
« A défaut, le haut-commissaire saisit, selon la procédure prévue par l’article 185-3, la chambre territoriale des comptes du plus proche budget voté par l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Art. 185-10 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II). − Lorsque l’arrêté des comptes de la Polynésie française fait apparaître dans l’exécution du budget, après vérification de la sincérité des inscriptions de recettes et de dépenses, un déficit égal ou supérieur à 5 % des recettes de la section de fonctionnement, la chambre territoriale des comptes, saisie par le haut-commissaire, propose à la Polynésie française les mesures nécessaires au rétablissement de l’équilibre budgétaire, dans le délai d’un mois à compter de cette saisine.
 
« Lorsque le budget de la Polynésie française a fait l’objet des mesures de redressement prévues au premier alinéa, le haut-commissaire transmet à la chambre territoriale des comptes le budget primitif afférent à l’exercice suivant.
 
« Si, lors de l’examen de ce budget primitif, la chambre territoriale des comptes constate que la Polynésie française n’a pas pris de mesures suffisantes pour résorber ce déficit, elle propose les mesures nécessaires au haut-commissaire dans un délai d’un mois à partir de la transmission prévue au deuxième alinéa. Le haut-commissaire règle le budget et le rend exécutoire. S’il s’écarte des propositions formulées par la chambre territoriale des comptes, il assortit sa décision d’une motivation explicite.
 
« En cas de mise en oeuvre des alinéas précédents, la procédure prévue à l’article 185-3 n’est pas applicable.
« Art. 185-11 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II). − L’article 185-4 n’est pas applicable à l’inscription et au mandatement des dépenses obligatoires résultant, pour la Polynésie française et ses établissements publics, d’une décision juridictionnelle passée en force de chose jugée. Ces opérations demeurent régies par les dispositions législatives relatives aux astreintes prononcées en matière administrative et à l’exécution des jugements par les personnes morales de droit public et par le code de justice administrative.
 
« Art. 185-12 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II). − Dans le cadre des commandes publiques, lorsque des intérêts moratoires ne sont pas mandatés en même temps que le principal, ce dernier étant d’un montant supérieur à un seuil fixé par décret, le comptable assignataire de la dépense en informe l’ordonnateur et le haut-commissaire dans un délai de dix jours suivant la réception de l’ordre de paiement. Dans un délai de quinze jours, le haut-commissaire adresse à l’ordonnateur une mise en demeure de mandatement. A défaut d’exécution dans un délai d’un mois, le haut-commissaire procède d’office, dans un délai de dix jours, au mandatement de la dépense.
 
« Toutefois, si, dans le délai d’un mois dont il dispose, l’ordonnateur notifie un refus d’exécution motivé par une insuffisance de crédits disponibles ou si, dans ce même délai, le haut-commissaire constate cette insuffisance, celui-ci, dans un délai de quinze jours à compter de cette notification ou de cette constatation, saisit la chambre territoriale des comptes dans les conditions fixées à l’article 185-4. Le haut-commissaire procède ensuite au mandatement d’office dans les quinze jours suivant la réception de la délibération inscrivant les crédits ou sa décision réglant le budget rectifié.
 
« Art. 185-13 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− L’assemblée et le conseil des ministres de la Polynésie française sont tenus informés dès leur plus proche réunion des avis formulés par la chambre territoriale des comptes et des arrêtés pris par le haut-commissaire de la République en Polynésie française en application du présent chapitre.
 
« Art. 185-14 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− L’assemblée de la Polynésie française doit se prononcer sur le caractère d’utilité publique des dépenses ayant donné lieu à une déclaration en gestion de fait par la chambre territoriale des comptes au cours de la plus proche séance suivant la transmission de la demande adressée par la chambre territoriale des comptes au comptable de fait et à l’ordonnateur de la Polynésie française. Passé ce délai, la chambre territoriale des comptes statue sur les dépenses de la gestion de fait dont elle apprécie les justifications présentées.
 
« Art. 185-15 (Nouveau) (loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.34-II)− Les articles 185-1 à 185-14 sont applicables aux établissements publics de la Polynésie française. »
 
Art. 186- Le titre VII du livre II (partie Législative) du code des juridictions financières est ainsi modifié :
 
I. - L’article LO 272-12 est complété par deux alinéas ainsi rédigés :
 
“Elle peut également, dans le cadre du contrôle des comptes de l’autorité délégante, vérifier auprès de délégataires de services publics les comptes qu’ils ont produits aux autorités délégantes.
 
“L’examen de la gestion porte sur la régularité des actes de gestion, sur l’économie des moyens mis en œuvre et sur l’évaluation des résultats atteints par rapport aux objectifs fixés par l’organe délibérant. L’opportunité de ces objectifs ne peut faire l’objet d’observations.”
 
II. - Après la section 4 du chapitre II, il est inséré une section 4 bis intitulée “Du contrôle de certaines conventions”, comprenant un article LO 272-38-1 ainsi rédigé :
 
“Art. LO 272-38-1- Les conventions relatives aux marchés et aux délégations de service public conclues par la Polynésie française et ses établissements publics peuvent être transmises par le haut-commissaire à la chambre territoriale des comptes. Le haut-commissaire en informe l’autorité signataire de la convention.
 
“La chambre territoriale des comptes formule ses observations dans un délai d’un mois à compter de sa saisine. L’avis de la chambre territoriale des comptes est transmis au gouvernement de la Polynésie française ou à l’établissement public intéressé ainsi qu’au haut-commissaire.
 
“L’ordonnateur ou son représentant peut, à sa demande, présenter oralement ses observations et être assisté par une personne de son choix. L’organe délibérant est informé de l’avis de la chambre territoriale des comptes dès sa plus prochaine réunion.”
 
III. - L’article LO 272-40 est ainsi rédigé :
 
“Art. LO 272-40-  La chambre territoriale des comptes est habilitée à se faire communiquer tous documents, de quelque nature que ce soit, relatifs à la gestion de la Polynésie française, de ses établissements publics et des autres organismes soumis à son contrôle.”
 
IV. - Après l’article L. 272-41-1, il est inséré un article LO 272-41-2 ainsi rédigé :
 
“Art. LO 272-41-2- Lorsqu’à l’occasion de ses contrôles, la chambre territoriale des comptes relève des faits de nature à justifier une amélioration des règles de droit dont l’édiction entre dans la compétence de la Polynésie française, elle peut demander à son président d’adresser une communication au Président de la Polynésie française ou au président de l’assemblée de la Polynésie française.”
 
« CHAPITRE V
Dispositions diverses relatives au contrôle juridictionnel, financier et budgétaire
(rajouté par la loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art. 33)
 
« Art. 186-1-  Tout contribuable inscrit au rôle de la Polynésie française ou tout électeur inscrit sur la liste électorale d’une commune de la Polynésie française a le droit d’exercer, tant en demande qu’en défense, à ses frais et risques, avec l’autorisation du tribunal administratif, les actions qu’il croit appartenir à la Polynésie française et que celle-ci, préalablement appelée à en délibérer, a refusé ou négligé d’exercer.
 
« Le contribuable ou l’électeur adresse au tribunal administratif un mémoire.
 
« Le président de la Polynésie française soumet ce mémoire au conseil des ministres lors de l’une de ses réunions tenue dans le délai de deux mois qui suit le dépôt du mémoire. La décision du conseil des ministres est notifiée à l’intéressé. Elle est portée à la connaissance de l’assemblée de la Polynésie française.
 
« Lorsqu’un jugement est intervenu, le contribuable ou l’électeur ne peut se pourvoir en appel ou en cassation qu’en vertu d’une nouvelle autorisation.
 
« Art. 186-2-  Lorsqu’il est fait application du troisième alinéa de l’article 29, la commission de contrôle budgétaire et financier de l’assemblée de la Polynésie française et le haut-commissaire de la République reçoivent communication, dans les quinze jours suivant leur adoption :
« 1o Des concessions d’aménagement, des comptes annuels et des rapports des commissaires aux comptes des sociétés d’économie mixte ;
« 2o Des actes des organes compétents de ces sociétés pouvant avoir une incidence sur l’exécution des conventions mentionnées au troisième alinéa de l’article 29.
 
« Si la commission de contrôle budgétaire et financier estime qu’un de ces actes est de nature à augmenter gravement la charge financière de la Polynésie française ou de l’un de ses établissements publics, ou à accroître gravement le risque financier encouru par la Polynésie française ou par l’un de ses établissements publics, elle transmet un avis motivé à l’assemblée de la Polynésie française dans le mois suivant la communication qui lui est faite de cet acte.
 
« L’assemblée de la Polynésie française ou, en dehors des sessions, la commission permanente peut saisir la chambre territoriale des comptes dans les deux mois suivant la communication de l’acte à la commission de contrôle budgétaire et financier.
 
« Le haut-commissaire de la République peut, pour les motifs visés au quatrième alinéa, saisir la chambre territoriale des comptes dans le mois suivant la communication de l’acte.
 
« La saisine de la chambre territoriale des comptes est notifiée à la société, au haut-commissaire de la République, à l’assemblée et au conseil des ministres de la Polynésie française, ainsi que, s’il y a lieu, à l’organe compétent de l’établissement public intéressé. La transmission de la saisine à la société impose à l’organe compétent de celle-ci une seconde délibération de l’acte en cause.
 
« Dans le mois suivant sa saisine, la chambre territoriale des comptes fait connaître son avis au haut-commissaire de la République, à la société, à l’assemblée et au conseil des ministres de la Polynésie française, ainsi que, le cas échéant, à l’organe compétent de l’établissement public intéressé. »
 
TITRE VII
DISPOSITIONS DIVERSES
 
Art. 187- La collectivité d’outre-mer de la Polynésie française succède au territoire de la Polynésie française dans l’ensemble de ses biens, droits et obligations.
La collectivité d’outre-mer de la Polynésie française succède à l’Etat dans l’ensemble des droits et obligations afférents aux compétences qui font l’objet d’un transfert à la Polynésie française en application des dispositions de la présente loi organique.
 
Art. 188- Une loi organique fixera la date d’entrée en vigueur des deuxième, troisième et quatrième alinéas de l’article 47, à l’exception de la zone économique exclusive, en ce qui concerne les lagons et atolls de Mururoa et Fangataufa.
 
Art. 189- L’Institut de la statistique de la Polynésie française tient un fichier général des électeurs inscrits sur les listes électorales de la Polynésie française, y compris pour l’élection des conseils municipaux et des représentants au Parlement européen, en vue de contrôler les inscriptions sur les listes électorales.
 
Pour l’exercice de ces attributions, l’institut de la statistique agit pour le compte de l’Etat. Il est placé sous l’autorité du haut-commissaire de la République.
 
Une convention entre l’Etat et la Polynésie française précise les modalités d’application du présent article dans le respect des conditions prévues par la législation en vigueur relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.
 
Art. 190- I. - Les dispositions ayant valeur de loi organique en vigueur en Polynésie française à la date de la promulgation de la présente loi organique et qui ne lui sont pas contraires demeurent applicables.
 
II. - Dans toutes les dispositions ayant valeur de loi organique en vigueur :
 
    La référence à la colonie ou au territoire des Etablissements français de l’Océanie ou au territoire de la Polynésie française est remplacée par la référence à la Polynésie française lorsque ces dispositions ont vocation à s’appliquer sur le territoire défini au premier alinéa de l’article 1er ;
    La référence à la colonie ou au territoire des Etablissements français de l’Océanie ou au territoire de la Polynésie française est remplacée par la référence à la collectivité d’outre-mer de la Polynésie française lorsque ces dispositions ont vocation à s’appliquer à la collectivité territoriale instituée par le deuxième alinéa du même article ;
    La référence au Président du gouvernement de la Polynésie française est remplacée par la référence au Président de la Polynésie française ;
    La référence au gouverneur est remplacée, lorsque sont en cause les attributions de l’Etat, par la référence au haut-commissaire de la République ;
    La référence aux conseillers territoriaux est remplacée par la référence aux représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 
III. - Les dispositions législatives applicables, à la date de publication de la présente loi organique, aux pouvoirs des agents des services d’Etat transférés, en tout ou en partie, à la Polynésie française, continuent de s’appliquer.
 
Art. 191- L’ordonnance n° 58-1270 du 22 décembre 1958 portant loi organique relative au statut de la magistrature est ainsi modifiée :
 
    Dans le troisième alinéa de l’article 9, les mots : “de l’assemblée territoriale de Polynésie française ou de” sont remplacés par les mots : “de représentant à l’assemblée de la Polynésie française ou de membre de” ;
    Après l’article 9-1, il est inséré un article 9-1-1 ainsi rédigé :
 
“Art. 9-1-1.— Les magistrats et anciens magistrats ne peuvent occuper un emploi au service de la Polynésie française ou de ses établissements publics lorsqu’ils ont exercé leurs fonctions en Polynésie française depuis moins de deux ans.”
 
Art. 192- Le treizième alinéa (8°) de l’article 7 de l’ordonnance n° 58-1360 du 29 décembre 1958 portant loi organique relative au Conseil économique et social est ainsi rédigé:
 
“8° Neuf représentants des activités économiques et sociales des départements et régions d’outre-mer, des collectivités d’outre-mer et de la Nouvelle-Calédonie ;”.
 
Art. 193- I. - Avant l’article L. 385 du code électoral, il est inséré un article LO 384-1 ainsi rédigé:
 
“Art. LO 384-1- Les dispositions ayant valeur de loi organique du présent code sont applicables en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna. Pour leur application, il y a lieu de lire :
 
“1° Pour la Nouvelle-Calédonie :
 
“a)    “Nouvelle-Calédonie” au lieu de : “département” ;
 “b)    “haut-commissaire de la République” et “services du haut-commissaire de la République” au lieu de : et “préfecture” ;
c)     “commissaire délégué de la République” au lieu de : “sous-préfet ;”
 
“2° Pour la Polynésie française :
 
a)     “Polynésie française” au lieu de : “département” ;
b)     “haut-commissaire de la République” et “services du haut-commissaire de la République” au lieu de : “préfet et préfecture” ;
c)     “chef de subdivision administrative” au lieu de : “sous-préfet” ;
d)     “tribunal de première instance” au lieu de : “tribunal d’instance” et de “tribunal de grande instance” ;
 
“3° Pour les îles Wallis et Futuna :
 
a)     “Wallis-et-Futuna” au lieu de : “département” ;
b)     “administrateur supérieur” et “services de l’administrateur supérieur” au lieu de : “préfet” et “préfecture” ;
c)     “chef de circonscription territoriale” au lieu de : “sous-préfet.”
 
II. - Le titre II du livre V du même code est ainsi modifié:
 
Avant l’article L. 394, il est inséré un article LO 393-1 ainsi rédigé :
 
“Art. LO 393-1-  Deux députés à l’Assemblée nationale sont élus en Nouvelle-Calédonie.
 
“Deux députés à l’Assemblée nationale sont élus en Polynésie française.
 
“Un député à l’Assemblée nationale est élu dans les îles Wallis-et-Futuna.” ;
 
Après l’article L. 394, sont insérés deux articles LO 394-1 et LO 394-2 ainsi rédigés :
 
“Art. LO 394-1- Les dispositions ayant valeur de loi organique du titre II du livre Ier, à l’exception de l’article LO 119, sont applicables à l’élection des députés en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française et dans les îles Wallis et Futuna.
 
“Art. LO 394-2- Pour l’application des dispositions des articles LO 131 et LO 133, un décret pris après avis conforme du Conseil d’Etat déterminera celles des fonctions exercées en Nouvelle-Calédonie, en Polynésie française ou dans les îles Wallis et Futuna qui sont assimilées, quelle que soit la collectivité dont elles relèvent, aux fonctions énumérées auxdits articles.”
 
III. - Avant l’article L. 407 du même code, il est inséré un article LO 406-1 ainsi rédigé :
 
“Art. LO 406-1- La composition et la formation de l’assemblée de la Polynésie française sont régies par les dispositions de la section 1 du chapitre II du titre IV de la loi organique n° 2007-1719 du 7 décembre 2007 portant statut d’autonomie de la Polynésie française ci-après reproduites :
 
“Art. 103- L’assemblée de la Polynésie française est élue au suffrage universel direct.
 
 “Art. 104- L’assemblée de la Polynésie française est composée de cinquante-sept membres élus pour cinq ans et rééligibles. Elle se renouvelle intégralement.
 
“Les pouvoirs de l’assemblée de la Polynésie française expirent lors de la première réunion de l’assemblée nouvellement élue en application des dispositions du premier alinéa du I de l’article 107. Cette disposition n’est pas applicable en cas de dissolution.
 
“La Polynésie française est divisée en circonscriptions électorales. Chaque circonscription dispose d’un minimum de représentation. Ce minimum est fixé à trois sièges. Les sièges sont répartis de la manière suivante dans les circonscriptions ci-après désignées :
 
“1° La circonscription des îles du Vent comprend les communes de : Arue, Faaa, Hitiaa O Te Ra, Mahina, Moorea-Maiao, Paea, Papara, Papeete, Pirae, Punaauia, Taiarapu-Est, Taiarapu-Ouest et Teva I Uta. Elle élit trente-sept représentants ;
“2° La circonscription des îles Sous-le-Vent comprend les communes de : Bora Bora, Huahine, Maupiti, Tahaa, Taputapuatea, Tumaraa et Uturoa. Elle élit huit représentants ;
“3° La circonscription des îles Tuamotu de l’Ouest comprend les communes de Arutua, Fakarava, Manihi, Rangiroa et Takaroa. Elle élit trois représentants ;
“4° La circonscription des îles Gambier et Tuamotu de l’Est comprend les communes de : Anaa, Fangatau, Gambier, Hao, Hikueru, Makemo, Napuka, Nukutavake, Pukapuka, Reao, Tatakoto et Tureia. Elle élit trois représentants ;
“5° La circonscription des îles Marquises comprend les communes de : Fatu Hiva, Hiva Oa, Nuku Hiva, Tahuata, Ua Huka et Ua Pou. Elle élit trois représentants ;
“6° La circonscription des îles Australes comprend les communes de : Raivavae, Rapa, Rimatara, Rurutu et Tubuai. Elle élit trois représentants.
 
“Les limites des communes auxquelles se réfèrent les dispositions précédentes sont celles qui résultent des dispositions en vigueur à la date de promulgation de la présente loi organique.
 
“Art. 105- I. - L’élection des représentants à l’assemblée de la Polynésie française a lieu, dans chaque circonscription, au scrutin de liste à un tour sans adjonction, ni suppression de noms et sans modification de l’ordre de présentation.
 
“Il est attribué à la liste qui a recueilli la majorité des suffrages exprimés un nombre de sièges égal au tiers du nombre de sièges à pourvoir arrondi à l’entier supérieur.
 
“Cette attribution opérée, les autres sièges sont répartis entre toutes les listes à la représentation proportionnelle suivant la règle de la plus forte moyenne.
 
“Si plusieurs listes ont la même moyenne pour l’attribution du dernier siège, celui-ci est attribué à la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. En cas d’égalité des suffrages, le siège est attribué au plus âgé des candidats susceptibles d’être proclamés élus.
 
“II. - Sont seules admises à la répartition des sièges les listes ayant obtenu au moins 3 % des suffrages exprimés.
 
 “Les sièges sont attribués aux candidats selon l’ordre de présentation sur chaque liste.
 
“Art. 106- Chaque liste est composée alternativement d’un candidat de chaque sexe.
 
“Chaque liste comporte un nombre de candidats égal au nombre de sièges à pourvoir, augmenté du même nombre que le nombre de sièges à pourvoir, dans la limite de dix.
 
“Nul ne peut être candidat sur plus d’une liste.
 
“Art. 107- I. - Les élections pour le renouvellement intégral de l’assemblée de la Polynésie française sont organisées dans les deux mois qui précèdent l’expiration du mandat des membres sortants.
 
“Elles sont organisées dans les trois mois qui suivent l’annulation globale des opérations électorales, la démission de tous les membres de l’assemblée ou la dissolution de l’assemblée. Ce délai commence à courir, soit à compter de la lecture de l’arrêt du Conseil d’Etat, soit à compter de la réception des démissions par le président de l’assemblée, soit à compter de la publication au Journal officiel de la République française du décret de dissolution.
 
“Les électeurs sont convoqués par décret. Le décret est publié au Journal officiel de la Polynésie française quatre semaines au moins avant la date du scrutin.
 
“II. - Lorsqu’un siège de représentant à l’assemblée de la Polynésie française devient vacant pour quelque cause que ce soit, il est pourvu par le candidat venant immédiatement après le dernier élu sur la liste dont le membre sortant est issu.
“Lorsque l’application de cette règle ne permet pas de combler une vacance, il est procédé dans les trois mois à une élection partielle, au scrutin uninominal majoritaire à un tour lorsque la vacance porte sur un seul siège, au scrutin de liste majoritaire à un tour lorsque la vacance porte sur deux sièges, et dans les conditions fixées à l’article 105 lorsque la vacance porte sur trois sièges ou plus. Les nouveaux représentants sont élus pour la durée du mandat restant à courir.
 
“Toutefois, aucune élection partielle ne peut avoir lieu dans les six mois qui précèdent l’expiration normale du mandat des représentants à l’assemblée de la Polynésie française.
 
“Les électeurs sont convoqués par arrêté du haut-commissaire après consultation du Président de la Polynésie française. L’arrêté est publié au Journal officiel de la Polynésie française quatre semaines au moins avant la date du scrutin.
 
“Art. 108- Sont éligibles à l’assemblée de la Polynésie française les personnes âgées de dix-huit ans révolus, jouissant de leurs droits civils et politiques, n’étant dans aucun cas d’incapacité prévu par la loi et inscrites sur une liste électorale en Polynésie française ou justifiant qu’elles remplissent les conditions pour y être inscrites au jour de l’élection.
 
“Art. 109- I. - Sont inéligibles à l’assemblée de la Polynésie française :
 
 “1° Pendant un an à compter de la décision juridictionnelle constatant l’inéligibilité, le président et les membres de l’assemblée, le Président de la Polynésie française et les autres membres du gouvernement de la Polynésie française qui n’ont pas déposé l’une des déclarations prévues par le titre Ier de la loi n° 88-227 du 11 mars 1988 relative à la transparence financière de la vie politique ;
“2° Les personnes privées, par décision juridictionnelle passée en force de chose jugée, de leur droit d’éligibilité en application des lois qui autorisent cette privation ;
“3° Les hauts-commissaires de la République, les secrétaires généraux, secrétaires généraux adjoints du haut-commissariat, les directeurs du cabinet du haut-commissaire et les chefs de subdivisions administratives en exercice ou qui ont exercé leurs fonctions en Polynésie française depuis moins de trois ans ;
“4° Les personnes déclarées inéligibles en application de l’article L. 118-3 du code électoral ;
“5° Le médiateur de la République et le défenseur des enfants, sauf s’ils exerçaient le même mandat antérieurement à leur nomination.
 
“II. - En outre, ne peuvent être élus membres de l’assemblée de la Polynésie française s’ils exercent leurs fonctions en Polynésie française ou s’ils les ont exercées depuis moins de six mois :
 
“1° Les magistrats des juridictions administratives et des juridictions judiciaires ;
“2° Les membres des corps d’inspection et de contrôle de l’Etat ;
“3° Les directeurs et chefs de service de l’Etat ;
“4° Le secrétaire général du gouvernement de la Polynésie française et les secrétaires généraux des institutions, les directeurs généraux, inspecteurs généraux, inspecteurs, directeurs, directeurs adjoints de la Polynésie française ou de l’un de ses établissements publics et le directeur du cabinet du Président de la Polynésie française.
 
“III. - Ne peuvent pas non plus être élus membres de l’assemblée de la Polynésie française, exclusivement dans la circonscription où ils exercent ou ont exercé depuis moins de six mois leurs fonctions :
 
“1° Les officiers des armées de terre, de mer et de l’air et les personnels de la gendarmerie en activité en Polynésie française ;
“2° Les fonctionnaires des corps actifs de police en activité en Polynésie française ;
“3° Les chefs de circonscription administrative de la Polynésie française ;
“4° Les agents et comptables de la Polynésie française agissant en qualité de fonctionnaire employés à l’assiette, à la perception et au recouvrement des contributions directes ou indirectes et au paiement des dépenses publiques de toute nature.
 
“Art. 110- Les employeurs sont tenus de laisser à leurs salariés candidats à l’assemblée de la Polynésie française le temps nécessaire pour participer à la campagne électorale dans la limite de dix jours ouvrables.
 
“Sur demande de l’intéressé, la durée de ses absences est imputée sur celle du congé payé annuel dans la limite des droits qu’il a acquis à ce titre à la date du scrutin. Lorsqu’elles ne sont pas imputées sur le congé payé annuel, les absences ne sont pas rémunérées ; elles donnent alors lieu à récupération en accord avec l’employeur.
 
 “La durée de ces absences est assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des droits à congés payés ainsi que des droits liés à l’ancienneté.
 
“Art. 111- I. - Le mandat de représentant à l’assemblée de la Polynésie française est incompatible :
 
“1° Avec la qualité de Président de la Polynésie française ou de membre du gouvernement ou du Conseil économique, social et culturel ;
“2° Avec la qualité de membre d’une assemblée ou d’un exécutif d’une collectivité à statut particulier régie par le premier alinéa de l’article 72 de la Constitution, d’une collectivité mentionnée au dernier alinéa de l’article 73 de la Constitution, d’une autre collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution ou de la collectivité régie par le titre XIII de la Constitution, ainsi qu’avec celle de conseiller général, de conseiller régional, de conseiller de Paris ou de membre de l’assemblée de Corse ;
“3° Avec les fonctions de militaire de carrière ou assimilé en activité de service ou servant au-delà de la durée légale ;
“4° Avec les fonctions de magistrat des juridictions administratives ou des juridictions judiciaires et avec les fonctions publiques non électives ;
“5° Avec les fonctions de directeur ou de président d’établissement public, lorsqu’elles sont rémunérées.
 
“II. - Un représentant à l’assemblée de la Polynésie française ne peut cumuler son mandat avec plus d’un des mandats suivants : conseiller municipal, député ou sénateur, représentant au Parlement européen.
 
“Si le candidat appelé à remplacer un représentant à l’assemblée de la Polynésie française se trouve dans l’un des cas d’incompatibilité mentionnés au présent II, il dispose d’un délai de trente jours à compter de la vacance pour faire cesser l’incompatibilité en démissionnant de la fonction ou du mandat de son choix. A défaut d’option dans le délai imparti, le haut-commissaire constate l’incompatibilité et le remplacement est assuré par le candidat suivant dans l’ordre de la liste.
 
“III. - Un représentant à l’assemblée de la Polynésie française élu dans une autre circonscription de la Polynésie française cesse, de ce fait même, de représenter la première des deux circonscriptions dans laquelle il a été élu. Toutefois, en cas de contestation de la nouvelle élection, la vacance du siège n’est proclamée qu’à compter de la décision du Conseil d’Etat statuant sur le recours ; jusqu’à l’intervention de cette décision, l’élu peut participer aux travaux de l’assemblée au titre de son seul nouveau mandat.
 
“Art. 112- I. - Tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française dont l’inéligibilité se révélera après l’expiration du délai pendant lequel son élection peut être contestée ou qui, pendant la durée de son mandat, se trouvera frappé de l’une des incapacités qui fait perdre la qualité d’électeur est déclaré démissionnaire par arrêté du haut-commissaire soit d’office, soit sur la réclamation de tout électeur.
 
“II. - Tout représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui, au moment de son élection, se trouve dans l’un des cas d’incompatibilité prévus au présent titre dispose d’un délai d’un mois à partir de la date à laquelle son élection est devenue définitive pour démissionner de son mandat ou mettre fin à la situation incompatible avec l’exercice de celui-ci. Il fait connaître son option par écrit au haut-commissaire qui en informe le président de l’assemblée concernée. A défaut d’option dans le délai imparti, il est réputé démissionnaire de son mandat ; cette démission est constatée par arrêté du haut-commissaire soit d’office, soit sur réclamation de tout électeur.
 
“Si la cause d’incompatibilité survient postérieurement à l’élection, le droit d’option est ouvert dans les mêmes conditions. A défaut d’option dans le délai d’un mois à compter de la date à laquelle est survenue la cause d’incompatibilité, le représentant à l’assemblée de la Polynésie française est déclaré démissionnaire de son mandat par le haut-commissaire soit d’office, soit sur réclamation de tout électeur.
 
“Art. 113- I. - Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui a la qualité d’agent public au moment de son élection est placé en dehors du cadre de l’administration ou du corps auquel il appartient dans les conditions prévues par le statut ou le contrat qui le régit. Il est, à l’expiration de son mandat, réintégré à sa demande, selon le cas, dans le cadre ou le corps auquel il appartenait avant son élection à l’assemblée de la Polynésie française, éventuellement en surnombre, ou dans l’entreprise du secteur public qui l’employait sous un régime de droit public ou de droit privé.
 
“II. - Lorsque le représentant à l’assemblée de la Polynésie française a la qualité de salarié à la date de son élection, il peut bénéficier, à sa demande, d’une suspension de son contrat de travail. Cette demande est satisfaite de plein droit dès lors que le salarié justifie, à la date de l’élection, d’une ancienneté minimale d’une année dans l’entreprise.
 
“Art. 114- La démission d’un représentant à l’assemblée de la Polynésie française est adressée au président de l’assemblée, qui en informe immédiatement le haut-commissaire et le Président de la Polynésie française. Cette démission prend effet dès sa réception par le président de l’assemblée.
 
“Art. 115- Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française qui manque à une session ordinaire sans excuse légitime admise par l’assemblée de la Polynésie française est déclaré démissionnaire d’office par l’assemblée lors de la dernière séance de la session.
 
“Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française présumé absent au sens de l’article 112 du code civil est provisoirement remplacé à l’assemblée, dès l’intervention du jugement constatant la présomption d’absence, par le candidat venant immédiatement après le dernier élu sur la liste dont le présumé absent est issu.
 
“Art. 116-  Les élections à l’assemblée de la Polynésie française peuvent être contestées dans les quinze jours suivant la proclamation des résultats, par tout candidat ou tout électeur de la circonscription, devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux.
 
“Le même droit est ouvert au haut-commissaire s’il estime que les conditions et les formes légalement prescrites n’ont pas été respectées.
 
“La proclamation du candidat devenu représentant à l’assemblée de la Polynésie française par application du premier alinéa du II de l’article 107 peut être contestée dans le délai de quinze jours à compter de la date à laquelle ce candidat a remplacé le représentant à l’assemblée de la Polynésie française dont le siège est devenu vacant.
 
 “La constatation par le Conseil d’Etat de l’inéligibilité d’un ou de plusieurs candidats n’entraîne l’annulation de l’élection que du ou des élus déclarés inéligibles. Le Conseil d’Etat proclame en conséquence l’élection du ou des suivants de liste.
 
“Le représentant à l’assemblée de la Polynésie française dont l’élection est contestée reste en fonction jusqu’à ce qu’il ait été définitivement statué sur la réclamation.
 
“Art. 117- Les recours contre les arrêtés mentionnés à l’article 112 et contre les délibérations mentionnées à l’article 115 sont portés devant le Conseil d’Etat statuant au contentieux. Ils sont suspensifs. Toutefois, le recours n’est pas suspensif lorsqu’un représentant à l’assemblée de la Polynésie française est déclaré démissionnaire d’office à la suite d’une condamnation pénale devenue définitive prononcée à son encontre et entraînant de ce fait la perte de ses droits civiques, civils et de famille.”
 
IV. - Dans le titre Ier du livre V du même code, après l’article L. 392, il est inséré un article LO 392-1 ainsi rédigé :
 
“Art. LO 392-1.— Le fichier général des électeurs inscrits sur les listes électorales de la Polynésie française est régi par les dispositions de l’article 189 de la loi organique n° 2007-1719 du 7 décembre 2007 portant statut d’autonomie de la Polynésie française ci-après reproduites :
 
“Art. 189.— L’Institut de la statistique de la Polynésie française tient un fichier général des électeurs inscrits sur les listes électorales de la Polynésie française, y compris pour l’élection des conseils municipaux et des représentants au Parlement européen, en vue de contrôler les inscriptions sur les listes électorales.
 
“Pour l’exercice de ces attributions, l’institut de la statistique agit pour le compte de l’Etat. Il est placé sous l’autorité du haut-commissaire de la République.
“Une convention entre l’Etat et la Polynésie française précise les modalités d’application du présent article dans le respect des conditions prévues par la législation en vigueur relative à l’informatique, aux fichiers et aux libertés.”
 
Art. 194- I. - Au deuxième alinéa du I de l’article 3 de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962 relative à l’élection du Président de la République au suffrage universel, les mots : “ou des communautés de communes et” sont remplacés par les mots : “les présidents des communautés de communes, le Président de la Polynésie française et”.
 
II. - Dans le I du même article, les mots : “territoires d’outre-mer” sont remplacés par les mots : “collectivités d’outre-mer” et les mots : “territoire d’outre-mer” sont remplacés par les mots : “d’une même collectivité d’outre-mer”.
 
III. - Le II du même article est complété par un alinéa ainsi rédigé :
 
“En Polynésie française, par dérogation à l’article L. 55 du code électoral, le scrutin est organisé le samedi.”
 
Art. 195- Dans les articles 7 et 12 de la loi n° 92-108 du 3 février 1992 relative aux conditions d’exercice des mandats locaux, les mots : “des assemblées territoriales de la Polynésie française et de Wallis-et-Futuna” sont remplacés par les mots: “de l’assemblée de la Polynésie française et de l’assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna”.
 
« II- Les articles 7 et 12 de la loi n° 92-108 du 3 février 1992 relative aux conditions d’ exercice des mandats locaux peuvent être modifiés par délibération de l’ assemblée de la Polynésie française, sur le fondement de l’ article 126 de la présente loi organique. »(complété par la loi loi organique no 2007-1719 du 7 décembre 2007, art.22-II)
 
Art. 196- Sont abrogées toutes dispositions contraires à la présente loi organique, et notamment:
 
        En tant qu’ils s’appliquent en Polynésie française :
a) Le décret du 25 juin 1934 relatif au transfert des propriétés immobilières dans les Etablissements français de l’Océanie ;
b) Le décret n° 45-889 du 3 mai 1945 relatif aux pouvoirs de police des gouverneurs généraux, gouverneurs, résidents supérieurs et chefs de territoire ;
c) La loi n° 52-130 du 6 février 1952 relative à la formation des assemblées de groupe et des assemblées locales d’Afrique occidentale française et du Togo, d’Afrique équatoriale française et du Cameroun, de Madagascar et des Comores ;
d) La loi n° 70-589 du 9 juillet 1970 relative au statut civil de droit commun dans les territoires d’outre-mer;
    Les articles 1er à 12 de la loi n° 52-1175 du 21 octobre 1952 relative à la composition et à la formation de l’assemblée territoriale de la Polynésie française ;
    La loi n° 57-836 du 26 juillet 1957 relative à la composition et à la formation de l’assemblée territoriale de la Polynésie française ;
    Les articles 6, 10 et 20 de la loi n° 71-1028 du 24 décembre 1971 relative à la création et à l’organisation des communes dans le territoire de la Polynésie française ;
    L’article 48 de la loi n° 84-820 du 6 septembre 1984 portant statut de la Polynésie française ;
    Les articles 1er, 2, 2-1 et 3 de la loi organique n° 85-689 du 10 juillet 1985 relative à l’élection des députés et des sénateurs dans les territoires d’outre-mer et en Nouvelle-Calédonie ;
    Le V de l’article 33 de la loi n° 86-16 du 6 janvier 1986 relative à l’organisation des régions et portant modification de dispositions relatives au fonctionnement des conseils généraux ;
    La loi organique n° 96-312 du 12 avril 1996 portant statut d’autonomie de la Polynésie française ;
    Les articles 9 à 12 de la loi organique n° 2000-294 du 5 avril 2000 relative aux incompatibilités entre mandats électoraux ;
10° L’article 1er de la loi organique n° 2000-612 du 4 juillet 2000 tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats de membre des assemblées de province et du congrès de la Nouvelle-Calédonie, de l’assemblée de la Polynésie française et de l’assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna.
 
Art. 197-  I. - Le mandat du sénateur élu dans l’ancien territoire de la Polynésie française expire à la même date que celui des sénateurs compris dans la série A prévue par l’article LO 276 du code électoral.
 
II. - Le Président du gouvernement, les membres du gouvernement et les membres de l’assemblée de la Polynésie française en fonction à la date de la promulgation de la présente loi organique deviennent de plein droit, respectivement, Président de la Polynésie française, membres du gouvernement de la Polynésie française et représentants à l’assemblée de la Polynésie française. Ils exercent immédiatement, jusqu’à l’expiration de leur mandat, les attributions qui leur sont conférées par la présente loi organique.
 
Art. 198- Des décrets en Conseil d’Etat fixent, en tant que de besoin, les modalités d’application de la présente loi organique.
 
La présente loi sera exécutée comme loi de l’Etat.
 
Fait à Paris, le 27 février 2004.
 
                                                                                          Jacques Chirac.
 
Par le Président de la République :
 
                     Le Premier ministre,
                   Jean-Pierre Raffarin.
                                                                Le ministre de l’intérieur, de la sécurité intérieure
                                                                                       et des libertés locales,
                                                                                        Nicolas Sarkozy.
            Le ministre des affaires sociales,
               du travail et de la solidarité,
                       François Fillon.
                                                                      Le garde des sceaux, ministre de la justice,
                                                                                        Dominique Perben.
          Le ministre des affaires étrangères,
                  Dominique de Villepin.
                                                                                    La ministre de la défense,
                                                                                   Michèle Alliot-Marie.
                 Le ministre de la jeunesse,
   de l’éducation nationale et de la recherche,
                            Luc Ferry.
                                                           Le ministre de l’économie, des finances et de l’industrie,
                                                                                              Francis Mer.
   Le ministre de l’équipement, des transports,
       du logement, du tourisme et de la mer,
                       Gilles de Robien.
                         La ministre de l’ écologie et du développement durable,
                                                                            Roselyne Bachelot-Narquin.
         Le ministre de la santé, de la famille
              et des personnes handicapées,
                   Jean-François Mattei.
                                                                 Le ministre de la culture et de la communication,
                                                                                   Jean-Jacques Aillagon.
          Le ministre de la fonction publique,
                    de la réforme de l’Etat
          et de l’aménagement du territoire,
                   Jean-Paul Delevoye.
                                                                                   La ministre de l’outre-mer,
                                                                                        Brigitte Girardin.
              Le ministre délégué au budget
                et à la réforme budgétaire,
                        Alain Lambert.

Date de création : 04/02/2008 • 10:20
Dernière modification : 19/02/2008 • 11:34
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